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Retraites : et si les Suisses avaient raison ?

20 Sep
Un sondage (Smartvote) fait en Suisse, le 19 août, révèle que la majorité des candidats à la députation est en faveur d’un recul de l’âge de la retraite à… 67 ans. Impensable ici. Pourtant, s’il y a une chose à expliquer dans cette période de consultation sur la loi retraite, c’est comment peut-on s’en tirer, chez nous, sans bouger significativement l’âge de la retraite ni augmenter la durée de cotisation ?

Surcharge pour les entreprises

Rappelons quelques faits. Quand Mitterrand en 1983 a lancé l’idée de la retraite à 60 ans, il y avait 4 cotisants pour 1 retraité et l’espérance de vie était de 72 ans, soit 12 ans de retraite en moyenne. Aujourd’hui l’espérance de vie est de 84 ans, ce qui fait 22 ans de retraite. Et il n’y a plus que 1,7 cotisant par retraité. En trente-six ans, la durée de retraite a été augmentée de 83 % et le pourcentage de ceux qui cotisent réduit de 57 %. On en a remis une couche avec les 35 heures, qui reviennent à annihiler au moins 4 ans de cotisation. Pour faire simple, le ratio cotisants-retraités a été divisé par cinq. On a certes doublé la part du PIB consacrée aux retraites à 13,8 % (sous Mitterrand le ratio était d’environ 7 %), mais au prix d’une surcharge accrue pour nos entreprises. Il y a aussi eu des gains de productivité, mais la situation n’est absolument pas tenable.

Les Suisses ne consacrent aujourd’hui pour leur retraite que 7,5 % de leur PIB (grâce notamment au recours à la capitalisation), mais, malgré cette marge de manoeuvre, ils préfèrent allonger encore leur durée de travail. On dira : « Ils sont différents ! » Regardons alors nos autres voisins : le départ à la retraite se situe partout entre 65 et 67 ans. Si partir à 67 ans est un argument électoral de l’autre côté de la frontière, est-ce parce que le chocolat qu’ils consomment leur dérègle l’esprit ou parce qu’ils sont, contrairement à nous, humbles devant les faits et capables de se remettre en question ?

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La concurrence, un facteur d’égalité – Chronique aux Echos

17 Sep
Interrogé par des journalistes à la suite de sa défaite de Wimbledon, Roger Federer a eu, sur sa vision de la concurrence, des mots que chacun de nous devrait méditer. « Nos résultats montrent que nous pouvons avoir des carrières incroyables en jouant au même moment tous les trois [Roger Federer, Novak Djokovic, Rafael Nadal, NDLR] ; les gens pensent que nous nous sommes pris des titres, ce qui est sans doute vrai, mais nous sommes également poussés les uns par les autres. Chacun progresse au contact des autres, je pense que nous sommes devenus les joueurs que nous sommes grâce à cette rivalité entre nous. » Ce que dit ce formidable champion, élégant et unanimement reconnu, dépasse très largement le cadre du sport pour s’appliquer à toute activité humaine : l’art ? Pensez à Monet, Renoir et Pissarro. La recherche scientifique ? Pensez à Albert Einstein, Niels Bohr et Max Planck. Les Beatles auraient-ils porté la musique aussi haut sans les Rolling Stones et les Bee Gees ?

L’émulation fait grandir

Ceci est évidemment vrai dans le domaine de l’entreprise. Ce que l’on n’explique pas assez à nos concitoyens, c’est que l’émulation fait grandir. La concurrence est mal vue dans notre pays, où elle évoque l’idée du gros qui écrase le petit. Federer nous rappelle que, quand elle est saine, elle est la meilleure des écoles et que le tuteur le plus efficace est toujours l’adversaire le plus redoutable. La concurrence est une école d’humilité parce qu’elle vous évite de prendre la grosse tête. La concurrence est spontanément généreuse puisqu’en provoquant la baisse des prix elle redonne aux consommateurs les gains de productivité. En s’attaquant aux monopoles, la concurrence est facteur d’égalité. Quand on y réfléchit bien, la concurrence est un autre nom qu’on pourrait donner à la liberté. Le jour où chaque élève, dans nos écoles, aura compris cette idée simple, rendue plus audible quand elle sort de la bouche d’un champion sportif incontesté, notre pays ira probablement beaucoup beaucoup mieux !

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La voie de l’Allemagne – Chronique aux Echos

5 Juil
 

La Chambre de commerce franco-allemande organisait la semaine dernière à Paris, au Conseil économique et social, un colloque sur la période des réformes Schröder (2004-2007), en présence de Peter Hartz, leur inspirateur. Trois points forts à retenir. D’abord, le paritarisme. Schröder fut cash en annonçant que « l‘Etat, n’ayant plus d’argent, ne comblerait pas les trous des caisses de santé et de retraite ». Il a ainsi instauré, de facto, un système où les responsabilités étaient claires. Les partenaires sociaux ont assumé. Ils ont repoussé l‘âge de la retraite (de 62 à 65 ans) et introduit des franchises dans les remboursements des dépenses de santé. Ces deux mesures ont rapidement remis d’équerre les comptes des deux caisses. Ensuite, le marché du travail. L‘idée maîtresse fut le concept de « solidarité exigeante ». Schröder a réaffirmé le caractère solidaire du système social en rappelant que les difficultés financières introduisaient un devoir pour chacun de respecter l‘argent public. Il a expliqué qu’il valait mieux un job pas tout à fait satisfaisant que l‘horreur du chômage. Les Allemands ont donc accepté une refonte des contrats de temps partiel (qui explosaient du fait de l‘évolution de l‘économie), avec l‘idée de mettre à tout prix les gens dans le système. Succès considérable avec 7,2 millions de contrats (que nous avons qualifiés ici de « mini-jobs » avec une coupable désinvolture), sachant qu’au bout du compte 3 millions de personnes en ont eu deux. Cette politique a eu rapidement raison du chômage. Enfin, la maîtrise des dépenses publiques. Michel Didier, président de Rexecode, a rappelé que notre sphère publique coûte actuellement 280 milliards d’euros de plus que sa consoeur allemande (un surcoût de 20 % au moins) pour un service qui n’est pas inférieur. En ramenant son coût de 57 % (niveau allemand en 2004) à 44 % du PIB, en grande partie grâce aux réformes Hartz, la croissance de l‘économie allemande a été relevée dans des proportions considérables, avec un retour à l‘équilibre des comptes public et une baisse de la dette à 60 % du PIB (nous sommes à 100 %). Apprenons de nos voisins, c’est aussi cela l‘Europe. Ne cultivons pas l‘art de mettre de jolis mots sur les problèmes, et surtout cessons de fustiger les excédents allemands ! Ceux-ci sont le fruit d’un énorme effort, qu’il faut saluer, et surtout l‘indication de la voie à suivre.

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Le progrès contre la décroissance – Chronique aux Echos

20 Juin

C’est une règle bien connue : sur un marché, lorsqu’on baisse les prix d’environ un tiers, on double en général les ventes. Il s’agit du concept d’élasticité constante, que chaque citoyen d’un pays développé comme le nôtre devrait être capable de bien maîtriser tant il est utile pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui.

Attachons-nous aux microprocesseurs qui sont partout à l’oeuvre autour de nous. En un tiers de siècle, leur volume a été multiplié par à peu près 10 milliards et leur prix a été divisé par environ (chiffre considérable) un million. Vous n’y croyez pas ? Prenez donc votre calculatrice de poche et vérifiez vous-même : 33 doublements (nombre d’années dans un tiers de siècle), ça fait à peu près 10 milliards et 33 baisses de 33 %, c’est une division par 1 million : la règle énoncée au début de ce papier fonctionne parfaitement bien.

Cette loi d’airain (connue aussi sous le nom de « loi de Moore »), que l’on n’enseigne malheureusement pas dans nos écoles, explique pourquoi chaque détenteur de smartphone a, dans sa poche, un produit qui, il y a trente-trois ans, avait la valeur d’un Airbus 320. Ce phénomène est visible dans les secteurs de forte croissance comme celui de l’ordinateur et du téléphone, où les prix baissent, mais il est à l’oeuvre partout, même dans les domaines les plus anciens comme l’agriculture. Les lecteurs de l’historien Fernand Braudel, génie français méconnu qu’on devrait faire étudier dans toutes les classes, savent qu’il y a 300 ans, la nourriture représentait 85 % du budget de chaque ménage (contre 10 % aujourd’hui) et que le pourcentage d’agriculteurs dans la population est passé pendant cette période de 67 % à moins de 3 %, et que notre pays exporte beaucoup de produits agricoles. Ce ne sont pas des baisses d’un million en trente-trois ans, mais de cinquante en trois cents ans, c’est déjà considérable. Elles sont le résultat conjugué de la croissance et du progrès technique. Cela a complètement changé nos vies, dans des proportions que l’on oublie un peu vite de rappeler. Certes, tout ne va pas bien dans le monde actuel, personne ne le contestera. Réfléchissons à deux fois avant d’adopter les idées de décroissance, comme c’est en train de devenir la mode, mettons plutôt la science et la technologie au service du développement durable.

Terres rares : l’Europe a une carte à jouer – Chronique aux Échos

11 Juin
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Après la décision de Google de priver Huawei de ses logiciels (induite par un décret de l’administration Trump), Xi Yinping s’est empressé d’aller visiter une mine de cobalt au fin fond de la Chine… façon de rappeler que la Chine détient la majorité des ressources de terres rares et a les moyens de répondre de façon très efficace à la menace américaine. Difficile de trouver dans la campagne pour les Européennes un candidat proposant de lancer un grand projet visant à doter l’Europe d’une industrie d’extraction des nodules polymétalliques capable de défier, avec une technologie nouvelle et respectueuse de l’environnement, le monopole chinois.

Il est évident que, si les voitures électriques se développent, si le solaire continue sa percée et si l’électronique poursuit sur sa lancée, l’industrie des batteries va tutoyer à 25 ans en termes de taille celle du pétrole. À taper sur le diesel (après l’avoir poussé pendant vingt-cinq ans), nos politiques ont oublié de rappeler que les leaders mondiaux de l’automobile sont européens, si on ajoute les Allemands (Volkswagen est leader en Chine), les Français (qui ont un pied au Japon avec Nissan) et les Italiens (qui ont un pied aux États-Unis avec Chrysler). C’est à la fois un atout énorme, mais aussi un danger si les Chinois jouent avec les terres rares.

Si De Gaulle et Adenauer étaient encore de ce monde, ça ferait belle lurette qu’ils auraient lancé l’Airbus des batteries : la France apportant son domaine maritime de 10 millions de km² ; les Anglais (gardons-les en Europe) les plus grandes entreprises minières, les Néerlandais, les leaders mondiaux en termes de dragage, sans compter que l’Europe abrite quelques-unes des plus grandes sociétés pétrolières mondiales, dont Total, champion en matière d’exploration. Les savoir-faire… l’Europe les a ! Elle avancera avec de grands projets. Dans cette affaire, on ne part pas de rien puisque, depuis cinquante ans, des organismes français (Ifremer, CEA) ou allemands (Inco) ont travaillé le sujet ; avec les progrès technologiques et avec la montée prévisible du prix des terres rares, ceux-ci vont dégager des marges et, une fois enclenchées, les courbes d’expérience vont descendre et baisser les coûts… Mais pour que ça marche, encore faut-il quelqu’un qui tienne la barre.

 

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La force de l’Asie – Chronique aux Echos

17 Mai

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L’Europe et l’Occident ont fait un péché d’orgueil au moment de la chute du mur de Berlin. Ils ont cru aux théories de Francis Fukuyama sur la fin de l’histoire en pensant que les valeurs occidentales avaient définitivement gagné. C’est pourtant à partir de ce moment-là que les pays d’Asie (et la Chine en particulier) ont pris l’élan qui les fait passer en force devant l’Europe et les États-Unis, et cela quelles que soient les initiatives du président Trump.

Le paradoxe dans toute cette affaire est que l’Europe a perdu confiance dans ses valeurs de liberté et d’initiative, alors que ces mêmes valeurs ont permis à l’Asie un formidable rattrapage. La parade est simple, elle consiste à rechercher les bonnes pratiques asiatiques que nous pourrions copier à notre tour. Tous ceux qui connaissent l’Asie pour y avoir travaillé quotidiennement, en particulier les entreprises, seront unanimes pour dire qu’il y a un trésor de recettes dont il faut s’inspirer, en particulier au Japon.

L’une d’elles est fort bien résumée dans un petit livre facilement disponible, elle porte le nom d’Ikigai, méthode qui permet de donner du sens à la vie. Ce livre apprend à porter attention aux petites choses, il montre que le travail manuel est en fait hautement intellectuel, la main étant le prolongement du cerveau. La clef, c’est de toujours viser la perfection en toutes choses. Il apprend aussi la modération et le respect de l’autre, où qu’il soit dans la société. Ce dernier message est peut-être le plus important, il est source d’harmonie de la société. C’est la force de l’Asie. Accepter que, même si nous sommes égaux en droits, nous ne sommes pas pareils en fait, mais proclamer au même moment qu’un ouvrier efficace et bon collègue doit être placé en plus haute estime que le dirigeant d’une grande entreprise qu’il aurait abîmée durant son mandat.

Voilà une philosophie dont nous devrions nous inspirer. Lee Kuan Yew, fondateur de Singapour, a toujours expliqué haut et clair qu’une société fondée sur la recherche de l’égalité sera battue sur le long terme par celle qui met la dignité de chacun au sommet de ses valeurs. Pour lui, en effet, l’égalitarisme mène à l’assistanat qui se finance forcément par la démotivation des entrepreneurs et ruine l’économie. Pourquoi n’écouterions-nous pas aujourd’hui ce message décapant venant d’un des plus grands dirigeants mondiaux des cinquante dernières années ?

 

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Pour un temps de travail à durée variable – Chronique aux Echos

3 Mai

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La FAS (*) a publié l’an dernier une étude montrant que les performances des entreprises qui pratiquent l’actionnariat salarié sont nettement supérieures aux autres. Elle rappelle qu’il est aussi, dans les temps difficiles et quand on sait l’écouter, une source de stabilité pour l’entreprise et un précieux guide pour le management.

En cette période où l’on tire les leçons du grand débat national, cela pourrait permettre de faire d’une pierre trois coups ! Tourner élégamment la page des 35 heures, améliorer significativement le montant des retraites et sortir par le haut au problème du statut de la fonction publique non régalienne. L’idée consiste à proposer un CDI à durée de travail variable, assorti d’un système d’actionnariat salarié. Ce contrat serait proposé en concurrence avec les contrats existants. On garantirait à l’employé une durée de travail minimum de 5 jours × 7 heures, soit 35 heures par semaine, et un maximum de 42 heures quand la demande est là. En échange de cette flexibilité (qui marque une communauté d’intérêt entre l’employé et l’entreprise), on proposerait un accès au capital ou, pour ceux qui ne veulent pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier, à un fonds diversifié contenant pour une part seulement des actions de leur entreprise. On pratiquerait un abondement musclé qui doublerait les sommes que les employés investissent de leur propre chef. Dans les entreprises qui l’adopteront, les employés auront en tant qu’actionnaires accès au conseil d’administration. Ils se constitueront un capital retraite (l’effet est très significatif dès que plus de 5 % du salaire est épargné et correctement abondé sur longue durée). On tient là une spécificité européenne sur un sujet central et une voie qui peut faire évoluer le capitalisme dans un sens positif. Ce CDI pourrait être proposé à la fonction publique non régalienne à qui on proposerait de passer à un contrat copié sur ce qui existe dans le privé contre la possibilité d’investir, elle aussi, avec abondement, dans un fonds diversifié. Le monde change. Pour bien y vivre, il faut faire preuve de réalisme et de réactivité ; la France est le pays où l’actionnariat salarié est le plus développé ; il y a là une piste prometteuse…

* Fédération française des Associations d’actionnaires  Salariés

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Sortir du grand débat Chronique aux Echos

22 Avr

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Le grand débat, c’était très bien… il a permis à beaucoup de Français de se rencontrer et de vider leur sac, mais il faut déboucher sur des bonnes décisions, et la méthodologie adoptée n’est pas exempte de risques quant aux solutions proposées. Ce sont surtout les difficultés rencontrées par les citoyens qui ont été exprimées, sachant que soulager les effets sans s’attaquer aux causes peut aboutir à des mesures qui augmentent les problèmes. Un exemple : pour atténuer les douleurs du chômage, on décide d’augmenter les indemnités ; le chômage continuera à s’étendre parce que les charges supplémentaires feront perdre de la compétitivité aux entreprises et parce que les incitations à la reprise du travail auront été réduites.Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut moins d’impôt, et que moins d’impôt veut dire moins de dépenses publiques. Très bien, mais soyons clairs avec les mots : la dépense publique, c’est pour 60 % des dépenses sociales. Le moyen évident pour baisser la dépense publique, c’est de partir plus tard à la retraite et de réduire la durée des indemnités chômage puisque partout où cela a été fait (Grande-Bretagne, Allemagne) ce dernier a diminué. Quant au domaine régalien, il est essoré depuis vingt ans à l’exemple de l’armée ; son rôle éminent est reconnu par les Français, en particulier celui de la police en cette période de violences urbaines. La leçon que l’Etat doit en revanche retirer du grand débat, c’est d’arrêter d’épuiser l’ensemble du corps social sous l’avalanche de ses normes. Il doit aussi lutter contre la déshumanisation que facilite l’application aveugle d’une loi qui va trop dans le détail. En fait, le seul endroit où les dépenses ont monté c’est dans les régions avec leur coûteux mille-feuille. Les trois domaines où faire les efforts sont donc tout désignés ! Le fond des choses, c’est notre conception de l’Etat providence et le colbertisme sur lesquels il faut impérativement revenir. L’Etat doit désormais se concentrer sur le domaine régalien, à savoir assurer aux citoyens un cadre permettant à nous tous de s’épanouir dans le respect des autres. Les personnages clefs de la société sont désormais le maire et l’entrepreneur. En guise de devise, on pourrait proposer : « A chacun un métier et un clocher ! »

 

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Internationalisons France Télévisions ! Chronique aux Echos

22 Avr

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La fin de la redevance télé comme piste de sortie du débat ? Encore une fine suggestion ! Des voix s’élèvent du côté des syndicats (c’est leur rôle) arguant qu’il faut « lui substituer d’autres recettes pour garantir l’indépendance par rapport au pouvoir politique ». Chacun y va de son idée en allant chercher une autre ligne budgétaire. Pas difficile de prédire que ça va tourner court. Le Français, si créatif par nature, n’arrive pas à sortir de la logique fiscale. Il y a une idée pourtant simple qui consiste à lancer France Télévisions à l’international en échange d’une réduction progressive et programmée des redevances que le Trésor public lui verse.Cette technique a été appliquée avec Egis, la société qui, pour le compte du ministère de l’Equipement, dessinait tous les projets de routes, de ports et de ponts. L’idée venait d’Albin Chalandon, alors ministre de Georges Pompidou qui l’a fermement soutenue. Nous avons donc du recul pour juger ses effets. Egis a fait un véritable tabac à l’international (il faut dire que nos ingénieurs des Ponts sont au top mondial). Ce succès lui a permis d’avoir des recettes extrêmement diversifiées. L’Etat, dans cette affaire, a fait lui aussi beaucoup d’économies. Ca a demandé aux équipes de sortir d’un certain confort, mais elles ont en échange goûté les émotions fortes de la conquête d’un leadership mondial. France Télévisions a ce qu’il faut pour conquérir des contrats à l’international. Le groupe regorge de talents, se frotter à cette dure concurrence les enrichira (le meilleur tuteur est son concurrent). la France ne représente que 5 % du PIB mondial, les perspectives sont donc immenses. Ce sera la meilleure façon pour l’entreprise de démontrer qu’elle tient la route, elle ne peut pas refuser un tel challenge. L’étape suivante sera la privatisation, qui se fera d’autant plus facilement que l’internationalisation aura été réussie. Il sera tout à fait légitime de permettre au personnel d’accéder au capital. Contre une délivrance généreuse de stock-options, on adaptera le contrat aux conditions du privé. Relever ce défi sera une façon élégante de contribuer activement à l’effort national et de développer l’image de notre pays à une époque où il faut que chacun y mette du sien !

 

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Témoignage

6 Avr

Capture d’écran 2019-04-05 à 11.13.35Après avoir dirigé Chantiers Bénéteau de 1986 à 1991, Xavier Fontanet rejoint ensuite Essilor en tant que directeur général (1991-1995), puis vice-président (1995-1996), président-directeur général (1996-2009), et président (2010-2012). Il est actuellement administrateur d’Essilor, Schneider et L’Oréal. Aujourd’hui, il met son expérience au service des entreprises en misant sur une idée centrale, celle de la transmission de ses idées à la nouvelle génération. Il nous livre ici sa vision stratégique de l’économie des domaines skiables.

On ne peut que saluer le travail collectif de la profession, des élus et des pouvoirs publics qui a permis en cinquante ans d’acquérir cette brillante position.Il est une règle valable aussi bien dans le sport que dans les affaires : la situation de leadership n’est ni stable ni confortable, elle doit être défendue bec et ongles quotidiennement.

xavier-fontanet

 

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