Réinventer le contrat de travail –

7 Mai

Article paru dans France ForumIMG_9044IMG_9045IMG_9046

Leçons de Suisse – Chronique aux Echos

27 Avr

Devant un parterre d’entrepreneurs genevois qui l’avaient invité, un magistrat, Pierre Maudet, reconnaissait récemment que « l’Etat doit faire les mêmes efforts que ceux consentis par les PME en cette période ». Peu de temps après, le député Stéphane Florey, de l’UDC (Union démocratique du centre), déposait un projet de loi pour augmenter le temps de travail des fonctionnaires. « Passer de 40 à 42 heures par semaine, ce n’est après tout que 24 minutes par jour ; cet effort, conjugué au non-remplacement des départs à la retraite, permettra de réaliser des économies importantes sans porter atteinte au pouvoir d’achat des fonctionnaires. »

Ces propos sont tenus en Suisse, où on fonctionne différemment. L’Etat fédéral ne s’occupe que de défense et d’affaires étrangères, le gros des effectifs de la sphère publique étant décentralisé au niveau des cantons ; ces derniers lèvent l’impôt, gèrent les fonctionnaires et les paient. Ils se font une concurrence intense pour attirer les entreprises. L’Etat fédéral ne comblant pas les déficits, les politiques savent que pour être réélu il faut présenter des comptes en ordre et les fonctionnaires oeuvrent dans ce sens.

La concurrence entre cantons a permis

de contenir les coûts de la sphère publique et sociale à 40 % du PIB (57 % chez nous). Portant des charges bien plus faibles que les nôtres, les entreprises sont florissantes et le taux de chômage négatif, si on tient compte des frontaliers français qu’elles font travailler ! Pour couronner le tout, le PIB par tête est le double du nôtre alors qu’il était le même il y a quarante ans. En 1969, les Français ont dit non au référendum sur la décentralisation de l’Etat régalien proposé par de Gaulle. Ils ont préféré rajouter des couches de coût, et céder aux mirages de l’Etat providence fait croire que l’argent tombe du ciel et éloigne les citoyens des réalités économiques. Nous gagnerions à mieux étudier ce voisin, qui subit le même environnement concurrentiel que nous mais réussit à prospérer.

Rretrouvez l »article sur le site des échos

Émission « les experts » de Nicolas Doze sur BFM TV

21 Avr

fontanet-les-experts-nicolas-doze

Voir la vidéo sur BFM TV, en cliquant ici

Sortie de l’euro : une folie ! – Le Figaro

21 Avr

Tribune parue dans le Figaro

IMG_8772

 

à lire dans son intégralité, en cliquant ici, sur le site lefigaro.fr

Application anti-précarité – Chronique aux Echos

20 Avr

Le statut d’autoentrepreneur, inventé par Maria Nowak et Hervé Novelli, a été la principale avancée des dernières années sur notre marché du travail. Mais il est jusqu’ici essentiellement l’affaire d’un homme ou une femme seul. Une place de marché indonésienne, Go-Jek, appuyée sur la technologie du téléphone portable, permettrait de donner un nouvel élan à ce statut.

A Djakarta, un jeune entrepreneur, Nadiem Makarim, a développé une application pour taxi moto (« ojek » en indonésien). Celle-ci connaît depuis deux ans un développement prodigieux, puisqu’elle gère 250.000 chauffeurs. Très rapidement, Go-Jek a rajouté une activité de transport de lettres et de petits colis, puis est venue l’idée de livrer des repas. S’est alors créé un réseau de 75.000 restaurants prestataires ; l’offre s’est récemment enrichie de courses de nourriture pour le compte des familles.

Devant l’ampleur du succès, Go-Jek a démarré un « portefeuille numérique » qui assure le financement des motos, facilite le paiement, réduit à néant le travail au noir, effectue la comptabilité et (lisez bien, car c’est capital !) assure la protection sociale des quelque 325.000 nouveaux autoentrepreneurs affiliés. Go-Jek est une des marques les plus fortes d’Indonésie, il contrôle sa croissance de façon à assurer une bonne rémunération à ses entrepreneurs et se déploie dans tout le pays.

Alors que Go-Jek est parti d’une idée humanitaire (réduire la précarité des « ojeks » ayant une famille à charge), il est devenu le premier employeur indonésien et vient d’accueillir à son capital de grands investisseurs anglo-saxons, KKR (l’inventeur du LMBO !) et Warburg Pincus, qui y ont investi plus d’un demi-milliard de dollars.

Le monde change et il y a plein de bonnes idées à prendre des pays en développement ! Le statut d’autoentrepreneur a créé 1 million d’entreprises en France, le relais viendra d’applications comme Go-Jek, qui peuvent très bien permettre de résoudre le problème de notre chômage, si nous savons faire évoluer intelligemment notre modèle social.

 

Lire l’article dans son contexte sur le site lesechos.fr

Image

Stratégie pour la Bretagne- Ouest France

12 Avr

FullSizeRender(6)

Le fardeau de l’agriculteur – chronique aux Echos

30 Mar

Le Salon de l’agriculture n’a pas permis d’expliquer ni ce qui arrive (l’agriculteur ne gagne plus sa vie) ni où l’on va (ce que l’on fait pour changer les choses). Voilà un métier, vital pour notre communauté (l’agriculteur nous nourrit), qui a fait des progrès technologiques considérables, qui demande beaucoup de savoir-faire, où l’on travaille plus que la moyenne, qui était rentable il y a quarante ans et ne l’est plus… alors qu’en Allemagne il l’est de plus en plus.

Une analogie avec l’industrie de l’aluminium permettra probablement d’éclairer le sujet. L’électricité représente 40 % du prix de revient d’une barre d’aluminium. Son prix est trop élevé en Europe, les usines se démontent pour aller là où elle est moins chère. C’est logique.

Remplacez « aluminium » par « agriculture » et « électricité » par « sphère publique ». Tout le monde sait que cette dernière occupe 57 % du PIB en France et 44 % en Allemagne, mais personne n’a compris les conséquences de ce différentiel de 13 % sur le coût des produits, alors qu’il est fondamental : 57 % est la part du prix de revient du produit gérée par la sphère publique ; 43 % (son complément à 100) est la part que l’entreprise privée contrôle.

Un peu d’attention ! Le multiple qui permet de passer du coût privé au coût total en France est de 100/43, soit 2,32 (d’accord ?) ; 56 % (100/44) étant la part de la sphère privée en Allemagne, le même multiple en Allemagne est de 100/56, soit 1,78 (vous suivez ?). A même productivité privée, le produit allemand ressort donc de 23 % moins cher (178/232) ! Les produits agricoles français, qui sont en général à 100 % de valeur ajoutée française, sont coulés par notre sphère publique, comme les lingots d’aluminium européens le sont par le prix de l’électricité. Le jour où nos hommes politiques (et nos économistes) comprendront que, à force d’avoir laissé la sphère publique grossir, ils ont épuisé les agriculteurs (et aussi les industriels) par les charges qu’ils ont fait peser sur l’économie exposée, les choses commenceront à aller mieux.
En savoir plus sur le site lesechos.fr