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Accepter la flexibilité – Chronique aux Echos

15 Juin

Vivarte, Tati, Mim… nos journaux sont remplis d’articles sur des enseignes de textile en difficulté. Un regard de l’autre côté de l’Atlantique nous indique que le problème est général.

Sears, le grand distributeur textile américain, a dû réduire en dix ans le nombre de ses magasins de 3.800 à 1.500 ; depuis 2014, son chiffre d’affaires a baissé de… 37 % ! Derrière cette chute se profile la montée des ventes sur le Net, qui a pris aujourd’hui plus du quart du marché textile. Amazon va ajouter dans les dix-huit prochains mois 100.000 personnes aux 180.000 qu’il emploie aux Etats-Unis. La concurrence entre systèmes de distribution va donc s’intensifier, et on peut désormais se demander si le commerce en ligne va connaître la même percée dans l’alimentaire.

Walmart a réagi en achetant un site d’achat, Jet.com, et propose à ses employés de livrer les clients en rentrant chez eux ; avec ses 4.700 magasins et 90 % de la population vivant à moins de 10 miles d’un magasin, le géant américain dispose d’un atout maître dans la conquête du « last mile »… sans compter qu’il discute avec Uber et Lyft pour compléter le dispositif. Un tour en Asie suggère une autre piste : le remplacement des courses par la livraison de repas produits en cuisine centrale. Ce nouveau créneau est en train de prendre sa place entre les repas faits à la maison et les restaurants. Le phénomène prend de l’ampleur en Indonésie, en Corée et en Chine.

Aucun esprit, si génial soit-il, ne peut prédire ce qui va arriver chez nous, tant sont nombreuses les billes qui roulent sur le tapis. La seule réponse possible, c’est la flexibilité. Mais, pour que celle-ci soit acceptée, encore faut-il que les gens arrêtent de diaboliser le marché et comprennent que, si des magasins ferment, c’est parce que eux-mêmes ont passé leurs commandes sur le Net. Le jour où les gens feront le lien et auront admis que le bras gauche (producteur) doit être solidaire du bras droit (consommateur), les nécessaires évolutions se feront dans un climat plus serein.
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Les langoustines et les robots- Chronique aux Echos

8 Juin

Connaissez-vous les demoiselles de Loctudy ? C’est le nom donné aux langoustines pêchées dans le sud-ouest de la Bretagne. Les pêcheurs bigoudens ont mis au point il y a cinquante ans un procédé de chalutage révolutionnaire rendant abordable le prix de ce délicieux crustacé. Le Crédit Maritime finança alors les armateurs et le fit avec des taux d’endettement déraisonnables. Après une période de forte croissance, la capture s’effondra, les langoustines ne se reproduisant pas assez vite. L’Europe entra alors dans le jeu et finança la mise au rancart de l’outil pour stopper la surexploitation. Les choses reviennent à l’équilibre, mais que d’argent et d’énergie on a gâchés dans cette affaire en voulant aller trop vite !

Le même mécanisme est peut-être en train de se produire à une bien plus grande échelle à cause de l’excès mondial des liquidités qui vient gonfler la capitalisation des entreprises du Net. Il suffit d’une petite dilution de capital pour faire rentrer des montagnes de cash, même dans des entreprises montrant des pertes considérables. Les victimes potentielles dans cette affaire, ce ne sont pas les langoustines mais, si l’on en croit de nombreuses études, le 1,2 milliard de jobs visés par la robotisation et la numérisation, pour lesquelles l’intelligence artificielle fournit des logiciels de plus en plus efficaces.

On n’en est pas à la première révolution technologique, et il ne faut pas craindre ces avancées. Mais est-il sain que de tels moyens financiers s’investissent dans cette gigantesque vague ? Si on ne met pas dans l’éducation et la reconversion le même niveau de ressources, on risque le déclassement d’une grande partie de la population et l’explosion des budgets sociaux.

L’analogie entre le chalutier et le robot n’est pas une méthode scientifique ; il serait néanmoins utile que nos économistes, favorables en général à l’abondance de liquidités, y regardent cette fois-ci à deux fois. L’expérience montre que, quand on force la nature, on assiste toujours à de violents retours de bâton.
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Reprendre, c’est entreprendre ! Chronique aux échos

1 Juin
Vous n’avez probablement pas entendu parler de Radoine Mebarki, c’est bien dommage!
Radoine a inventé un concept aussi puissant que l’autoentrepreneur de Maria Nowak et Hervé Novelli. C’est l’idée du « repreneur », qui veut entreprendre, n’a pas d’idée précise à développer, mais est prêt à reprendre celle d’un autre : chaque année, 60.000 entreprises cherchent un repreneur, 90 % sont des TPE (entre 1 et 9 personnes), 40 % des reprises se passent mal. Radoine veut rationaliser le processus de transmission en préparant parallèlement le candidat à la reprise et le vendeur. Il considère que, si on a le sens des responsabilités, il n’est pas difficile d’être entrepreneur, car le bagage technique est simple.
Les parents de Radoine Mebarki sont des Algériens immigrés. Il a vécu sa jeunesse dans les quartiers, fait des études moyennes, mais il s’exprime très bien et a le sens du commerce. Un prêtre lui donne le goût du travail bien fait. Il crée alors sa société de promotion immobilière et, l’affaire tournant bien, se consacre depuis deux ans, bénévolement, au développement de Tous repreneurs !, une plate-forme de mise en relation.
Le RSA, un outil pour rebondir mais pas pour s’installer

Le cœur de son livre « Tous repreneurs ! Le nouveau mode d’emploi » (publié aux éditions Les Belles Lettres) se trouve dans les principes de vie qu’il adresse à ceux qui, comme lui, sont issus de l’immigration. Son engagement est l’exemple même de la solidarité ; pourtant, il conseille de se méfier des aides : elles ne dureront pas, vu les finances de l’Etat. Il recommande donc à chacun de s’assumer. Il voit dans le RSA un ressort qui permet de rebondir en cas d’échec, mais surtout pas un état dans lequel on peut s’installer, car il annihile la responsabilité. Posséder son entreprise, dit-il, est le plus beau cadeau que la deuxième génération de l’immigration peut faire à la première, qui, un jour, a quitté son pays pour donner une chance à ses enfants.

En découvrant Radoine Mebarki, vous comprendrez que l’entreprise est le levier de l’intégration et que la solidarité n’est durable que si elle s’exerce entre gens responsables!
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Tous repreneurs, le nouveau mode d’emploi, par Radoine Mebarki, aux belles lettres,

Interview dans le magazine allemand Capital

30 Mai

France : le nouveau président suscite d’énormes attentes aussi bien en Allemagne qu’en France. Xavier Fontanet qui a travaillé avec lui dans le cadre de la commission Attali donne son avis personnel sur ce que nous pouvons attendre.

INTERVIEW: LUTZ MEIER

 

Monsieur Fontanet, la choix par les Français d’Emmanuel Macron marque t’il le début du rebond économique de la France?

 

Depuis quinze ans je me réveille chaque matin en colère, en regardant mon pays décliner. Oui, je souhaite vivement que le choix des Français soit le signe d’un redémarrage. Oui je suis fier que ce vote ait donné un coup d’arrêt à la montée de la vague populiste en Europe. Macron a gagné parce qu’il a, (à mes yeux), fait de l’ouverture au monde la pierre angulaire de son programme. Pour être clair avec vous, j’ai voté Juppé aux primaires de la droite, Fillon au premier tour de la présidentielle et Macron au second). Si Emmanuel Macron réussit à expliquer qu’il faut rester ouverts sur le monde et remettre l’entreprise au centre de l’économie (et non l’Etat comme ça été notre tradition), alors les choses pourront bouger rapidement. Avec 57% du PIB , la sphère publique (Etat plus social) est beaucoup trop développée et étouffe l’économie concurrentielle ; si on y réfléchit un tant soit peu , ça tient du miracle que, malgré les charges qu’elle porte , l’économie française continue à tourner . Si les charges sont réduites, l’économie repartira.

 

Vous connaissez Macron (il se dit que vous l’avez aidé à se réorienter quand il se posait des questions à la fin de la commission Attali et que vous n’êtes pas étranger à son entrée à la banque Rothschild ). Qu’en diriez vous ?

 

Nous nous sommes effectivement rencontrés à la Commission Attali. Nicolas Sarkozy l’avait souhaitée en 2007 pour lui faire des propositions de réformes de l’économie française et de la société. Macron en était le secrétaire. J’étais l’un des rares entrepreneurs de ce comité, mes réactions l’interpellaient. Il était, bien que haut fonctionnaire, manifestement attiré par le monde des affaires où il n’avait jamais travaillé auparavant. Il était curieux ; j’ai ressenti chez lui un vrai désir de discuter, d’échanger et de comprendre l’environnement concurrentiel des entreprises.

 

Il vient d’avoir 39 ans aujourd’hui. N’est il pas trop jeune et son ascension n’est pas trop rapide ?

 

Peut être …mais il est élu ! Dès le début j’ai vu qu’il avait beaucoup d’ambition et qu’il était déjà un personnage dans le monde de la haute administration. Il connaissait tout le monde, et je pressentais qu’à un moment de sa vie quelque chose pourrait se passer. Il m’a longuement interrogé sur mon expérience de PME (Bénéteau) et de grand groupe (Essilor) ; je l’ai encouragé à passer cinq à sept ans dans une PME parce qu’on ne peut pas comprendre ce qu’est réellement une entreprise si on n’a pas vécu en diapason avec elle et sans s’y donner pleinement ! Mais une telle possibilité n’a pas été facile à trouver car il était pressé .Je lui ai dit qu’il y avait d’autres possibilités comme le conseil dans un grand cabinet mondial ou la banque d’affaires. Les gens de Rothschild ont réussi à le séduire, il aurait surement pu faire une brillante carrière mais il avait la fibre politique…la suite on la connaît !

 

Présenter une aussi courte biographie pour une tâche aussi lourde que celle du président d’un grand pays à un moment pas évident qu’en pensez vous ?

 

L’exploit de sa biographie c’est sa campagne ! Même s’ il a eu énormément de chance, il faut constater qu’il a drôlement bien joué ; ses premiers discours électoraux étaient de mon point de vue vagues et généraux, je n’y attachais pas

d’importance. Il est vrai qu’il n’a pas l’expérience de situations vraiment difficiles. Espérons qu’il sera assez intelligent pour s’entourer de gens sages et solides. Il ne pense pas en terme d’opposition, le consensus à l’Allemande… il doit comprendre.

 

Après la commission Attali, nous sommes restés en contact par SMS réguliers, (il aime cette forme de communication) et nous nous sommes croisés de temps en temps. J’ai pour ma part travaillé avec Alain Juppé et depuis deux ans on a moins communiqué ; en résumé je le connais mieux que la moyenne des Français mais je ne suis pas ce qu’on peut appeler un proche.

 

Macron a promis des réformes de grande envergure . La France est elle prête pour le changement?

 

C’est le grand défi de Macron. Les 45 pour cent qui ont voté au premier tour contre l’Europe, les gens qui prônent encore la lutte des classes , les conservateurs et ceux qui luttent contre les idées un tant soit peu libérales sont toujours là. Les gens qui ont bloqué le pays en juin 2016 sont aux commandes de leurs syndicats. De plus, bon nombre d’électeurs ont voté pour lui faute de meilleure alternative ; c’est son challenge de gagner la confiance de tous ces gens là. Pour des gens comme moi ,il faudra qu’il fasse ce qu’il a promis sur la fiscalité de l’entreprise et du capital.

Ceci étant dit ,il y a un parfum de changement dans l’air, la démocratie a permis de rebattre les cartes et c’est bien !

 

Pourquoi êtes vous en France si divisés ?

 

Une grande partie de cette division est due à la structure très centralisée de notre pays. Paris fonctionne économiquement mais attire tout et dirige trop ; le reste du pays, à quelques exceptions près,est à la fois siphonné et étouffé. Nous sommes dans la même situation que les États-Unis, où seule la côte Est et la Californie ont échappé au choix de Trump .Même situation que l’Angleterre avec Londres et le reste du pays. En France, la province perd ses emplois, il faut impérativement inverser la tendance et c’est difficile sinon on va aller vers une terrible césure ;

 

 

 

Comment lutter contre le déclin des zones rurales et inverser la désindustrialisation du pays?

 

Je peux témoigner d’un fait capital à la fois comme ancien PDG d’Essilor et administrateur de grands groupes mondialisés comme L’Oréal ou Schneider Electric, Quand on compare la marche des différents pays , la France est à la traine alors que ces groupes sont des leaders mondiaux . La croissance est faible à cause du surcout de la sphère publique . Il représente 150 milliards pour nos entreprises par rapport à un pays comme l’Allemagne. C’est mortel. L’autre grande politique est de redonner des décisions aux territoires ; de Gaulle voulait régionaliser la sphère publique, ses successeurs ont collé des couches de couts inutiles sans réellement décentraliser, ce chantier doit être relancé .Cela doit changer : je crois que Macron, même s’ il est issu de la fonction publique qui a passé son temps à maintenir un système centralisé, l’a compris.

 

Est ce que ça suffira ?

 

Vous avez raison, ca ne suffira pas. Il y a un problème à la fois mental et éducatif .La technique n’a pas le prestige qu’elle a en Allemagne, les parents rêvent que leurs enfants deviennent fonctionnaires et n’accèdent a la filière technique que les enfants qui ont échoué dans la fière générale .Il faut remettre à plat l’orientation et l’apprentissage ; ceci va demander de régionaliser notre Education nationale. La bonne nouvelle vient des jeunes, ils veulent démarrer leur entreprise ; il faut impérativement surfer sur cette vague

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Quelle est la première chose que doit faire votre président ?

 

A mon avis il doit expliquer que a situation est très grave ; il n’y a plus d’argent , l’Etat est endetté jusqu’au coup et la fiscalité sur le capital a fait fuir depuis quinze ans des centaines de milliards et des dizaines de milliers d’entrepreneurs talentueux .Une fois que les Français auront compris que l’argent ne tombe pas du ciel alors les réformes pourront commencer .C’est là que les Allemands peuvent nous aider ; les réformes ils les ont connues sous Schroeder , Merkel a eu la sagesse de les poursuivre .Vous avez ouvert la voie et montré que la réforme dans le cadre de l’Euro ca marche ; vous avez montré que quand on baisse à la fois les dépenses et les impôts,

l ‘économie n’est pas affectée. Vous avez montré que la réforme concerne chacun du haut en bas de l’échelle sociale et que la solidarité n’interdit pas l’exigence mais suppose que chacun y mette du sien.La réforme il faut la faire pas parce que Bruxelles l’exige mais parce que c’est bon pour la France !

 

 

 

Que fera Macron s’ il n’a pas la majorité ?

 

Attendons les Législatives .S’ il a la majorité, il aura les cartes en main ; s’ il ne l’a pas il devra négocier mais certains Républicains ont expliqué qu’ils soutiendraient les politiques qui font du sens .La France n’a pas la culture du compromis mais ce n’est pas impossible qu’on y arrive .Les comparaisons avec l’extérieur, les Français ne les aimaient pas, ceci est en train de changer, Macron doit jouer là dessus.

 

Dans cinq ans que se passera t’il si Macron échoue ?

 

Je souhaite que Macron réussisse avec une majorité de Français … parce que s’il échoue, alors les extrêmes auront leur chance dans cinq ans …la situation sera très dangereuse !

 

XAVIER FONTANET a été de 1996-2012 le PDG d’Essilor, leader mondial des verres ophtalmiques. Aujourd’hui, il est administrateur chez Schneider Electric et L’Oréal, ainsi que professeur à HEC et auteur de plusieurs essais dont « Pourquoi pas nous ? » et « Que chacun s’y mette ! ».

 

Des robots et des emplois – Chronique aux Échos

11 Mai

Bénarès, en Inde, est connue pour ses cérémonies funéraires. Peu de gens savent que cette ville sainte possède une activité textile spécialisée dans la soie, que 50.000 métiers à tisser environ y fonctionnent jour et nuit, et que son histoire illustre parfaitement la problématique de l’automatisation, des délocalisations et de la relocalisation.

Si on remonte dans l’histoire, on s’aperçoit que les métiers étaient 250.000 en 1750, période pendant laquelle l’Angleterre et la France sous-traitait leur production en Inde. En 1775, les Européens réintègrent l’activité avec l’invention des métiers automatiques, Bénarès perdant dans cette affaire la moitié de son parc. Plus récemment, les Chinois achetèrent des métiers suisses, contrairement aux Indiens de Bangalore qui voulurent rester au tissage traditionnel, et le parc fut encore divisé par deux.

Les débats sur l’emploi et l’automatisation ont repris en France, avec l’idée, avancée pendant

la campagne présidentielle, de taxer les robots. Au premier degré, la logique est imparable :

le responsable du chômage doit payer la conséquence de ses actes. Mais, quand on regarde ce qui se passe dans le monde, les pays dont le ratio de robots par ouvrier est le plus élevé (Japon, Corée du Sud, Allemagne, Suisse), sont aussi ceux où le chômage… est le plus bas.

Dans ces quatre pays, les usines se sont automatisées régulièrement, grâce à des ingénieurs concevant les robots et des ouvriers formés à les piloter. Les gains de parts de marché rendus possibles par leur compétitivité accrue ont permis de garder les emplois, et même de les développer. Derrière leur performance industrielle se profile une filière d’apprentissage bien huilée et le fait que la technologie, considérée comme filière d’excellence, attire les meilleurs esprits.

Notre fascination étatique nous pousse à voir dans l’impôt la solution des problèmes et nous empêche d’aller au fond de l’analyse. Quand la technique a la place qu’elle mérite, les emplois industriels grandissent et s’enrichissent. Cessons de fustiger ces malheureux robots !

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Réinventer le contrat de travail –

7 Mai

Article paru dans France ForumIMG_9044IMG_9045IMG_9046

Sortie de l’euro : une folie ! – Le Figaro

21 Avr

Tribune parue dans le Figaro

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