Humeur du jour : « Des paroles et des actes »

21 Sep

La colère mêlée d’incompréhension de la déléguée syndicale de Doux dans l’émission « des paroles et des actes » était poignante. D’autant plus que l’on est sorti sans aucune explication satisfaisante. Le problème a été magnifiquement posé mais on est resté sur notre faim.

Les réponses sur le contrôle des frontières étaient carrément pathétiques quand on sait que Doux exporte pas loin de 100% de ses ventes. Tout comme les réponses sur la faute de la grande finance quand on sait que cette entreprise n’a pas une rentabilité suffisante pour investir comme elle le devrait. Le point sur le droit du travail français cent fois plus lourd que le droit suisse est excellent, il n’explique cependant pas pourquoi une entreprise qui a de bons volumes de production et paye des salaires très bas en demandant de gros efforts a ses employés n’arrive pas a faire d’argent. On a eu enfin le droit a la crise russe et l’aide de l’État qui n’explique pas pourquoi le problème a au moins dix ans.

Tous les entrepreneurs qui ont voyagé et géré des entreprises dans le monde entier vont avancer une autre explication; les impôts et charges qui s’abattent sur Doux a cause de l’excès de taille et de coût de la sphère publique. Quand la sphère publique représente 57% du PIB , l’économie est en fait administrée et l’entrepreneur français n’a plus le contrôle de la gestion de son entreprise. La majorité des coûts rentrant dans le prix de revient est gérée par l’état qui, en l’occurrence, le plombe lourdement.

Quand le concurrent est allemand et qu’en Allemagne le coût de la sphère publique est de 45%, l’écart de coût entre deux entrepreneurs,  l’un français et l’autre allemand est de l’ordre de 20% en défaveur du français en raison de la différence structurelle du coût de la sphère publique.

Au début des années 2000, pendant les années KOHL, la sphère publique française coûtait moins cher que l’allemande (l’Allemagne de l’ouest investissait alors dans l’Allemagne de l’est). Dans ces conditions les français avaient des armes pour se battre. Schroeder et Harz sont arrivés au pouvoir, les coûts de la sphère publique ont chuté avec une très nette amélioration de la qualité du service puisque le chômage s’est effondré; de notre côté, sans parler des 35 heures, les coûts de la sphère publique ont littéralement explosé.

Nos hommes et femmes politiques ont du mal a le dire puisque… c’est eux qui ont voté  les budgets depuis quarante ans;  peut-être n’en sont ils même pas conscients puisque le parlement est dominé par la fonction publique pour qui le concept de prix de revient ne dit pas grand chose. Voilà ce que j’aurais voulu dire à la délégué syndicale de Doux, le problème de fond ce n’est pas grande finance, le grand responsable c’est le 57% !

Au fond il faudrait dans cette émission « des paroles et des actes », quand le sujet est économique il faudrait donner plus de temps, proposer moins de thèmes, inverser le jeu : mettre les entrepreneurs autour de la table et installer les politiques dans la salle.

XF

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