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Face aux grands bouleversements qui nous attendent, il faudra choisir

7 Sep

Le monde bouge : dans ces circonstances, il faut soi-même faire preuve d’ouverture d’esprit, être prêt à changer ses habitudes, se déplacer s’il le faut, se former et faire confiance à sa propre capacité d’adaptation.

Êtes-vous capable de citer un seul domaine qui ne va pas être profondément transformé dans les années à venir ?

L’aviation… Allons-nous voyager partout dans le monde comme nous l’avons fait depuis 20 ans ou la montée d’Internet et le développement des vidéoconférences utilisant le Wi-Fi vont permettre de réduire les déplacements, les constructeurs d’avion devant alors se lancer dans les satellites et les lanceurs ?

Il y a moins d’inconnues sur la volumétrie du marché de l’automobile, mais celle-ci affronte le challenge gigantesque du passage à l’électrique.

Les opérateurs téléphoniques vont-ils continuer à bénéficier de l’explosion de la communication évoquée ou vont-ils se faire cannibaliser par les Gafa et leurs réseaux de câbles et de satellites qu’ils déploient partout dans le monde ?

L’industrie va devoir évoluer, elle aussi, pour réduire sa ponction sur les ressources non renouvelables en repensant l’architecture de ses produits et en montant des systèmes de recyclage venant se substituer aux mines. Les producteurs d’énergie sont ceux qui ont plus de pain sur la planche étant les gros contributeurs en émissions de CO2. Les mondes de l’urbanisme et du BTP doivent, eux aussi, se réinventer pour faire des habitations parfaitement isolées et revoir la conception des villes pour les rendre moins consommatrices de déplacements.

« L’agriculture ? Nous aurons toujours besoin de manger, donc voilà enfin un point d’ancrage ! » Certes, sauf qu’il va falloir se passer des engrais chimiques et de tout le phytosanitaire en utilisant des engrais naturels issus de la méthanisation pour restaurer les sols fatigués et probablement revoir les équilibres entre cultivateurs, maraichers et éleveurs.

Les Gafa : voilà au moins un secteur encore en croissance ! Oui, sauf que ce n’est pas si sûr parce qu’elles ont déjà capturé plus des deux tiers de l’ensemble des dépenses publicitaires (leur carburant). Leur forte croissance organique est donc probablement derrière. Ne nous faisons pas de souci pour elles, elles vont continuer à croître et entrer dans de nouveaux secteurs qu’elles vont complètement bousculer : le financier, l’entertainment, la santé pour n’en citer que quelques-uns.

« Attendez ! le service, le gros de l’économie, est protégé il est local par opposition à l’industrie qui est mondiale ! » Est-ce si sûr ? Avec toutes les nouvelles technologies du net, lui aussi va subir les chocs profonds des nouvelles activités numériques.

Que faire ?

Quand tout bouge partout et dans de telles proportions, que faire ?

Centraliser les décisions entre les mains de génies hyper informés qui dicteront ce qu’il faut faire… on connaît la fameuse phrase de Mussolini « Plus la situation est compliquée plus il faut restreindre les libertés » ou au contraire prendre son inspiration auprès de Hayek et décentraliser les décisions pour les confier à ceux qui sont proches du terrain et bien mieux à même de faire les bons choix ? On parle implicitement des 50 millions d’entreprises actives dans le monde qui représentent, quoiqu’on raconte, le gros du PIB et de la puissance créatrice.

C’est toute la problématique de l’équilibre entre l’État et la société civile.

La période qui s’ouvre va-t-elle être une occasion pour l’État de libérer les forces de la société civile pour se concentrer sur le régalien et renforcer le domaine militaire ? Ou la crise va-t-elle être pour lui une occasion de développer son périmètre dans des domaines détenus par la sphère privée (nationalisation d’EDF) ? C’est la problématique de toute société : elle a besoin d’un État fort, ce n’est pas contestable, certains parlent même d’un Léviathan qui détient le monopole de la violence pour assurer les libertés de chacun. Ceci dit, ce Léviathan doit lui-même être maîtrisé par des contre-pouvoirs ou des normes intangibles pour ne pas prendre le contrôle de la société tout entière.

Ce qui se passe en Ukraine va avoir une influence considérable sur ces équilibres, mais rien n’est arrêté dans cette affaire qui concerne le monde entier. On verra certainement un spectre varié dans les solutions adoptées.

Pour éclairer la réflexion, il faut évoquer un mécanisme économique dont on ne parle pas assez qui est la constance du rapport entre l’activité et l’investissement.

Ce mécanisme est à l’œuvre actuellement et donne un formidable jeu de jambes à la sphère privée. Les entreprises nouvelles qui se substituent aux anciennes ont de très fortes croissances et donc des cash flows négatifs. Ceux-ci sont tout naturellement financés par celles qui décroissent (car elles sont substituées) mais ont des résultats bien plus élevés que leurs investissements.

Les deux flux s’équilibrent, c’est là qu’est le mécanisme merveilleux qui finance naturellement les transformations les plus radicales ! C’est lui aussi qui explique la formidable tenue actuelle des affaires du CAC 40 et sa capacité à affronter un monde mouvant qui nous attend. Encore faut-il que les États ne le perturbent pas par des fiscalités déraisonnables. Nos entreprises sont plus solides qu’on ne le pense, elle sont un des piliers de la société sur lequel on va pouvoir se reposer dans les temps qui viennent.

Des raisons d’espérer

Finalement, en prenant un peu de recul, quoi qu’on dise et au-delà des décès déplorés, la crise liée au covid a été bien négociée vu le choc effrayant qu’a subi l’économie suite à ce virus né en Chine. Sphère privée et sphère publique ont bien travaillé ensemble. Le déferlement géographique de l’épidémie démontre de façon concrète à quel point la mondialisation est devenue une réalité incontournable sur laquelle on ne peut pas revenir.

L’Europe, elle non plus, ne s’est pas si mal débrouillée, c’est elle qui a trouvé les vaccins qui ont sauvé la planète. N’oublions pas qu’il s’agit du prolongement heureux des intuitions géniales de Pasteur. Ces nouvelles technologies fondées sur l’ARN vont permettre de s’attaquer à de très nombreuses maladies et marquer un progrès considérable dans la connaissance de l’architecture de l’être humain. Comme quoi une vraie invention a souvent un champ d’application plus vaste que ce qui était prévu. Autre leçon, ce sont souvent les temps difficiles qui provoquent les créations.

La fusion nucléaire pointe le nez plus tôt que prévu, elle permettrait de régler les problèmes posés par l’extinction finalement assez proche des énergies fossiles. Là encore c’est l’Europe qui a été à l’origine de ces découvertes et ce grâce au choc (organisé au début du siècle dernier par Solvay) des intelligences allemandes (Hilbert), françaises (de Broglie), suisses (Einstein), italiennes (Tesla), anglaises (Rutherford), danoises (Bohr), autrichiennes (Schroedinger) en en oubliant bien d’autres.

ARN, fusion nucléaire, Europe, même si certains la critiquent, a du ressort, on peut s’appuyer sur elle, il faut continuer à la construire.

Dans un tel environnement, que doit faire chacun de nous, personnellement ?

D’abord comprendre que le monde bouge comme peut-être jamais et que dans ces circonstances il faut soi-même faire preuve d’ouverture d’esprit, être prêt à changer ses habitudes, se déplacer s’il le faut, se former et faire confiance à sa propre capacité d’adaptation.

Faire confiance

Confiance… ce qui va donc faire la différence, c’est la capacité d’installer un climat de confiance. La confiance est à la fois un mystère difficile à caractériser, et un miracle parce qu’elle existe. Quand elle s’installe, elle est capable de choses merveilleuses. Elle est multidimensionnelle. C’est à la fois la confiance que doit avoir en lui chaque membre de la société où qu’il soit placé. C’est s’assumer, une affaire de dignité.

La confiance c’est ensuite la confiance dans l’autre : nous sommes des individus, mais nous sommes plongés dans une société et avons besoin les uns des autres car aucun de nous n’a tous les talents. C’est enfin la confiance dans la stratégie, parce que des personnes intelligentes ne se mobilisent que quand l’axe donné est le bon (c’est pour cela d’ailleurs que le Français est si difficile à manager).

C’est pour ces raisons qu’il faut absolument se replonger dans l’œuvre d’Alain Peyrefitte, grand compagnon du général de Gaulle, qui a découvert l’économie à la fin de sa vie, une économie vue avec le regard de quelqu’un ayant passé sa vie dans la politique. Le point central de sa pensée, c’est que travail et capital sont deux pierres angulaires de l’économie, mais il en existe une troisième : le facteur psychologique qui anime les acteurs et qui s’appelle confiance.

Alain Peyrefitte a analysé les moments magiques dans lesquels certaines sociétés se sont mises en mouvement alors que leur voisins n’évoluaient pas ou moins : les Pays-Bas au XVIIe siècle, l’Angleterre au XVIIIe, le Japon au XIXe, périodes où l’environnement n’était pas facile. Il a décortiqué les mécanismes qui ont fait qu’à un moment donné, les pays se sont réformés, ont mis en place de nouveaux process et se sont mis à créer de la richesse dans une ambiance harmonieuse où sphère privée et publique travaillaient de concert et où tout le monde s’y retrouvait.

Ces livres sont bien sûr des livres sur la confiance mais plus fondamentalement sur la transformation dans des environnement durs. La société de confiance et Du miracle en économie n’ont pas pris une ride. Chacun de nous doit impérativement les lire et les faire lire à ses proches. Si tous les Européens pouvaient s’imprégner de ces idées, on peut parier que l’Europe (car il faut raisonner Europe) va traverser dans de bonnes conditions cette période qui sera certes perturbée, mais aussi pleine d’opportunités.

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ENTRETIEN VIDÉO : « Si on dépasse une dette de 70 % du PIB, surtout si elle est détenue par l’extérieur, il faut que les gens comprennent que l’argent ne tombe pas du ciel. Donc la réussite des réformes, c’est quand le peuple a compris qu’un pays est comme un ménage : quand on s’endette trop, on paye. »

26 Août

Nous avons rencontré Xavier Fontanet, chef d’entreprise aujourd’hui retraité. Tout au long de sa carrière, il a dirigé des entreprises, et a notamment été le patron du groupe Essilor pendant plus de 20 ans. 

Il est depuis 2012 professeur associé de stratégie à HEC Paris. Il a également publié des ouvrages sur ses expériences de dirigeant et ses réflexions sur l’entrepreneuriat.

État, privatisations, retraites, système de santé, économie, subventions, aides sociales et travail…retrouvez son analyse de la situation économique actuelle en France, au travers de son regard d’ancien dirigeant de grandes entreprises.

Xavier Fontanet apporte également des éclairages forts intéressants de par sa connaissance du fonctionnement économique et social d’autres pays du monde. Sa comparaison en certains points avec la France est édifiante…

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Interview Métier pour l’ACTU, le journal d’actualité pour les adolescents

25 Août

Et voici le dernier article, entretien 3/3

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Interview Métier dans l’ACTU, le journal d’actualité pour les adolescents

24 Août

INTERVIEW 2/3

Interview Métier pour L’ACTU, le journal d’actualité pour les adolescents

23 Août

INTERVIEW 1/3

Entretien avec Jean Marc Sylvestre  » La logique de Keynes est désormais à bout de souffle. »

22 Août

Pour livre cet article sur le blog de Jean Marc Sylvestre, cliquez ici, ou sur l’image ci dessous :

Pourquoi la mondialisation est un progrès pour l’Humanité

19 Août

La mondialisation détecte l’excellence, étend son champ d’expression et développe les talents. Elle offre des aventures exceptionnelles aux entreprises et à leurs collaborateurs.

Si vous voulez comprendre pourquoi la mondialisation peut être aussi le rapprochement des peuples et le progrès économique, allez au musée du Louvre. Installez-vous devant un sphinx égyptien, Mona Lisa ou une esquisse de Rembrandt, et regardez attentivement les visages des visiteurs chinois, sud-africains, iraniens, japonais et français.

Ces œuvres, qui ont toutes en commun d’être des spécificités locales et inscrites à un certain moment de l’Histoire, touchent profondément les hommes et les femmes de toutes les cultures et de tous pays, parfois même 5000 ans après leur création. La raison en est simple : la très grande classe se repère au premier coup d’œil, et le génie traverse les siècles.

Ces produits qui ont changé notre vie quotidienne

Ce qui vaut pour l’art vaut aussi pour l’économie. Les produits grands et petits qui ont changé notre vie quotidienne sont partis sans exception de spécificités locales. Le crayon graphite est parti d’Allemagne, le roulement à billes de Suède, la Moulinette de France, la fermeture Éclair et l’iPhone des États-Unis, l’agrafeuse d’Espagne, la sucette du Brésil… et la liste est très longue.

Oh, ce n’a jamais été simple, il a fallu travailler, s’adapter, développer les marchés et affronter les acteurs locaux. Mais ces difficultés ont en dernier ressort renforcé ceux qui ont accepté de les affronter et amélioré les produits.

Tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais contrairement à tout ce qu’on raconte, la mondialisation ne nivelle pas.

L’excellence de la mondialisation

C’est plutôt le contraire. Elle détecte l’excellence, étend son champ d’expression et développe les talents. Elle offre des aventures exceptionnelles aux entreprises et à leurs collaborateurs.

Elle permet à chacun de garder sa spécificité, puisque celle-ci est un levier. Elle fait bénéficier à tous de ce que chaque pays a de meilleur. Cessons donc de la diaboliser, répondons à son appel et ayons un peu plus confiance en nous.

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Quelle stratégie pour EDF ?

1 Août

Tribune parue sur le site aleteia.org.

Vouloir nationaliser EDF est une chose, définir la bonne stratégie et la suivre en est une autre. Pour l’ancien président d’Essilor et professeur de stratégie Xavier Fontanet, il importe de sortir des désordres politiques qui ont perturbé le développement de l’entreprise.

Le gouvernement projette la nationalisation d’EDF. Soit ! mais qu’est-ce que cela va changer puisqu’EDF est déjà depuis longtemps sous la coupe de l’État ? Premier constat : la performance financière a tout été sauf brillante, cela dit sans agressivité, l’auteur de ces lignes sachant que les choses ne sont pas simples. En 2005, EDF était l’une des premières capitalisations du Cac 40 ; sa position concurrentielle était exceptionnelle, résultat d’orientations long terme, données par le général de Gaulle et tenues par ses successeurs Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing.

Si l’énergéticien avait ensuite suivi les stratégies des entreprises françaises leaders mondiales type Air liquide, L’Oréal ou Dassault Systèmes consistant à viser, à partir de savoir-faire uniques, dans le cadre de stratégies séculaires, un leadership mondial dans leur secteur, EDF aurait aujourd’hui une capitalisation tournant probablement entre 200 et 300 milliards. Et si on se compare non plus aux leaders mais à la moyenne du CAC 40, qui était à 3000 en 2005, il a doublé depuis ; le cours d’EDF était autour de 30€, il est le tiers aujourd’hui… tout cela fait un rapport de un à six !

Désordres stratégiques

EDF avait fait le choix clair et lumineux de couvrir la filière de haut en bas avec la production, la distribution à longue distance, la distribution locale capillaire, le stockage des déchets radioactifs. La France avait avec Areva le contrôle du process même et une avance technologique considérable sur ses concurrents. L’entrée dans les pays nouveaux pouvait facilement se faire par acquisitions, à différents niveaux de la chaîne, ou par des ventes de process : l’entreprise avait un boulevard devant elle. Hélas ! depuis 2005, l’influence de la politique politicienne sur l’entreprise est venue perturber sa stratégie à long terme. Sans ces désordres stratégiques, EDF serait implantée dans plusieurs pays européens, exporterait de l’électricité et la France aurait un formidable argument d’attractivité avec un coût de l’électricité de loin le plus bas du continent.

Deux facteurs déterminants ont pesé : la mise au pas du nucléaire et l’intervention de l’Europe. L’État (en fait le parti au pouvoir) a froidement instrumentalisé la stratégie de l’entreprise pour acheter les voix des écologistes (un accord qui n’a d’ailleurs pas duré longtemps). La monnaie d’échange était l’arrêt du nucléaire. Un investisseur privé aurait bien mieux résisté aux pressions. À moins que quelque chose ne change, on peut légitimement se poser des questions sur la nationalisation comme garant de la constance des stratégies ! L’Europe n’a pas rendu non plus service avec sa politique consistant à couper la filière énergétique en trois : la production, la distribution grande distance et la distribution capillaire. Elle a tout simplement cassé le business model d’EDF, l’idée étant de favoriser l’émergence des nouvelles technologies que des entreprises comme l’énergéticien auraient pu étouffer parce qu’elles tenaient la distribution. 

Effets d’échelle

La France et EDF n’ont pas été capables d’expliquer au régulateur que l’intégration était, dans le domaine de l’énergie, une bonne formule qui facilite la planification de la production et surtout fait bénéficier au consommateur des formidables effets d’échelle à l’œuvre dans ce métier. Il vaut mieux en matière d’énergie un producteur dominant avec des coûts bas et de fortes marges qu’une armée de petits concurrents se livrant une concurrence féroce avec de faibles marges mais des coûts bien plus élevés.

De son côté le groupe nucléaire Areva [devenu Oreno en 2018, Ndlr] n’a pas fait de merveilles non plus sur les marchés internationaux, l’entreprise ayant visé les très gros projets qui ont tous pris d’énormes retards et entraîné des pertes considérables. Ce faisant, Areva s’est fait enfoncer par ses concurrents américains, russes, japonais et coréens sur les projets de taille moyenne qui constituaient le gros du marché. Où en est le groupe sur la fusion nucléaire ? On sait que chez les Anglais, les Américains et les Chinois, des projets sont en train de fleurir…

Nationaliser EDF pour construire de nouvelles centrales nucléaires… soit ! Ce qui importe pour le futur, c’est que la stratégie, qui doit aller au-delà de la construction de six centrales, soit la bonne. Que fait-on sur l’éolien et le solaire ? Quelle part donne-t-on à la méthanisation qui est négligée alors qu’elle est une importante source d’énergie potentielle pour un pays d’éleveurs comme la France ? EDF reste-t-il sur la France ou l’entreprise a-t-elle une stratégie internationale ? Et surtout quel discours sera-t-il tenu vis-à-vis de l’Europe ? Ce retour au nucléaire civil qui, de l’avis de l’auteur de ces lignes, est une bonne chose, appelle plusieurs remarques. 

Le retour du nucléaire

Le choix du général de Gaulle, qui n’était pas un homme d’affaires, se révèle à l’épreuve des faits, sur longue durée, un choix somptueux ! Il a été possible, grâce au génie de l’Europe et des Européens qui ont pour nom Pierre et Marie Curie, Niels Bohr, Albert Einstein, Nicolas Tesla, Erwin Schroedinger… la liste des savants à citer est bien plus longue. Ce groupe de physiciens européens, au début du XXe siècle, a découvert les secrets de l’atome, formidable cadeau au monde entier. La fusion nucléaire, qui semble aujourd’hui à portée de main et qui apportera une énergie propre et pratiquement sans limite est en train, 100 ans après les premières découvertes, de confirmer la fécondité de leurs intuitions.

Pour que celles-ci portent leur fruit, encore faut-il que nos politiques se mettent à la hauteur. Il faut évidemment maîtriser le génie du mal — ce qui ne peut se faire qu’en poursuivant (en dépit des événements actuels) les politiques de désarmement nucléaire initiées au début des années quatre-vingt sous l’impulsion de Ronald Reagan et de Mikhaïl Gorbatchev. Il faut aussi assurer la continuité des stratégies industrielles qui ont des horizons de temps bien plus longs que celui des politiques énergétiques observées ces vingt dernières années.

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Voici les réformes prioritaires pour sauver la France

21 Juil

Copier les politiques de ceux qui ont réussi, c’est non seulement une façon de se tirer d’un mauvais pas mais c’est construire l’Europe.

Aux dernières rencontres d’Aix, notre ministre de l’Économie Bruno le Maire expliquait à juste titre qu’il n’y avait rien de plus choquant que tant d’entreprises cherchent des salariés et au même moment toujours autant de chômage. Pour lui cette inadéquation était le deuxième sujet à traiter après la priorité du pouvoir d’achat.

Et si ces deux maux étaient tout simplement les deux conséquences d’un problème plus profond à régler ?

Le poison du keynésianisme à long terme

Appliqué trop longtemps le keynésianisme n’est-il pas plus un poison qu’un remède ? Et plus fondamentalement fonctionne-t-il en économie ouverte ?

Sans nous en rendre bien compte, nous payons aujourd’hui toute une série de décisions prises depuis une cinquantaine d’années.

1973 a vu coïncider la première crise de l’énergie et l’arrivée de nouveaux dirigeants politiques, Valéry Giscard d’Estaing succédant à Georges Pompidou. Ce n’était pas seulement une affaire de personnes mais une évolution très profonde de la philosophie économique. Le keynésianisme a alors été introduit par Lionel Stoleru et a succédé à la vision de Jacques Rueff qui suggérait au Général de Gaulle un État léger (30 % du PIB était la norme à tenir). Le mot d’ordre étant que dans un monde concurrentiel il faut être compétitif. Cela valait pour la sphère privée comme pour la sphère publique.

Lionel Stoléru vantait au contraire les effets positifs de la dépense publique comme stimulant de l’économie, fut-ce au prix d’un déficit public significatif. En 1973 se posait un problème réel de croissance avec le quadruplement du prix du pétrole. À cette époque, tous les pays ont adopté un gonflement conjoncturel des dépenses publiques mais y ont rapidement mis fin. La France est le seul pays à avoir accepté des déficits publics durant cinquante années. Le micro a été généreusement donné aux économistes keynésiens, les politiques n’étant par ailleurs pas mécontents de trouver une justification intellectuelle à un laxisme financier finalement assez commode.

Le problème c’est que 50 ans de déficit font grimper la dépense publique qui frôle aujourd’hui les 60 % du PIB. Cet écart par rapport à nos voisins, dont les sphères publique et sociale se situent autour de 40% du PIB, se retrouve dans le prix de revient de nos entreprises, il freine les exportations et est assurément une des raisons expliquant la désindustrialisation du pays.

Les prédictions de Jacques Rueff se sont donc réalisées.

La segmentation rapide de l’économie

Un détour sur la nature profonde de l’économie n’est pas inutile. Elle s’est profondément transformée. Combien d’entreprises dans l’économie moderne ? entre 3 et 4 millions, un chiffre considérable. Curieusement, l’économie s’est peu intéressée à cette problématique qui s’apparente à un grouillement de métiers interagissant les uns avec les autres. Si on considère qu’il existe 10 entreprises par créneau, cela équivaut à plusieurs centaines de milliers de créneaux. Le phénomène s’accélère actuellement avec Internet qui substitue ou fait éclater les anciens métiers.

Prenons l’exemple d’un seul créneau, le café soluble.

On est proprement stupéfait devant toutes ces techniques auquel ce métier fait appel : la production du café pour laquelle des régions entières, depuis des milliers d’années, se sont livrées une farouche concurrence pour produire les meilleurs cafés ; la transformation du café (torréfaction, production de la poudre…) ; et toutes les technologies utilisées dans les machines qui se sont succédé. Ce seul métier est un univers rempli de savoir-faire complexes et changeants.

Pour que cette économie fonctionne bien, il faut assurer une fluidité entre les créneaux qui décroissent et ceux qui les remplacent. Il faut donc pour cela un marché du travail fluide et des fiscalités raisonnables sur les dividendes et l’investissement, faute de quoi la croissance est freinée. Des progrès ont été récemment enregistrés avec le Prélèvement forfaitaire unique et une baisse des impôts de production est annoncée, mais sur 50 ans l’économie privée a souffert. C’est une des causes évidentes du chômage français, plus important que celui observé chez nos voisins.

L’apprentissage en entreprise

Il doit être la pierre angulaire de l’Éducation nationale.

Se pose alors la question : comment préparer nos jeunes à trouver leur place dans un monde si changeant ? Il ne peut pas y avoir une école pour chaque métier. Il faut réfléchir en termes de tronc commun, mais lequel ? Ce travail demande à l’évidence des échanges harmonieux confiants et réguliers entre l’école et l’entreprise.

Contrairement à ce qui se passe dans beaucoup de pays, notamment en Suisse, trop de méfiance règne encore même si les progrès depuis quelques temps sont évidents. Nombre d’enseignants considèrent encore l’entreprise comme un monde brutal, égoïste et rapace dont il faut protéger les élèves le plus longtemps possible. C’est un énorme handicap qu’il va falloir progressivement combler. Ce n’est pas si difficile, il suffit d’aller regarder de l’autre coté de nos frontières.

Tous ceux qui ont voyagé vous diront que le modèle mondial à copier est la Suisse qui a développé des systèmes d’apprentissage dans lesquels on permet aux enfants dès l’âge de 12 ans de travailler en entreprise.

Les Suisses ont installé deux filières : une filière générale et une filière technique, un système dual pour montrer qu’il n’y a pas de hiérarchie entre elles ; les ponts sont constants, c’est-à-dire qu’un enfant peut repasser de la filière technique à la filière générale quand il le souhaite. Les Suisses ont constaté et démontré que certains enfants avaient un sens concret naturellement plus développé, et d’autres étaient davantage portés sur l’abstraction. Contraindre les premiers à suivre une filière générale leur fait perdre leur temps et diminue l’efficacité de leur classe en freinant les seconds.

Il existe en fait un consensus mondial sur le tronc commun : apprendre à s’exprimer, avoir une bonne orthographe, savoir calculer, connaître l’histoire, la géographie, les grandes civilisations, une autre langue que la langue maternelle, des idées simples sur le bilan et le compte d’exploitation d’une entreprise. Peut-être plus important que tout, apprendre à apprendre car ils auront à le faire tout au long de leur vie.

Le conseil le plus important à donner aux responsables de l’Éducation nationale est de se rendre aux Pays-Bas et à Singapour pour constater comment les systèmes éducatifs se sont adaptés. Tous ces pays ont pour caractéristiques d’avoir un taux de chômage extrêmement faible ; de son côté, la Suisse a recours aux transfrontaliers pour satisfaire sa demande d’emplois.

L’apprentissage se développe en France, c’est une bonne nouvelle. Il faut évidemment aller beaucoup plus loin pour combler le retard évident qui la sépare des meilleurs.

Harmoniser les indemnités chômage avec l’Europe du Nord

Un voyage en Allemagne est utile, ainsi qu’un retour au début des années 2000.

À l’époque, la France fonctionnait bien, elle était faiblement endettée, les dépenses publiques se situaient en dessous des 50 % du PIB. L’Allemagne était l’enfant malade de l’Europe avec des dépenses publiques à 57 % du PIB et un chômage dépassant les 10 %, difficultés liées à la réunification (l’État avait injecté 1500 milliards d’euros à l’Est).

C’est à cette époque qu’on a assisté à des réformes que l’on peut qualifier de structurelles. La priorité du couple Schroeder/Hartz n’a pas été la défense du pouvoir d’achat mais la lutte contre le chômage qui, selon les mots de Schroeder, détruit la société en isolant les citoyens privés de travail. Le chômage est donc le mal absolu. Malgré les difficultés financières de l’État, à l’époque déficitaire et endetté, le principe de solidarité a été maintenu comme ciment de la société. Mais cette solidarité a été combinée avec une forte dose d’exigence. « Nous sommes prêts à aider mais en échange il faut faire un effort », le fameux « fördern und fordern ».

Le mot d’ordre a été la solidarité exigeante, ou « il vaut mieux un job pas tout à fait satisfaisant que l’horreur du chômage même bien payé à la maison ». Les indemnités chômage ont été conçues et calées dans cet esprit, les chômeurs trop difficiles sur les offres proposées perdaient leurs allocations. Cette philosophie associée à une réforme du temps partiel a permis de ramener en cinq ans le chômage sous la barre des 5 %, niveau qui est aujourd’hui la norme dans toute l’Europe du Nord.

À l’époque où l’Allemagne prenait ces décisions courageuses, Lionel Jospin était Premier ministre. Denis Olivennes, normalien, énarque et conseiller de Bérégovoy disait que la France avait fait le choix d’un chômage bien rémunéré.

Toucher aux indemnités chômage est un sujet très sensible car évidemment, certains souffrent et ont du mal à se recaser malgré de réels efforts. Mais la tricherie existe aussi, une partie de la population au chômage ne cherche pas de travail tout simplement parce qu’elle n’y a pas intérêt. En accumulant les aides de toutes sortes, on peut très bien rester sans emploi et avoir ponctuellement un travail non déclaré.

L’urgent ne doit pas chasser l’important

Pouvoir d’achat ou chômage ? Où mettre la priorité ? La situation est compliquée, il faut rester unis et ne jeter la pierre à personne… mais éviter que l’urgent ne chasse l’important.

Le pouvoir d’achat est faible à cause des erreurs décrites plus haut. Les économistes n’ont pas assez dit qu’il y a cinquante ans, le le PIB par tête de la Suisse était le même que le nôtre. Il est aujourd’hui 2,25 fois plus élevé. C’est la preuve que les théories keynésiennes ne fonctionnent pas. Les tickets et boucliers concoctés actuellement sont dérisoires au regard de l’écart de pouvoir d’achat avec la Suisse. Il faut donc s’attaquer aux racines des problèmes en calant les indemnités chômage sur ce que font nos voisins et en installant un système performant d’apprentissage.

Copier les politiques de ceux qui ont réussi, c’est non seulement une façon de se tirer d’un mauvais pas mais c’est construire l’Europe.

Sans oublier que la meilleure façon d’aider les Ukrainiens c’est de retrouver rapidement des excédents budgétaires et une compétitivité qui permettront de les soutenir économiquement.

Cet article est paru dans Contrepoints, le journal libéral de référence en France

Comment réformer notre système de retraite ?

11 Juil

Pour sortir des blocages politiques sur la réforme des retraites en France, qui sont aussi des blocages culturels, l’ancien chef d’entreprise et professeur de stratégie Xavier Fontanet suggère de s’inspirer des expériences étrangères. L’une des idées nouvelles est celle du « réemploi », qui permet aux salariés qui aiment leur travail d’adapter leur sortie de la vie active.

Il y a au moins six conditions à respecter pour réformer paisiblement notre système de retraite. La première est de faire preuve d’humilité et de s’inspirer des décisions qu’ont prises nos voisins : tous ont augmenté l’âge de départ à un minimum de 65 ans, sans évoquer le cas japonais ou l’on vise les 70 ans. La seconde condition est d’expliquer que nous sommes arrivés à des niveaux d’endettement dangereux pour l’autonomie du pays. Il faut donc baisser les dépenses publiques et sociales pour retrouver un excédent budgétaire. La plus grosse des dépenses étant, de très loin, la retraite (14,8% du PIB), il faut ramener le chiffre de 10 à 11% faute de quoi, c’est l’indépendance financière de notre pays, sa compétitivité globale et son système social qui seront, un jour, mis en cause. L’Allemagne a réussi cette prise de conscience au début des années 2000. Le chancelier de l’époque, Gerhard Schröder, a alors réformé les retraites en sortant du paritarisme. Il a expliqué que l’État n’avait pas les moyens de combler les trous. Les partenaires sociaux ont assumé, ont fait les calculs et compris qu’il fallait porter l’âge de la retraite à 65 ans.

Raisonner en termes de durée

La troisième condition est de casser l’idée qu’il faut chercher l’argent « là où il est est », autrement dit chez les cent plus grandes fortunes du pays. C’est une idée complètement fausse : non seulement le niveau de cette fortune (750 milliards d’euros avant la crise récente) est beaucoup trop faible vis-à-vis du problème, mais ces fortunes sont investies dans des entreprises, donc cet argent n’est pas liquide. Le sortir pour financer des dépenses reviendrait à donner le contrôle de ces entreprises leaders à l’étranger en une demi-douzaine d’années, et ne ferait que repousser le problème. 

La capitalisation est en France un gros mot. On s’est tout simplement ruiné en se privant des services du marché pour des raisons purement doctrinales.

Une autre condition est de raisonner en termes de durée de travail, comme l’ont fait les pays qui ont réussi les réformes : un jeune ayant commencé à travailler à 17 ans aura 62 ans après 45 années de travail alors qu’un diplômé qui a eu un travail moins dur (au moins physiquement) et qui a commencé à travailler à 25 ans (du fait d’études supérieures longues) n’aura accumulé à 62 ans que 37 années de travail. Raisonner en termes d’âge uniforme crée des complications et par voie de conséquence des tensions.

L’espérance de vie

La cinquième condition est de respecter l’arithmétique : quand la décision a été prise de la retraite à 60 ans en 1983, l’espérance de vie moyenne était de 75 ans, la durée moyenne de la retraite était donc de 15 ans. Depuis, la durée de vie a augmenté d’un trimestre par année, soit une espérance de vie de 85 ans. Le temps de retraite est aujourd’hui 50% plus long avec une date de départ à 62 ans. Les conséquences sont considérables : 3 cotisants par retraité en 1983, 1,7 maintenant. Il y a certes eu des gains de productivité pendant cette période, mais ils sont très loin de faire la maille : le système de répartition est déséquilibré. C’est une très grave responsabilité de ceux qui ont instauré la retraite à 60 ans de n’avoir pas expliqué au départ qu’on serait obligé de changer les paramètres si on voulait garantir sa durée. 

L’idée du « perennial réemployé » jusqu’à 73 ans et celle de l’actionnariat salarié peuvent être deux coups de pouce puissants.

La sixième condition suppose un minimum de connaissance en termes de finances : la capitalisation des entreprises croit plus vite que le PIB. C’est un phénomène universel et intemporel. L’un des plus vieux marchés boursiers du monde, le Dow Jones a 230 ans. Il a connu une croissance moyenne de 4,5% par an donc, dividendes compris, environ 6% de rentabilité par an. Notre indice, le CAC 40, était à 400 quand la décision fut prise de choisir la technique de la répartition, il est à 6000 aujourd’hui, soit une multiplication par 15 et une croissance de 7,5% par an. Tous les pays qui se sont appuyés sur la capitalisation ont une retraite qui coûte beaucoup moins cher : la France lui consacre 14,8% de son PIB la Suisse 7,5% ! Les économistes qui ont passé leur temps à lutter contre la capitalisation n’ont pas rendu service au pays. La capitalisation est en France un gros mot. On s’est tout simplement ruiné en se privant des services du marché pour des raisons purement doctrinales. Il faut introduire le concept de capitalisation dans le système.

Le concept de réemploi

Les bonnes idées venant souvent de l’extérieur, il est utile de suivre l’évolution des mentalités en particulier en Asie ou la notion même de retraite est mise en cause. L’idée là-bas est de distinguer une période de retraite active et une période que l’on peut qualifier de vraie retraite. Singapour vient de lancer le concept de « réemploi ». La raison est double : une pénurie sans précédent de main d’œuvre et le fait que les trois quarts des Singapouriens sont prêts à prendre leur retraite plus tard. Ils considèrent que l’activité maintient en bonne santé, ils veulent garder leurs connexions sociales, ils sont prêts à des efforts pour servir leur pays et enfin ils aiment le travail qui est une fierté et un accomplissement. L’idée du réemploi est la suivante : quand vous partez à la retraite, vous pouvez être réembauché par votre employeur. Vous aurez un travail plus léger, orienté sur l’encadrement et la transmission d’expérience. Pour inciter les entreprises à le faire (ce qui réduit considérablement le coût de la retraite puisque pendant la période de réemploi, c’est l’entreprise qui verse le salaire), les charges sociales sont quasiment à zéro. Cette innovation ne va pas tout résoudre, mais certainement alléger le financement de la retraite. Le contrat de réemploi va aujourd’hui jusqu’à 70 ans mais il est envisagé de passer à 73 ans. Rappelons qu’en 1960, le PIB par tête des Singapouriens était le tiers du nôtre et qu’il est — excusez du peu —plus de deux fois le nôtre aujourd’hui !

L’actionnariat salarié

Voilà une belle idée à creuser. On peut en rajouter une autre : ajouter un zeste de capitalisation, la bonne façon de faire étant l’encouragement de l’actionnariat salarié. Bon nombre d’entreprises l’ont pratiqué depuis longtemps en démontrant qu’un employé qui a cotisé toute sa vie 5% de son salaire peut quasiment doubler sa retraite légale avec le capital qu’il a accumulé. Pour encourager la formule, le gouvernement pourrait baisser par exemple à 15% la fiscalité des actions dont l’origine est l’actionnariat salarié. Au vu la gravité de la situation, on peut raconter ce que l’on veut, sauf à baisser les pensions significativement, on ne pourra pas éviter un allongement de la durée de travail si on veut garder le système. L’idée du « perennial réemployé » jusqu’à 73 ans et celle de l’actionnariat salarié peuvent être deux coups de pouce puissants. Le rôle des médias sera capital dans la réforme, car la pédagogie sera… décisive.

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