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Pistes de croissance – Chronique aux Echos

11 Oct

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On a assez peu parlé du récent congrès de l’Association des domaines skiables de France, qui regroupe l’ensemble des sociétés de remontées mécaniques, parce qu’il s’agit d’une « petite » profession de 17.000 personnes. Cette profession est pourtant un atout majeur pour notre pays, parce qu’elle tire l’industrie du ski, contributeur significatif à notre balance commerciale. Voilà encore un leader mondial français méconnu. Tout n’est pourtant pas facile ; le marché est plat depuis une dizaine d’années, en partie parce que les classes de neige, moyen par excellence de développement du marché, ont été abandonnées sous l’avalanche de normes de sécurité qu’on leur a imposées. Ce n’est pas facile, parce que nous avons deux redoutables concurrents, les Américains et les Autrichiens, dont les qualités d’accueil et de service sont proverbiales. Autres atouts autrichiens, leurs écoles mettent tous les enfants sur des skis et leurs écologistes ont compris que la neige de culture n’était pas une atteinte à l’environnement. La France a une carte splendide à jouer : elle dispose, grâce à son système de concession, des plus puissantes sociétés des remontées mécaniques au monde. La Chine se met au ski et va, à elle seule, redynamiser l’ensemble du marché. Il faut aider ces entreprises de remontées à conquérir le monde, car elles seront des promoteurs efficaces de nos propres stations. Ce métier est très lourd en capital, et une rentabilité décente suppose des marges confortables. Tout cela demande donc de la sagesse à notre sphère publique qui ne doit voir dans cette profession, en cette période où elle cherche l’argent par tous les moyens, une vache à lait qu’elle peut traire. Il faut au contraire qu’elle laisse ces sociétés réinvestir et leur simplifie la vie en les protégeant de la prolifération de normes en tous genres dont notre pays a le secret. Voilà encore une occasion de démontrer notre talent à nous, Français, et d’aller vers la prospérité que nous méritons tous.

Un nouveau modèle pour les données. Chronique aux Echos

5 Oct
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Les ratés de Facebook et le problème des fake news ne sont qu’un avant-goût de ce qui peut arriver tant que la gouvernance de l’utilisation des données n’est pas assez encadrée. Voilà une opportunité pour l’Europe de rattraper son retard dans le numérique. En ce qui concerne Internet, nos gouvernants européens ont une stratégie essentiellement fiscale. Ils ne prennent pas le problème à sa racine. Le modèle « tu me donnes tes données, je te donne mes applis » s’apparente à un troc gigantesque : si l’on prend l’exemple de Google, chaque client (il y en a 1 milliard) apporte aux actionnaires en moyenne 750 euros. Est-ce juste quand cela se produit à une telle échelle, et que cela permet de remonter les profits au niveau mondial pour les allouer là où l’on veut ?

En imposant que, sur le sol européen, chacun vende ses données et achète ses applis, on pourrait faire d’une pierre trois coups.

Premièrement, les clients européens (le quart de ceux de Google) ont permis de créer 250 milliards de valeur et Google n’est qu’un des acteurs concernés. Vu les masses en jeu, remonétiser le contrat de départ rapportera beaucoup plus que l’éventuelle taxation des profits localisés ailleurs. Deuxièmement, le contrôle des fake news sera facilité, puisque derrière chaque e-mail il y aura une personne ou une organisation qui devra montrer patte blanche. Troisièmement, il y a enfin une vraie segmentation stratégique à proposer aux internautes, avec un nouveau modèle : « je vends mon appli, mais je ne touche pas à vos données ». Ce serait une vraie opportunité pour de nouvelles start-up qui attireront des cerveaux américains et chinois en leur donnant une partie du capital de ces nouvelles entreprises. On pourrait même imaginer qu’elles donnent des stock-options aux premiers clients ! Si elles démarrent bien en Europe, elles prospecteront à leur tour en Chine et aux Etats-Unis, car il y a fort à parier qu’il va être de plus en plus difficile de contrôler correctement le traitement des données. En affaires, les carottes ne sont jamais cuites !

L’Etat marche sur la dette ! Chronique aux Echos

21 Sep
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L’Etat reprend la dette de la SNCF. Soit. Mais le sujet mérite une explication. Il y a, certes, eu négociation et réforme, mais les Français ne peuvent s’empêcher de penser qu’on a cédé et que nos cheminots s’en tirent drôlement bien parce qu’ils ont leur part dans la montée de la dette. Au bout du compte, c’est chaque Français qu’on aura endetté de force.

L’Insee vient de faire les comptes : comme il fallait s’y attendre, la dette de l’Etat grimpe encore cette année et frôle les 100 % du PIB. Raisonnons comme si l’Etat était une entreprise : par rapport aux recettes des administrations publiques, soit 1.232,8 milliards (et non par rapport au PIB), la perte représente 5 % (au lieu de 3 %) et cette situation dure depuis la mort du regretté Pompidou.

Avec de telles pertes, la situation nette de l’ensemble des administrations publiques ne peut être brillante : effectivement, la situation nette très négative de l’Etat est compensée par celle positive des collectivités locales. Au total, la différence entre l’actif et le passif est de 209,4 milliards en 2017, une somme quasiment nulle à l’échelle du pays et qui diminue.

Ceci ne tient pas compte des passifs hors bilan (engagements de retraites des fonctionnaires de 2.212 milliards, garantie de protection de l’épargne de 420 et quelques autres passifs rappelés dans le Compte général de l’Etat de 2017). Si on comptabilise bien, il y a donc un gros trou. Il est donc dommage que la reprise de la dette de la SNCF se soit faite en catimini. Chaque Français doit comprendre que, aujourd’hui, l’Etat n’a plus un sou vaillant. L’expérience de nos voisins a montré que les vraies réformes passent quand le peuple a compris que la situation financière était grave et que l’argent ne tombera plus du ciel.

L’Etat ne se gère pas comme une entreprise, mais l’histoire démontre qu’une dette est une dette et que les cigales finissent toujours par passer à la caisse.

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Des champions de moins en moins français – Chronique aux Echos

6 Sep
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Une étude de l’Institut français de gouvernement des entreprises s’est intéressée à l’évolution sur dix années de la part française des effectifs, du chiffre d’affaires et du capital de 85 de nos plus grandes entreprises – leur valeur ajoutée cumulée représentant environ un tiers de notre PIB.

Le résultat mérite d’être médité. Les pourcentages ont évolué entre 2005 et 2015 de 40 à 30 % pour les effectifs, de 34 à 25 % pour le chiffre d’affaires et de 76 à 56 % pour le capital. Ca en dit long sur la vitesse à laquelle les entreprises se mondialisent, surtout quand on sait que les têtes de liste ont aujourd’hui moins de 10 % de leur activité en France.

Excellente nouvelle démontrant que nos grandes entreprises tiennent la route dans la concurrence mondiale. Indication également très importante, car ce qui est vrai pour nous l’est aussi pour les autres, les entreprises ayant leurs sièges sociaux chez nos voisins pouvant décider d’offrir du travail, ici, chez nous.

Ces constatations simples devraient transformer l’idée qu’on se fait des politiques publiques et sociales. A l’évidence, la stratégie d’une sphère publique ne consiste plus à « stimuler son économie » par la dépense publique. Il s’agit d’attirer, par son image d’excellent gestionnaire public, les emplois que créent les entreprises.

L’Etat doit se reconcentrer sur le domaine régalien, veiller à ne pas étouffer le dynamisme régional, juguler l’inflation des règlements et s’assurer que ses coûts ne dépassent pas ceux de ses voisins. Nos syndicats ont à redorer une image de marque gravement dégradée par les grèves intempestives dans des entreprises emblématiques du pays.

Les entreprises n’investiront désormais que là où l’on est « business friendly ». Nos voisins scandinaves, anglais, hollandais, suisses et allemands, avec leur chômage largement moitié du nôtre (quasiment le plein-emploi) réussissent très bien à ce petit jeu. Ils n’ont pas l’air malheureux pour autant… Eh bien inspirons-nous un peu plus de leur approche !

 

 

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La meilleure façon de construire l’Europe – Chronique aux Echos

6 Juil

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Simone Veil, grande Européenne, aurait approuvé le général de Gaulle quand ce dernier disait : « La meilleure façon de construire l’Europe, c’est que les Européens bâtissent ensemble hors d’Europe ! » Pour les entrepreneurs, cela veut dire créer des groupes européens capables de concurrencer les meilleurs mondiaux (au passage une jolie réponse à Trump !) Chacun de nous sait bien que l’une des clefs de la construction européenne est le rapprochement franco-allemand. On n’a pas prêté assez attention aux rapides progrès réalisés dans cette direction depuis un an car, à l’échelle du temps long, beaucoup de mouvements se sont effectués entre les entreprises françaises et allemandes.

Alstom et Siemens ont rapproché leurs divisions transport avec une prééminence allemande. Peugeot vient de racheter Opel. Parlant d’Air France, la piste évoquée dans les journaux est celle d’un adossement à un groupe d’hôtellerie. Soit. Mais il est toujours sain d’envisager plusieurs hypothèses, et le rapprochement d’Air France-KLM avec Lufthansa, fût-il sous la tutelle allemande, constituerait l’un des plus grands groupes mondiaux. Il serait capable d’acheter des sociétés comme easyJet dans la foulée et pourrait briguer le leadership dans le marché en très forte croissance des low cost. Il serait de taille à concurrencer Emirates dans le long-courrier par l’addition des réseaux actuels. Nous avons, avec Airbus, une preuve de succès dans un autre grand métier mondial. Cela suppose que les syndicats français redorent leur image auprès de leurs collègues allemands – et néerlandais ! – par un comportement désormais exemplaire.

Soufflons-leur un conseil : la concurrence mondiale va être dure et le meilleur service à rendre aux employés n’est pas de jouer le rapport de force à court terme en local avec le patron, c’est de l’aider à construire, par des rapprochements, une entreprise qui tiendra sur la durée face aux plus grands mondiaux. La majorité des Français et des clients de la compagnie en est persuadée

Les créateurs et les exécuteurs

29 Juin

1024px-les_echos_logo-svgForbes vient de sortir son classement annuel des 100 entreprises les plus innovantes. Sans surprise, 52 américaines, 25 asiatiques, 21 européennes, pas si mal pour l’Europe. Quand on décortique l’Europe, la France place 5 entreprises (Hermès 29e, Dassault Systèmes 48e, Essilor 52e, Sodexo 72e, L’Oréal 94e), le Royaume-Uni 5, le Benelux 6, les autres 6.

Pas si mal pour la France, qui représente 4 % du PIB mondial. Surprise par contre pour l’Allemagne, poumon industriel de l’Europe, seul pays occidental équilibrant ses comptes avec la Chine, qui ne place pas d’entreprise dans ce classement.

N’en tirons pas de conclusion hâtive. Insistons plutôt sur ce que la France et l’Allemagne peuvent s’apporter. Lorsqu’on met ensemble la capacité créative française et la puissance d’exécution des Allemands (comme on l’a fait avec Airbus), le cocktail est détonant. Plus facile à dire qu’à faire !

La créativité et la capacité à réaliser sont des talents contradictoires et difficiles à faire coexister : créer, c’est sortir des règles et des sentiers battus, bien exécuter, c’est savoir tenir une ligne avec discipline et rigueur.

Pourtant, faire travailler ensemble ces talents opposés est le secret des grandes réussites. Cette alliance entre la France et l’Allemagne est essentielle pour que l’Europe se fasse et soit forte face aux Américains et aux Asiatiques. Elle demande des efforts réciproques. Les Allemands doivent passer sur nos défauts pour bénéficier de nos qualités. Les Français doivent comprendre que les discours ne suffisent pas et qu’ils ne seront crédibles auprès des Allemands que lorsqu’ils seront passés par la case réforme et quand leurs comptes publics seront présentables.

Les Français sont capables de grandes choses, mais il leur faut de grands desseins. S’ils comprennent que leur propre réforme est une pierre angulaire de la construction européenne et que celle-ci peut peser sur le monde, il est alors possible qu’ils s’y mettent enfin !

Solidarité exigeante – chronique aux Echos

22 Juin

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De nombreux entrepreneurs repoussent actuellement des chantierscar ils n’arrivent pas à recruter. On nous explique que c’est un problème « d’adéquation de l’offre à la demande », il n’empêche qu’ils s’entendent souvent dire : « Je veux bien retravailler mais il faut que j’y gagne par rapport au chômage ! » Ou encore : « d’accord mais j’attends la fin de mes indemnités ! »

La solidarité c’est le fondement de notre société, elle est donc sacrée mais, pour qu’elle soit durable, il faut qu’elle suscite des comportements responsables.

D’un point de vue plus général, il ne faut pas non plus qu’elle pénalise le coût des entreprises, en concurrence avec leurs collègues étrangères. Avec 32 % de part de PIB consacrés à la sphère sociale, nous sommes au top mondial en termes de coûts pour un service rendu inférieur à ce qu’on trouve dans des pays comme l’Allemagne ou cette part est de 24 %. Ce surcoût explique en partie les déficits commerciaux (l’Allemagne a une balance commerciale excédentaire de 8 % du PIB, celle de la France est déficitaire de 1,7 %). Le potentiel des entreprises, c’est-à-dire la base sur laquelle s’appuient les cotisations, s’en trouve mécaniquement réduit !

Fiscalité au taquet, Etat aux limites de l’endettement, entreprises fragilisées… Il faut baisser ces dépenses. pour bien le faire, une prise de conscience s’impose. Chacun doit comprendre : un, qu’il n’y a plus de sou ; deux, que l’argent ne tombe pas du ciel ; trois, qu’en face de chaque droit il faut mettre un devoir !

Plutôt que proclamer « la France fait le choix d’un chômage bien rémunéré ! », il faut dire « mieux vaux un job pas tout à fait satisfaisant que l’horreur d’un chômage même bien payé à la maison ».

La situation ne sera pas idéale, mais au moins les gens seront socialisés. Pas question de remettre en cause le principe de solidarité, mais en ces temps difficiles elle doit faire appel au sens de la responsabilité de chacun et, osons le dire, contenir une dose certaine d’exigence.

 

Des promesses sous les mers – Chronique aux Echos

14 Juin

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Pour se faire entendre aujourd’hui, il faut soit être gros comme la Chine et l’Amérique, soit, si on est petit, être performant économiquement comme la Suisse ou Singapour. Reconnaissons que nous sommes ni l’un ni l’autre, et que le meilleur moyen de se faire entendre est de s’être réformé.

Il est pourtant un terrain où la France peut jouer un rôle important, celui des terres rares. Elles sont en pleine explosion avec la révolution énergétique qui crée une forte demande pour ces minéraux utilisés dans les moteurs électriques, les batteries ou les alternateurs d’éoliennes. Les fans des nouvelles énergies sont très silencieux sur les dégâts que crée, chez les producteurs, l’extraction de ces minerais.

Autre réalité, qui n’est pas un détail, 60 % du marché est aujourd’hui entre les mains des Chinois. Ne nous faisons aucune illusion, ceux-ci, qui ont le sens du long terme, mènent depuis vingt-cinq ans une stratégie très judicieuse tout en payant le prix de grands dommages écologiques dans certaines de leurs régions.

La France a en main une carte maîtresse dont on ne parle pas assez : les nodules polymétalliques, déposés à 6.000 mètres de profondeur, qui ont pour propriété de concentrer ces métaux précieux. La France détient en effet le deuxième territoire maritime mondial qui en recèle d’énormes quantités. Elle pourrait faire d’une pierre trois coups : créer une industrie nouvelle, soulager les douleurs de la terre et d’un grand nombre d’habitants, peser dans le jeu qui s’annonce. Elle dispose, avec Total et Bourbon, de deux entreprises sachant travailler dans les grandes profondeurs ; sans compter ses armements de pêche capable de concevoir les méthodes de chalutage adéquates et le BRGM.

Le génie français est adapté à ces challenges compliqués et multitechniques ; voilà un projet qu’on pourrait lancer. Il ne demandera pas d’argent à l’État, il s’agira simplement pour lui d’assurer un environnement juridique et fiscal favorable au déploiement de cette filière prometteuse.

Une leçon de Jakarta

9 Juin

Sans vouloir jeter la pierre, le plan pour les banlieues n’a pas généré l’enthousiasme que le sujet mérite. Il manquait de projets concrets capables de mobiliser l’énergie. Il y a pourtant, à l’étranger, des idées qui ont fait leurs preuves et qu’il suffit de reprendre. Par exemple, en Indonésie, où se produit une transformation stupéfiante de la distribution du frais dans les grandes villes, menée par une des plus brillantes licornes mondiales, Go-Jek. Tout a débuté en 2010. Son fondateur, Nadiem Makarim, a voulu donner une couverture sociale et un statut d’entrepreneur à une poignée de jeunes de Jakarta. Ceux-ci étaient employés dans des conditions très dures (un euphémisme !) par des propriétaires détenant les parcs de motos. Le coup de génie fut d’anticiper la révolution qu’Internet allait provoquer dans le transport des personnes, bien sûr, mais aussi dans la restauration.

La restauration hors foyer (publique et collective) assure aujourd’hui 50 % des repas. Il n’est pas difficile de prévoir que, avec les embouteillages, les courses de nourriture fraîche alimentant les autres 50 % vont devenir plus difficiles. La livraison de repas avec des deux-roues (adaptés à cette fonction et à l’encombrement des rues) va prendre une part significative de ce gigantesque marché.

L’entreprise, dont la plate-forme numérique n’a rien à envier à celle d’Uber, emploie sur Jakarta 350.000 livreurs-entrepreneurs et 70.000 cuisiniers. Elle représente de 10 % à 20 % des repas hors domicile.

Jakarta est plus grande que Paris, mais il est évident que faire venir Go-Jek en France aura un impact plus important que tout le plan banlieue. Cela suppose des évolutions législatives permettant l’utilisation des deux-roues, mais ne coûtera pas un centime d’argent public. On aura alors démontré (une fois de plus !) que mieux vaut un bon projet qui attire naturellement les capitaux que déverser de l’argent (fût-il d’Etat) sur des propositions vagues et mal définies.

Des groupes français très responsables – Chronique aux Echos

28 Mai

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Plusieurs fleurons de l’économie française sont régulièrement récompensés pour leur responsabilité sociale et environnementale. Pourquoi nos grands médias n’en parlent-ils jamais ?

On en a peu parlé dans les médias, mais c’est un fait : les grandes entreprises françaises trustent actuellement les premières places dans les classements célébrant des performances exceptionnelles en matière de responsabilité sociale et environnementale. Jugez-en !

L’Oréal est numéro un mondial dans le Green Ranking Global 500  de « Newsweek », suivi de près par Schneider Electric. Essilor vient de recevoir le premier prix du Sustainable Business Award des Nations unies. Une preuve supplémentaire de l’excellence de nos grandes entreprises : le classement synthétisant la performance sur l’ensemble des dimensions, à savoir le Global 100 Corporate Knights 2018, où l’on compte 15 groupes français dans les 100 premiers et trois dans les dix premiers : Dassault Systèmes, Valeo et Amundi.

Pas mal pour un pays qui représente 4 % du PIB mondial. Bonne nouvelle, et surtout nouvelle porteuse de sens. Mais, comme c’est une affaire qui tourne, « ce n’est pas la peine d’en parler ! ». Autre raison moins avouable de ce silence, on laisserait ainsi entendre que les grandes entreprises – qui ne seraient que des « ogres assoiffés de profit » – peuvent avoir des comportements exemplaires.

Non, ces grandes entreprises sont des communautés humaines, leurs collaborateurs et leurs dirigeants ont la fierté d’être des citoyens exemplaires faisant avancer les choses. Les performances saluées par ces prix sont le résultat de politiques mûries depuis longtemps. Si elles ont installé ces pratiques, ce n’est pas parce qu’elles avaient l’épée de la loi dans le dos, mais parce qu’elles ont souhaité être en avance sur leur temps.

Le moyen le plus efficace pour développer partout ces modes de fonctionnement est de communiquer sur ces champions et de leur donner la parole afin que ces idées diffusent naturellement dans tout le tissu des entreprises. On ne répétera jamais assez que la meilleure façon de faire grandir les personnes et les organisations, c’est de leur faire confiance !