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La France reste un enfer fiscal – Chronique aux Echos

8 Nov
 

Gros coup de cafard ce matin en passant rue de Mérimée à côté du siège de Lafarge, une rue traditionnellement très animée par les collaborateurs venant du monde entier y prendre leurs instructions. Aujourd’hui, plus personne, l’immeuble est vide, conséquence de la fusion LafargeHolcim qui a déplacé le siège en Suisse.

Deux heures auparavant, j’avais une conversation téléphonique avec un ami, président d’une entreprise française parmi les plus mondialisées. Il venait de discuter avec le responsable (un local) d’une grande zone de sa société. Ce dernier lui disait envisager sérieusement de quitter le groupe, parce qu’il ne voulait pas payer les impôts français. Il avait eu vent de la « loi Ghosn » et pensait qu’en tant que membre du comité exécutif la loi finirait par s’appliquer à lui. Crainte infondée, sans compter que, avec l’arrêt de l’ISF et la flat tax, les choses se sont en partie arrangées depuis deux ans. Il n’empêche que les images restent et la réalité est là : l’OCDE vient encore de nous classer en tête du classement des pays où la pression fiscale est la plus forte. Avec cette nouvelle loi et l’instabilité qui continue, on ne facilite pas le travail des directions des multinationales françaises.

Dans ces affaires, on nous parle toujours de rapacité et de mondialisation aveugle et apatride. C’est vrai dans certains cas, il n’empêche qu’on ne rappellera jamais assez que la fuite des sièges sociaux et des individus fortunés, ce sont les impôts, encore beaucoup trop lourds, qui en sont la cause. Il faut aussi expliquer que derrière des impôts excessifs il y a des dépenses publiques inutilement élevées. Il est bien plus difficile de les baisser que d’écrire des lois de circonstance.

Il y a deux approches politiques : celles qui visent les causes des problèmes et celles qui en gèrent les conséquences ; le jour où nos gouvernants se polariseront sur la première, les choses auront quelques chances d’aller un tout petit peu mieux !

 

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L’actionnariat salarié, futur pilier de nos retraites – Chronique aux Echos

1 Nov

Le hasard des rencontres fait que j’ai pu avoir une discussion de fond avec un cadre d’Airbus, très attaché à sa société et chaud partisan de l’actionnariat salarié. Ce cadre investit personnellement chaque année entre 7 et 10 % de son salaire en actions de la société. Airbus abonde cet effort important en donnant 10 actions gratuites pour 50 actions achetées. Nous avons fait ensemble les calculs : le capital qu’aura accumulé notre cadre quand il arrêtera de travailler procurera un complément (excusez du peu) représentant au moins 85 % de sa retraite légale. Airbus est une société très brillante, leader mondial, dont le cours de Bourse a crû de 11 % l’an dans les vingt dernières années, ce qui est très élevé. On va dire : « Airbus ce n’est pas représentatif »

Eh bien, regardons à l’étranger : les pays (Nouvelle-Zélande, Canada, Suisse, Singapour) dont les dirigeants ont parié il y a quarante ans sur la capitalisation ne peuvent que s’en féliciter et n’ont ni nos discussions ni nos doutes ! Roger Douglas, Premier ministre néo-zélandais contemporain de François Mitterrand, a calculé, en 1984, que si un employé (on ne parle plus de cadre mais d’un échantillon représentatif de la population au travail) mettait de côté chaque mois 5 % de son salaire et que l’entreprise abondait cette somme de 25 %, le pécule, régulièrement alimenté et placé à 5 % (taux très raisonnable), servait, après quarante-cinq ans de vie active, une pension très largement équivalente au dernier salaire.

En cette période où l’on réfléchit sur la retraite et où chacun sait bien en for intérieur que les chiffres ne boucleront pas facilement (malgré tout ce qu’on peut nous raconter), il est impératif de construire un deuxième pilier qui sera très efficace et porte un nom : l’actionnariat salarié.

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Cultivons l’actionnariat patient – Chronique aux Echos

25 Oct
On entend presque quotidiennement des voix se plaindre de la pression mise par le marché financier sur les résultats à court terme sur nos entreprises cotées. Les porteurs de ces messages ont fondamentalement raison parce que le court-termisme, s’il est appliqué trop longtemps, revient à réduire les frais de recherche et développement. On passe ainsi à côté de tous les projets demandant une longue maturation, qui par expérience sont les plus rentables à terme. Les preuves de ce raisonnement abondent, notamment avec les études montrant que les entreprises familiales (moins sensibles aux pressions court terme) ont des rentabilités supérieures à la moyenne. Sans compter le clin d’oeil donné en ce moment par nos quatre géants français leaders mondiaux du luxe que sont Hermès, Kering, L’Oréal ou encore LVMH.

Il y aurait une façon très simple de favoriser un actionnariat patient. Il suffirait dans les prochaines lois de finances de réduire la fiscalité sur les plus-values de très long terme, celles concernant la vente d’actions détenues depuis plus de vingt ans par exemple, en baissant le taux d’impôt à 20 % pour avoir des chiffres percutants.Le passage à la flat tax et la baisse du taux de l’impôt sur les plus-values n’ont pas été (loin de là !) une mauvaise affaire pour nos finances publiques ; baisser la fiscalité sur les plus-values très long terme serait donc positif pour elles. Mais, plus important, on montrerait que notre pays est en train de changer, en devenant l’un des endroits au monde où les actionnaires patients sont le mieux récompensés. L’investissement étranger reviendrait et on commencerait à réparer les dégâts causés par l’ISF (perte de talents et sortie d’investissement) pendant les trente-quatre années où il a été à l’oeuvre chez nous.

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En finir avec l’impôt sur les successions – Chronique aux Echos

17 Oct

Les pays scandinaves, et la Suède en particulier, ont toujours été pour nous un modèle de politique sociale. Il est donc judicieux de suivre de près ce qu’ils font. Cette dernière vient de prendre, en matière de fiscalité sur les successions, une décision qui décoiffe : elle met les taux de succession à… zéro ! Le soudain allongement de la durée de vie provoque toute une série de changements, le financement de la retraite est le premier qui vient à l’esprit, mais il est loin d’être le seul. Deux autres phénomènes s’observent en ce moment. Le premier : une bonne moitié des retraités restent actifs, aux Etats-Unis, on les appelle les « Perennials ». Cette population est le pilier opérationnel et financier de la sphère bénévole, celle-ci représente 17 millions de personnes en France, activité considérable qui rend des services importants dans les domaines sociaux, culturels, sportifs et éducatifs. Elle est en croissance et va demander de gros investissements. Deuxième effet du vieillissement, lui aussi totalement imprévu, les héritiers ne sont plus des trentenaires mais des jeunes… retraités ! Au vu des changements décrits ci-dessus, il serait judicieux de bien réfléchir à la fiscalité des successions et des donations. Ce sont les petits-enfants, voire les arrière-petits-enfants et non plus les enfants qu’il faut aujourd’hui aider. Il faut donc revoir les taux. Il est tout aussi important d’encourager le financement des fondations qui servent l’intérêt général. Certaines agissent sur le même terrain que la sphère publique, elles peuvent très efficacement la soulager, voire s’y substituer. Cela permettrait de substantielles économies budgétaires et faciliterait des baisses d’impôt.

Nous détenons en France le record du monde des droits de succession, certains voudraient encore les augmenter. En mettant les taux de l’impôt sur les successions à zéro, la Suède a pris une position claire, celle de laisser l’argent circuler dans la sphère privée en donnant la main aux personnes elles-mêmes. Message à méditer, puisqu’il vient d’un pays que nos dirigeants politiques nous ont toujours donné en exemple.

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Des chiffres et des faits Chronique aux Echos

2 Oct

Les Français aiment les idées, pas les chiffres. Eh bien arrêtons-nous sur ceux du commerce extérieur, qui viennent de sortir. Côté marchandises, ils sont négatifs : -50 milliards d’euros. Normal, notre terreau n’est pas favorable aux producteurs. Comment voulez-vous faire avec une sphère publique à 57 % du PIB, dont les coûts rentrent dans les prix de revient, quand celle de notre voisin et principal concurrent, l’Allemagne, est à 43 % ?

Dans le domaine des services, c’est mieux, un excédent de 25 milliards. C’est le dynamisme de la profession qui booste le tourisme, bien aidé par le capital historique accumulé par nos ancêtres depuis des siècles.

Là où les choses deviennent intéressantes, c’est avec le niveau des dividendes versés au siège par les filiales étrangères de nos affaires françaises : +25 milliards. Le mot dividende hérisse le poil de nos compatriotes, sauf que dans ce cas il s’agit de dividendes internes aux groupes, qui servent à financer la recherche et les effectifs des sièges ici en France.

Au total le système est en équilibre, une performance dont on ne parle pas assez. Il faut expliquer à nos compatriotes qu’en montant des usines à l’étranger, ce qui leur est souvent reproché, les chefs d’entreprise ne font rien d’autre que défendre leurs entreprises, leurs clients, leurs employés et leurs actionnaires. Ajoutons que grâce à ce mouvement notre système industriel est peut-être, par son assise décentralisée, en train de devenir plus résilient que d’autres modèles fondés sur l’exportation. Ça permettra de résister aux guerres commerciales qui s’annoncent. On peut, au passage, donner un grand coup de chapeau à nos expatriés et à leurs familles qui ont contribué à créer et à faire vivre un réseau dont l’efficacité est en train de faire ses preuves. On fustige les dividendes et les délocalisations par manque de compréhension de l’économie. On devrait plutôt féliciter le bon petit cheval « entreprise française » qui ne s’en tire pas si mal alors qu’il porte un jockey bien trop lourd, et expliquer à nos gouvernants qu’avec des dépenses publiques dans la moyenne européenne, nos entreprises feraient un véritable tabac !

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Pour réduire la complexité, faites simple ! Chronique aux Echos

27 Sep

Selon Iref Europe, il y aurait, en 2019, en France, 80.169 articles législatifs votés et 233.048 articles réglementaires publiés. Des chiffres considérables, en croissance constante, puisqu’on en a rajouté, rien qu’en 2018, environ 12.500.

Quand on se penche sur les classements par catégorie de cette production, le domaine dans lequel il y a le plus de législation, ce sont les impôts. Et là où ça se développe le plus vite : l’écologie, le commerce et le bâtiment. Le plus grand écart avec la concurrence étrangère : le travail ou la référence en la matière. Le droit du travail suisse contient 100 fois moins de pages que le nôtre, or le chômage y est négatif, si on tient compte des frontaliers.

On évoque toujours les impôts comme freins à l’activité économique, mais il est clair qu’une surproduction administrative freine aussi le dynamisme. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut une fonction publique et des lois, sans quoi la société ne peut fonctionner ; mais un excès de lois – qui est, au passage, un marqueur simple de sureffectifs dans cette partie de la société – finit par ralentir l’économie. Il suffit pour s’en rendre compte de parler avec les industriels et les commerçants.

En cette période de concurrence mondiale entre les pays, la plupart des gouvernements, notamment les allemands et les américains, ne s’y sont pas trompés et sont rentrés dans des programmes de déflation suite au succès des programmes de Cameron.

En dernier ressort, le sujet est ontologique et se résume à la question suivante : quand la société se complexifie, faut-il plus ou moins de directives ? La plupart des grands pays occidentaux choisissent de réduire la complexité pour donner plus de pouvoir au terrain. Le point dur : faire simple, c’est du grand art et peut-être aussi ce qu’il y a de plus difficile !

Retraites : et si les Suisses avaient raison ?

20 Sep
Un sondage (Smartvote) fait en Suisse, le 19 août, révèle que la majorité des candidats à la députation est en faveur d’un recul de l’âge de la retraite à… 67 ans. Impensable ici. Pourtant, s’il y a une chose à expliquer dans cette période de consultation sur la loi retraite, c’est comment peut-on s’en tirer, chez nous, sans bouger significativement l’âge de la retraite ni augmenter la durée de cotisation ?

Surcharge pour les entreprises

Rappelons quelques faits. Quand Mitterrand en 1983 a lancé l’idée de la retraite à 60 ans, il y avait 4 cotisants pour 1 retraité et l’espérance de vie était de 72 ans, soit 12 ans de retraite en moyenne. Aujourd’hui l’espérance de vie est de 84 ans, ce qui fait 22 ans de retraite. Et il n’y a plus que 1,7 cotisant par retraité. En trente-six ans, la durée de retraite a été augmentée de 83 % et le pourcentage de ceux qui cotisent réduit de 57 %. On en a remis une couche avec les 35 heures, qui reviennent à annihiler au moins 4 ans de cotisation. Pour faire simple, le ratio cotisants-retraités a été divisé par cinq. On a certes doublé la part du PIB consacrée aux retraites à 13,8 % (sous Mitterrand le ratio était d’environ 7 %), mais au prix d’une surcharge accrue pour nos entreprises. Il y a aussi eu des gains de productivité, mais la situation n’est absolument pas tenable.

Les Suisses ne consacrent aujourd’hui pour leur retraite que 7,5 % de leur PIB (grâce notamment au recours à la capitalisation), mais, malgré cette marge de manoeuvre, ils préfèrent allonger encore leur durée de travail. On dira : « Ils sont différents ! » Regardons alors nos autres voisins : le départ à la retraite se situe partout entre 65 et 67 ans. Si partir à 67 ans est un argument électoral de l’autre côté de la frontière, est-ce parce que le chocolat qu’ils consomment leur dérègle l’esprit ou parce qu’ils sont, contrairement à nous, humbles devant les faits et capables de se remettre en question ?

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La concurrence, un facteur d’égalité – Chronique aux Echos

17 Sep
Interrogé par des journalistes à la suite de sa défaite de Wimbledon, Roger Federer a eu, sur sa vision de la concurrence, des mots que chacun de nous devrait méditer. « Nos résultats montrent que nous pouvons avoir des carrières incroyables en jouant au même moment tous les trois [Roger Federer, Novak Djokovic, Rafael Nadal, NDLR] ; les gens pensent que nous nous sommes pris des titres, ce qui est sans doute vrai, mais nous sommes également poussés les uns par les autres. Chacun progresse au contact des autres, je pense que nous sommes devenus les joueurs que nous sommes grâce à cette rivalité entre nous. » Ce que dit ce formidable champion, élégant et unanimement reconnu, dépasse très largement le cadre du sport pour s’appliquer à toute activité humaine : l’art ? Pensez à Monet, Renoir et Pissarro. La recherche scientifique ? Pensez à Albert Einstein, Niels Bohr et Max Planck. Les Beatles auraient-ils porté la musique aussi haut sans les Rolling Stones et les Bee Gees ?

L’émulation fait grandir

Ceci est évidemment vrai dans le domaine de l’entreprise. Ce que l’on n’explique pas assez à nos concitoyens, c’est que l’émulation fait grandir. La concurrence est mal vue dans notre pays, où elle évoque l’idée du gros qui écrase le petit. Federer nous rappelle que, quand elle est saine, elle est la meilleure des écoles et que le tuteur le plus efficace est toujours l’adversaire le plus redoutable. La concurrence est une école d’humilité parce qu’elle vous évite de prendre la grosse tête. La concurrence est spontanément généreuse puisqu’en provoquant la baisse des prix elle redonne aux consommateurs les gains de productivité. En s’attaquant aux monopoles, la concurrence est facteur d’égalité. Quand on y réfléchit bien, la concurrence est un autre nom qu’on pourrait donner à la liberté. Le jour où chaque élève, dans nos écoles, aura compris cette idée simple, rendue plus audible quand elle sort de la bouche d’un champion sportif incontesté, notre pays ira probablement beaucoup beaucoup mieux !

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Les entreprises et le bien commun – Chronique aux Échos

15 Sep
Quelques signaux convergents sont peut-être l’annonce que l’attitude des Français par rapport à l’entreprise est en train de changer. En introduction d’un débat sur le don, à l’université d’été du Medef, le secrétaire d’Etat, Gabriel Attal, a déclaré que le monopole de l’intérêt général n’était pas entre les mains de l’Etat, les entreprises pouvant très bien y contribuer. Parallèlement, un certain nombre de grands groupes, entraînés par Emmanuel Faber, le PDG de Danone, réfléchissent à la façon d’adopter des mesures plus inclusives, car les économies de marché doivent évoluer si elles veulent perdurer.

Il est utile d’expliquer pourquoi une entreprise respectueuse des personnes, tout en défendant les intérêts de ses employés et de ses actionnaires, contribue à l’intérêt général. On n’aime pas la concurrence (le fort écrase de faible), on n’aime pas le concept d’intérêt particulier (synonyme d’égoïsme), la fidélité a quelque chose de ringard (forme de captivité). Pourtant, quand on les met ensemble, ils se bonifient entre eux. Quand une entreprise a une relation de long terme avec un fournisseur, alors que chacun des partenaires peut, grâce à la concurrence, cesser la relation à tout moment, c’est bien que les intérêts particuliers du fournisseur et de l’entreprise convergent ; cela est tout aussi vrai pour les employés et les actionnaires.

Rappelons que les grands leaders ont pu atteindre des positions fortes parce qu’ils ont su créer des relations stables. Perdre ses clients empêche de croître, perdre ses employés entraîne des chutes de productivité et l’explosion des coûts de formation, l’instabilité actionnariale interdit d’avoir une stratégie long terme. Autrement dit, la fidélité dans un monde de concurrence permet defaire converger les intérêts particuliers vers ce qu’on ne peut appeler autrement que l’intérêt général.

Les Français vont-ils adopter ces vérités simples qui sont vécues par de nombreuses entreprises ? Le bien ne fait pas de bruit et on a tendance à communiquer en priorité sur ce qui ne marche pas. Le chemin est encore long, mais tout peut arriver. Ce serait une manière de sortir, à la française, du concept de lutte des classes et… une excellente nouvelle !

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La voie de l’Allemagne – Chronique aux Echos

5 Juil
 

La Chambre de commerce franco-allemande organisait la semaine dernière à Paris, au Conseil économique et social, un colloque sur la période des réformes Schröder (2004-2007), en présence de Peter Hartz, leur inspirateur. Trois points forts à retenir. D’abord, le paritarisme. Schröder fut cash en annonçant que « l‘Etat, n’ayant plus d’argent, ne comblerait pas les trous des caisses de santé et de retraite ». Il a ainsi instauré, de facto, un système où les responsabilités étaient claires. Les partenaires sociaux ont assumé. Ils ont repoussé l‘âge de la retraite (de 62 à 65 ans) et introduit des franchises dans les remboursements des dépenses de santé. Ces deux mesures ont rapidement remis d’équerre les comptes des deux caisses. Ensuite, le marché du travail. L‘idée maîtresse fut le concept de « solidarité exigeante ». Schröder a réaffirmé le caractère solidaire du système social en rappelant que les difficultés financières introduisaient un devoir pour chacun de respecter l‘argent public. Il a expliqué qu’il valait mieux un job pas tout à fait satisfaisant que l‘horreur du chômage. Les Allemands ont donc accepté une refonte des contrats de temps partiel (qui explosaient du fait de l‘évolution de l‘économie), avec l‘idée de mettre à tout prix les gens dans le système. Succès considérable avec 7,2 millions de contrats (que nous avons qualifiés ici de « mini-jobs » avec une coupable désinvolture), sachant qu’au bout du compte 3 millions de personnes en ont eu deux. Cette politique a eu rapidement raison du chômage. Enfin, la maîtrise des dépenses publiques. Michel Didier, président de Rexecode, a rappelé que notre sphère publique coûte actuellement 280 milliards d’euros de plus que sa consoeur allemande (un surcoût de 20 % au moins) pour un service qui n’est pas inférieur. En ramenant son coût de 57 % (niveau allemand en 2004) à 44 % du PIB, en grande partie grâce aux réformes Hartz, la croissance de l‘économie allemande a été relevée dans des proportions considérables, avec un retour à l‘équilibre des comptes public et une baisse de la dette à 60 % du PIB (nous sommes à 100 %). Apprenons de nos voisins, c’est aussi cela l‘Europe. Ne cultivons pas l‘art de mettre de jolis mots sur les problèmes, et surtout cessons de fustiger les excédents allemands ! Ceux-ci sont le fruit d’un énorme effort, qu’il faut saluer, et surtout l‘indication de la voie à suivre.

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