Archive | mai, 2013

Les AG et leurs messages, article paru dans les Echos le 23 mai 2013

30 Mai

C’est la saison des assemblées générales, l’heure de découvrir les comptes de nos entreprises, d’analyser leur stratégie et d’écouter leur message ; c’est aussi une bonne occasion pour prendre des nouvelles du monde et rappeler des vérités simples :

1.plus nos entreprises sont internationales, plus elles prospèrent, c’est pour cela que le CAC 40 tient si bien ; elles nous donnent la preuve que le monde est en expansion. N’imaginons pas que la croissance reviendra en France, comme par miracle en l’attendant ; la croissance du pays s’obtiendra par des politiques publiques adaptées à un monde ouvert et concurrentiel.

2. les résultats des entreprises suivent leurs parts de marché : plus celles-ci sont élevées meilleurs ils sont. Le futur est aux leaders dans chaque métier. Les pays qui vont marcher sont ceux qui sauront les attirer en leur montrant que leur sol est fertile. Ce seront les pays « business friendly », là ou la sphère publique est efficace et le dialogue social harmonieux. Ce sol fécond dynamisera naturellement les plus petites entreprises et en fera des leaders de demain.

3.la mondialisation totalement assumée permet aussi d’être bon citoyen : observez les grands leaders mondiaux dont le siège est en France ; en simplifiant, la France représente 10 % de leurs ventes, 20 % environ de leurs effectifs et au moins 50 % de leur recherche. Contrairement à toutes les idées reçues, c’est en conquérant le monde que l’on défend l’emploi en France et qu’on peut y installer des emplois durables et de forte valeur ajoutée. Cessons donc d’opposer mondialisation et ancrage local. Au fond, on doit choyer toutes les entreprises.

Le pouvoir, grâce aux jeunes et aux petites entreprises, commence à comprendre que sans entrepreneur il n’y a pas d’emploi. Soigner le pays, c’est soigner les entreprises, les petites… comme les grandes.

L’Oréal: les leçons d’Owen Jones, article paru dans les Echos du 16 mai

16 Mai

Un grand patron, sir Lindsay Owen Jones, vient de tirer sa révérence après quarante-trois ans de fidélité à la même entreprise ; il a reçu un émouvant hommage lors de sa dernière assemblée générale.

« OJ » et L’Oréal auront contribué puissamment à notre pays en aidant à y développer un grand groupe industriel, leader mondial dans son domaine. Cela démontre les vertus de la continuité du management et de la stabilité de l’actionnariat. Durée et confrontation aux meilleurs mondiaux permettent aux équipes de grandir, aux produits de s’améliorer et à l’entreprise de se construire solidement, même dans un environnement très concurrentiel.

Lindsay Owen Jones n’était pas un politique. Il était anglais, il est devenu français. S’il a passé sa vie professionnelle sur notre sol, c’est parce qu’il avait quitté son pays, la Grande-Bretagne, sous Harold Wilson, parce qu’il ne croyait plus, comme beaucoup de jeunes Anglais talentueux, que l’on pouvait s’épanouir dans l’Angleterre travailliste, pétrie d’égalitarisme et épuisée d’impôts. C’était la France de 1973 qui l’avait alors séduit, il était rentré a l’Insead, avait rencontré François Dalle. La suite appartient à l’histoire l’oréalienne.

Combien de jeunes talents quittent la France en ce moment pour créer de petits L’Oréal dans d’autres pays ? Rappelons-nous que le général de Gaulle, après avoir remis les institutions sur pied, avait eu la puissante intuition de faire entrer en politique un homme venant des affaires, Pompidou, qui avait su, en créant un climat de confiance, susciter des champions.

L’entrepreneur comme l’investisseur sont irremplaçables pour tout pays. Mais, pour s’exprimer sur la durée, tous deux ont aussi besoin d’un terreau favorable. On parle, à l’étranger, d’une attitude « business friendly ».

Citation

Moral

5 Mai

Tous les mots du vocabulaire moral perdent leur sens dans les circonstance ou la liberte est absente.

Chantal Delsol

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Sanction

4 Mai

La rapidité de la sanction est aussi importante que la lourdeur de la peine.

De Gaulle

Citation

Liberté d’esprit

3 Mai

La privation de la liberté d’esprit est le plus grand danger qui menace une société.

Chantal Delsol

Responsabilté

2 Mai

Les fils ne peuvent pas être tenus pour responsables des erreurs de leur père, bien qu’ils en subissent les conséquences; qu’ils les réparent rien
de plus normal; mais ils n’ont pas à en assumer la responsabilité.

De Gaulle

Choisir entre le dogme et son pays, article paru dans les Echos le 25 avril 2013

2 Mai

Les Francais expatriés travaillant pour nos grandes entreprises tirent la sonnette d’alarme chaque fois qu’ils reviennent en France. Jusqu’ici, notre pays avait une bonne image appuyée sur le luxe et la qualité de vie. Ces facteurs lui ont permis de rester attractif pour les investissements étrangers et de générer un tourisme dynamique. Le monde entier reconnaît que la France possède des leaders mondiaux dans de nombreux métiers liés aux infrastructures, à l’énergie, l’espace, l’aviation et bien d’autres encore.

Hélas, tout cela change beaucoup plus vite que nos compatriotes sédentaires ne l’imaginent : la façon dont ont été traités les investisseurs étrangers dans les cas de Caterpillar, Continental, Florange ou Unilever laisse des traces, d’autant que les grands groupes échangent leurs expériences. Le niveau de propreté de Paris n’est plus celui de la capitale d’un pays bien géré. La France a des taux records dans toutes les disciplines des impôts. Nous n’allons pas tenir notre rang dans l’accueil des investissements étrangers quand des chiffres vont tomber ; notre pays est en train de se construire une image d’enfer fiscal : pas de semaine ou un article ne sort dans les journaux étrangers sur l’exil des Français anciens et jeunes.

Un an après sa nomination, le président Mitterrand avait infléchi sa politique. Notre président, au vu des faits, va devoir choisir entre les dogmes et le pays. La décision est de passer (ou non !) un message fort sur la fiscalité des entrepreneurs que le monde entier décodera très vite. Deux volets. Un : sortir l’investissement en actions de l’ISF. Deux : accorder une forte remise liée à la durée de détention sur la fiscalité des plus-values, pour faire de la France un des pays au monde où l’on favorise le plus les investissements à long terme. Si le mouvement est suffisamment clair, il est de nature à stopper la dégradation. Croisons les doigts !