Archive | juin, 2015

Sphère publique 2.0 – Chronique aux Échos

26 Juin

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Je félicitais mon chauffeur de taxi pour le dernier système G7 de réservation par téléphone. Il en était ravi et me répondit que, sans l’arrivée d’Uber sur le marché, sa société n’aurait pas réalisé une application aussi efficace ! Travis Kalanick (Uber) et Frédéric Mazzella (BlaBlaCar) perturbent, mais font avancer tout le monde. Osons le dire : la concurrence stimule l’initiative, contrôle les intérêts particuliers, les bonifie et les oriente vers l’intérêt général.

Jusqu’ici les systèmes Web n’ont que peu pénétré la sphère publique ; à cet égard, il faut suivre et encourager l’initiative de Julie de Pimodan avec Fluicity. Cette plate-forme collaborative, couronnée par le MIT comme une des initiatives Web les plus puissantes de l’année, est destinée aux maires. Fluicity leur permet d’informer les citoyens sur les initiatives et les problèmes rencontrés par la ville ; elle donne également le moyen aux habitants de signaler leurs difficultés concrètes et de collecter leurs idées d’amélioration ; elle mettra la puissance du Big Data au service des décisions.

On peut prévoir, quand on observe l’Amérique du Nord, que cette plate-forme abritera un jour des systèmes d’échange de services locaux, voire même un système de référendum municipal spontané, organisé au niveau de la ville sur les budgets et les décisions clefs, (certains cantons suisses commencent à le mettre en place).

La technologie va donner des outils facilitant la nécessaire réforme de notre sphère publique.

Entrepreneurs et maires sont les piliers de la société, ce sont eux qu’il faut aider. Nos champions du Web ont jusqu’ici mis leur talent au service des premiers ; qu’ils réfléchissent à ce qu’ils peuvent faire pour la sphère publique, ils oeuvreront pour l’intérêt général de notre pays.

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Le CJD Bordeaux valorise l’entrepreneuriat – LA TRIBUNE

24 Juin

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La garden party du Centre des jeunes dirigeants (CJD) Bordeaux a attiré la foule hier soir au Rocher de Palmer, à Cenon. Les débats, passionnés, ont tourné autour de l’envie d’entreprendre et de l’image du patron avec quatre intervenants de qualité, aux parcours radicalement différents mais partageant une envie similaire d’aller de l’avant en faisant bouger les lignes. Morceaux choisis.

Une première garden party dans les jardins du Rocher de Palmer, deux heures de conférence spectacle puis une seconde garden party une fois la nuit tombée. Le CJD a opté pour un format original, hier soir, remplissant la célèbre salle de concert de Cenon. A l’animation, bonne pioche : l’humoriste Calixte de Nigremont, maître de cérémonie maniant l’humour avec adresse, cabotine à merveille. Sur scène, quatre orateurs se sont succédé, leurs propos étant « résumés » par les interventions brillantes de la BIP, la ligue d’improvisation professionnelle de Bordeaux.

Grand témoin de la soirée, Xavier Fontanet a déroulé un parcours professionnel extrêmement dense. Aujourd’hui vice-président du Boston Consulting Group, membre du conseil d’administration de L’Oréal et de Schneider Electric, il est longuement revenu sur les enseignements tirés du temps où il était le PDG d’Essilor (70.000 emplois). Sus au french bashing : on ne le dit pas assez mais dans le classement mondial des 100 entreprises à la plus forte croissance, mais observées sur de longues périodes, la France place 11 représentants. Non, l’Hexagone n’est pas allergique à la mondialisation et à l’expansion internationale de ses pépites : « Tout part d’une graine locale, d’une petite idée que vous universalisez », affirme Xavier Fontanet. Rompu à l’hyper-croissance, lui qui a piloté des entreprises qui ont pour la plupart centuplé de taille, il donne sa clé du succès :

« Créer de la confiance. Confiance en soi d’abord, sur le fil entre la flagellation et l’arrogance. Confiance en les autres, ensuite : dans l’entreprise, les loups solitaires, ça ne marche pas. Le troisième point, c’est adopter la bonne stratégie et dire la vérité. » Pour Xavier Fontanet, il faut récompenser ceux qui réussissent. « Et quand ça rate, il ne faut pas casser les gens. L’échec doit être un élément d’apprentissage, qui passe par une responsabilisation des employés. »

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Xavier Fontanet, grand témoin de cette soirée (crédit Agence Appa / Anael Barrière)

Xavier Fontanet a été rejoint, le temps du débat, par trois autres intervenants. Julien Leclercq, directeur de l’agence Com’Presse (48 salariés, 4 M€ de CA) à Astaffort (47), est aussi connu sous le sobriquet de « Salaud de patron », du nom du livre qu’il a écrit. Revenant sur la crise, qui a fait perdre 1 M€ de CA entre août et novembre 2008, il a expliqué à l’auditoire comment le sauvetage de l’entreprise s’était opéré. Ses mensonges aux établissements de crédit à la consommation, à qui il annonçait vouloir partir en voyage de noce alors qu’il cherchait à collecter 250.000 € pour sauver sa boîte, ont fini par payer… Un sauvetage qui est aussi passé par des sacrifices de tous. « J’ai mis à contribution les salariés, qui ont accepté de baisser leur salaire de 15 %. L’entreprise a été sauvée », a témoigné le jeune dirigeant, pour qui « ce n’est pas les patrons contre les salariés. Il faut casser la lutte des classes. »

Apporter un autre regard

Insistant sur l’importance de « montrer des success story », notamment aux jeunes, et qu’ « on peut réussir, et ce n’est pas sale », Virginie Calmels a évoqué « la césure séparant le monde politique et le monde économique, qui se regardent souvent en chiens de faïence alors qu’ils poursuivent les mêmes buts d’intérêt public, l’emploi et la croissance ». Adjointe au maire de Bordeaux en charge de l’Economie, de l’Emploi et de la Croissance durable, mais aussi présidente du conseil de surveillance d’Eurodisney, l’ex-DG d’Endemol a plaidé pour que davantage de personnes issues de la sphère privée s’impliquent en politique, évoquant le groupe Michelin qui favorise cet aspect. Des novices de la chose publique susceptibles d’apporter « un autre regard sur la gestion, sur le management, sur le pilotage des projets… » Inversement, elle pousse pour « des périodes obligatoires dans les PME pour ceux qui sortent de l’ENA en début de carrière ». Cette incompréhension entre le politique et l’entreprise, Julien Leclercq en fait part, citant en exemple son député lot-et-garonnais, qu’il apprécie malgré tout :

« Je lui ai dit que je ne comprenais rien à ce qu’il faisait. Il m’a dit qu’il ne comprenait pas ce que moi je faisais. Ok, mais moi je ne fais pas des lois qui vont régir sa vie. »

De l’autre côté de la barrière

Déplorant, comme les autres acteurs présents, « la vision caricaturale » qu’a la presse économique des patrons et de l’entrepreneuriat, Virginie Calmels a souligné qu’il est « très difficile de changer les mentalités. Si le monde politique et le monde médiatique ne changent pas, ça prendra énormément de temps. »

Virginie Calmels au CJD Bordeaux

Virginie Calmels a plaidé pour davantage de nouveaux venus issus de la sphère privée dans le jeu politique (crédit Anael Barrière)

Alain Tesson, lui, a fait part de sa trajectoire atypique, qu’il considère pourtant comme « allant de soi ». Commercial dans l’automobile, il a parallèlement grimpé les échelons syndicaux jusqu’au poste de n°2 de sa branche au sein de Force ouvrière. En 2010, il bascule « de l’autre côté de la barrière » en rachetant, à 54 ans, une concession Renault au Taillan-Médoc (33). L’ancien syndicaliste et devenu patron, « une suite logique » pour lui qui raconte avoir vécu une de ses plus belles émotions au moment où il a embauché quelqu’un pour la première fois.

Le consensus est clair entre les 4 intervenants sur plusieurs points : l’attachement des Français à leur entreprise, la capacité à créer en France, mais aussi l’image relativement médiocre qu’ont les patrons, « la démagogie qui veut que les gens soient compétents sur tout mais payés trois francs six sous ».

Le mot de la fin, volontariste, est revenu à la présidente du CJD Bordeaux, Odile Candessanche, patronne de Tourism & City Tours, citant Albert Guinon : « Les passionnés soulèvent le monde, les sceptiques le laissent tomber ».

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De l’uniformité à l’expérimentation – Chronique des Échos

18 Juin

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La complexité des contrats proposés en France et le niveau des charges sociales bloquent le marché du travail et asphyxient nos entreprises. Le chômage qui en résulte fait surtout souffrir les jeunes, sans qu’on voie clairement le bout du tunnel.

Il y aurait une façon simple de faire respirer le système si l’on était prêt pour segmenter le marché : chaque jeune pourrait opter, sans obligation, pour un nouveau « package » social personnel, associant contrat de travail et système de retraite.

Le nouveau contrat de travail serait un CDI à temps variable, similaire à celui de Volkswagen, avec bornes (minimum 4 fois 7 heures par semaine, maximum 5 fois 8 heures). Il serait assorti de conditions claires et simplifiées concernant la séparation, liées à la durée dans l’entreprise, et d’un intéressement musclé aux résultats. Ce contrat imposerait certes de la flexibilité – utile pour l’entreprise – mais la récompenserait largement. Ce serait une façon de sortir par le haut des 35 heures.

Pour sa retraite, le jeune adopterait un système par capitalisation, osons dire les choses ! La capitalisation coûtant beaucoup moins cher que la répartition (environ 7,5 % du salaire, au lieu de 24 %), ceux qui opteraient pour le nouveau système verraient leurs impôts, ainsi que les charges sur leur salaire, réduits pour tenir compte des économies que feraient les entreprises, l’Etat et le système social. En revanche, la couverture retraite deviendrait leur responsabilité, comme cela se fait dans beaucoup de pays.

On pourrait tester le système sur une centaine d’entreprises qui se porteraient volontaires pour évaluer le succès de ce nouveau « package », exactement comme on teste un nouveau produit. Si les résultats se révèlent positifs au bout de trois ans, on le déploierait. Le dogme de l’uniformité est en train de tuer le pays. Place à l’expérimentation, au choix et à la diversité !

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021140668948-de-luniformite-a-lexperimentation-1129378.php?u1JSqSXZVcf66MF0.99

La clé du management, c’est la curiosité – Henri de Castries, AXA

18 Juin

Tendance Le PDG d’AXA est friand de management et d’initiatives combinant efficacité économique et sociale. A ce titre, il préside Les Espoirs du management, qui, chaque année, donnent aux dirigeants du grain à moudre.

Une fois n’est pas coutume, c’est un ministre du Travail qui suscita cette fertilisation croisée entre petites et grandes entreprises. « Souhaitant favoriser les échanges entre des univers opposés à tort, Gérard Larcher a souhaité les rassembler autour de managers exemplaires et d’initiatives inspirantes », rappelle Charles Van Haecke, fondateur de CVH Conseil, organisateur des Espoirs du management depuis lors. Ambitieux, ce dessein a vite trouvé un écho auprès des dirigeants dont Henri de Castries, le PDG d’AXA, qui, depuis 2007, préside le jury avec appétit.

« L’essence de mon métier de dirigeant, c’est la recherche d’idées neuves. La clef du management, c’est la curiosité. Or, les entreprises moyennes foisonnent de trouvailles inexploitées », s’enthousiasme le dirigeant qui sillonne le monde trois mois par an, en quête d’observateurs et d’observatoires du champ de bataille économique.

Doser la vitesse de transformation

Le semaine dernière, il se trouvait à Shanghai, où il avait convié les 170 cadres dirigeants d’AXA pour un séminaire stratégique. En Asie, il fréquente les universitaires, les chercheurs et les start-up pour débusquer les modèles performants. Il s’agit là d’une quête incessante d’autres réflexes pour celui qui se revendique « transformateur ». « Chaque jour, les écoliers chinois travaillent deux heures de plus que les nôtres. Imaginons la somme de savoirs capitalisés… Quel avantage à long terme ! », s’étonne le Français venu s’inspirer des qualités d’adaptation des dirigeants chinois. Pour preuve, il cite la décision récente du doyen de la Tsinghua University School of Economics and Management, qui, à la demande du Premier ministre, vient de transférer la moitié de son cursus en langue anglaise : « Aucun tabou ne brise l’élan. Ici, le village mondial se concrétise. La connaissance est mise à la disposition de l’entreprise. » Une allusion fine aux freins du changement en France, notamment en matière d’apprentissage des langues.

Selon ce dirigeant, issu d’une lignée de militaires, la qualité de dirigeant est bien de doser la vitesse de transformation. « Dans ce siècle, nul ne pourra réussir sans embarquer l’adhésion des collaborateurs tout en intégrant la mutation numérique.Le téléphone puis l’ordinateur avaient bouleversé les modes d’interaction, le basculement numérique entraîne une rupture plus franche. Le manager n’est plus le sachant. Sa responsabilité n’est plus de dominer mais d’éclairer, compte tenu des vecteurs de mise en relation fulgurants que sont Facebook et Twitter », développe-t-il, citant l’initiative d’Atos comme une démarche avant-gardiste pour l’organisation du travail (lire ci-dessous).

Autre approche qui l’a aiguillé, celle de Teletech International, un call center dont la conception du travail, dans un open space convivial, a inspiré les centres d’appels d’AXA. « Envisagée comme un travail à la chaîne, cause de frustration et de démobilisation, la tâche d’opérateur a été revisitée par le patron, Emmanuel Mignot, en assignant un rôle de conseil. » Répercussion de cette approche managériale : un taux de turnover minimal, jamais vu dans les call centers, et une émulation des troupes, investies dans le « bien-faire ».

Des idées disruptives contre l’ennui

Autre belle rencontre, provoquée il y a cinq ans par les Espoirs du management, celle de Xavier Fontanet, alors président d’Essilor, et de Yacine Djaziri, fondateur d’Azro, un acteur solidaire du BTP qui initie, forme et réinsère des publics en difficulté – dont des ex-détenus. « Séduit, Xavier Fontanet a proposé au jeune créateur des cours de stratégie pour l’aider à grandir, lequel en retour lui a ouvert les coulisses de son art du management », relate Charles Van Haecke. En 2011, c’est Emery Jacquillat qui vole la lumière pour son projet d’artiste en résidence. A la suite de l’absorption de la Camif en 2009, le dirigeant de Matelsom a fait appel à Anne-Laure Maison. Objectifs ? Réenchanter l’open space et créer une culture managériale commune. « Cette artiste a relié les collaborateurs physiquement entre eux par un gros ruban adhésif rose au sol, provoquant l’étonnement, le rire puis le plaisir de se parler au lieu d’échanger par mail à deux mètres d’intervalle », relate Emery Jacquillat.

Sans idées disruptives, la vie serait ennuyeuse, insiste Henri de Castries, soucieux de montrer qu’il reste, en France, des espaces d’innovation, et que le dirigeant volontaire n’est pas contraint de « jouer le hamster qui tourne dans sa roue », l’une de ses expressions favorites

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Des idées disruptives contre l’ennui – Les Échos business

16 Juin

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Chronique aux Echos – L’échec de l’éducation

11 Juin
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Comment peut-on expliquer qu’en cette période de fort chômage, il y ait encore tant d’offres insatisfaites ? L’une des raisons est que le pays paie les erreurs de la petite minorité qui a la main sur les programmes éducatifs. Trop de dirigeants de l’Education nationale continuent de penser : « Pas question de fournir des bataillons d’élèves aux méchants capitalistes qui dirigent les entreprises. »

Ce raisonnement a amené un surinvestissement dans les filières sociologie, psychologie ou littérature, emmenant les jeunes par wagons au chômage. L’échec de l’apprentissage n’est pas à chercher ailleurs. On oriente les enfants dans les filières techniques après qu’ils ont échoué dans des filières jugées (à tort) plus prestigieuses. Pour remettre les choses sur pied, il faut commencer par restaurer dans leur dignité les métiers techniques. Pour cela, on pourrait suggérer d’envoyer à l’étranger nos décideurs de l’Education nationale. Ils découvriraient que, au Japon, un grand artisan peintre sur céramique est aussi bien considéré qu’un banquier ou un haut fonctionnaire.

Aussi longtemps qu’on ne comprendra pas qu’un process industriel permettant d’augmenter une qualité ou de baisser un coût a plus de valeur qu’une analyse sociologique mal conçue, les choses n’avanceront pas. Pour débloquer le système, expérimentons, régionalisons l’éducation publique, faisons confiance aux enseignants de terrain pour concevoir eux-mêmes les programmes et gérer des diplômes locaux. Concédons aux entrepreneurs l’enseignement des disciplines relevant de la microéconomie. Abandonnons le dogme de l’infaillibilité ministérielle, mettons au rebut nos réflexes centralisateurs et colbertistes. Recourons à l’essai, apprenons à arrêter ce qui échoue et déployons ce qui marche.

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Conférence du 30 mai

11 Juin

à Orléans, dans le cadre Orléans Grand Campus : de la Recherche à l’Innovation

Voici le texte résumé de ce qui s’est dit :

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