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Un article sur « Pourquoi pas nous ? » dans Libertés économiques et progrès

16 Oct

Un beau papier sur le livre « pourquoi pas nous »

Les quatre pays que nous avons visités nous ont permis de nous familiariser
avec les grands domaines de la sphère publique. Chacun d’eux a résolu son
problème mais, point intéressant, les quatre approches sont complémentaires
et peuvent en quelque sorte être menées de front.
Le Canada a mené une réflexion sur la sphère régalienne, sur les rôles
respectifs du citoyen et de l’État. En un mot il nous propose une nouvelle vision
de la société, à la fois source d’efficacité et d’économie. L’État ne cherche plus
le pouvoir mais se met au service de l’initiative et parie sur le sens de la responsabilité
des citoyens. L’État a compris que dans un environnement mondialisé,
sphère privée et sphère publique font équipe et que la meilleure position qu’il
puisse prendre est celle de facilitateur. Cela suppose évidemment que le citoyen
accepte le jeu, c’est-à-dire se prenne en main.
Le redressement allemand est dû fondamentalement à la façon dont
Schrôder et Hartz ont remis tout le monde au travail ; certes le mini-job n’est
pas une idée satisfaisante à long terme mais le fondement conceptuel de cette
politique a été qu’un emploi, même s’il n’est pas complètement satisfaisant, vaut
bien mieux que l’horreur du chômage à la maison car il maintient une vie sociale.
L’autre idée forte est qu’il faut prendre soin des entreprises : on ne peut pas les
surcharger en cette période de mondialisation. Il faut aussi bien comprendre leur
fonctionnement et leurs problèmes. La lutte des classes est un concept dépassé.
Le principal frein à l’embauche tient à la difficulté pour l’entreprise de débaucher
si les commandes viennent à manquer. Un contrat de travail solide dans une
entreprise en difficulté n’est pas une vraie garantie : il faut avant tout des entreprises
solides qui fassent du profit. Le gouvernement allemand a donc fait lechoix d’une solidarité exigeante où chacun est aidé mais doit aussi faire le maximum pour ne pas avoir à demander l’aide publique.
La Nouvelle-Zélande est une troisième expérience passionnante, celle d’un
changement conceptuel sur la politique de santé avec le passage du droit à la
santé au devoir de se préoccuper de sa santé. La Nouvelle-Zélande montre qu’un
système de santé concurrentiel mais bien régulé peut être plus efficace et plus
respectueux pour tous – clients et professionnels de la santé – qu’un monopole
délivrant son service gratuitement mais puisant ses ressources de l’impôt. La
Nouvelle-Zélande démontre aussi que la retraite par capitalisation est deux fois
moins coûteuse que celle par répartition, et qu’elle est un véritable atout économique.
Les chiffres de ce pays en matière de baisse de l’endettement et de
retour à bonne fortune sont les plus spectaculaires que l’on ait vus dans les
quarante dernières années.
Nous, Français, fonctionnons dans le cadre d’une démocratie représentative
dans laquelle une partie de la population, la fonction publique, a pris une
part bien trop importante. La politique est devenue un métier et de nombreux
députés sont coupés des réalités d’une économie concurrentielle. La Suisse nous
interpelle en démontrant l’efficacité de la démocratie directe qui transforme la
responsabilité politique en un service que l’on rend à ses concitoyens. Cette
démocratie directe et le monde consensuel d’exercice du pouvoir permettent de
gérer en douceur et surtout étouffent dans l’oeuf la pratique dangereuse de la
promesse électorale qui est une des causes majeures de la dérive des comptes
publics. Le second message que nous donne la Suisse est l’efficacité d’une sphère
publique décentralisée au niveau du canton, une entité économique égale à la
moitié d’un département. La sphère publique suisse est de loin la plus compétitive
du monde occidental. Le niveau très bas des impôts, gage de sa prospérité
future, n’est pas à chercher ailleurs.
Il nous faut gagner 250 milliards d’euros en efficacité, le potentiel est de
350 milliards si tous les leviers sont activés, nous avons donc le choix. Les coûts
ne changeront que si nous faisons évoluer les concepts sur lesquels repose notre
société. L’amélioration des comptes n’est donc pas qu’une question financière,
elle ressortit aussi à une vision de l’individu et à un positionnement de notre
pays dans l’environnement mondial. Les changements à faire sont profonds, il
faudra très probablement remanier notre Constitution.

Pour l’article dans son contexte au format PDF,   CLIQUEZ ICI

Si d’autres pays se sont réfomés, pourquoi pas la France ? (sur BFMTV)

15 Oct

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Entretien à BFM Business

Voir la vidéo, ici

 

Entretien avec la Fondation iFRAP sur le livre « Pourquoi pas nous ? »

10 Oct

L’IFRAP est un think tank dédié à l’analyse des politiques publiques, laboratoire d’idées innovantes.

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Fondation iFRAP : Pourquoi avez-vous ressenti le besoin d’écrire un ouvrage sur les exemples de réformes menées à l’étranger ? Avez-vous le sentiment que la France a pris du retard ?

 

Xavier Fontanet : Cela s’est fait grâce à deux jeunes députés qui ont suivi mes cours de stratégie à HEC fin 2013, dans le cadre de ma fondation, et qui m’ont demandé de mettre mes idées sur le papier. Mon idée de base a été que : « si d’autres se sont réformés alors pourquoi pas nous ? ». Il est temps de tordre le coup à la soi-disant spécificité française qui empêche d’aller prendre les bonnes idées à l’étranger.

Ce livre a été écrit en quinze jours. En fait je me suis rendu compte que je le portais en moi. Ce qui a pris plus de temps c’est le travail de recherche sur les données économiques, sociales et fiscales. Cela a été un très gros travail de six mois. A ce titre, je voudrais remercier en particulier les équipes de PWC. Nous avons été chercher tous les taux marginaux des impôts et ce, en 2008 et 2014, dans vingt pays différents, afin de démontrer la folie des dernières lois fiscales en France. Je ne suis pas certain que, même a très haut niveau, nos dirigeants aient compris à quel point ils cassaient tout ressort : hélas, nos hommes politiques ne comprennent en général pas (il y a des exceptions) ce qu’est une entreprise. Les dégâts vont être durs à réparer.

Je suis d’un naturel positif, mais là, je suis inquiet, surtout quand je vois ces gâchis d’argent public. Alors que ceux qu’on a nommés ministres ne payent pas toujours leurs impôts ! L’erreur est permise, nous en faisons tous, mais l’erreur à répétition, ça, c’est beaucoup plus grave !

Fondation iFRAP : Quels sont les pays dont la France devrait s’inspirer en termes de réformes des politiques publiques et pourquoi ?

XF : Le plus intéressant dans les réformes à l’étranger, c’est qu’elles se sont attaquées à des domaines différents ; pour la réforme de l’État c’est le Canada et la Suisse qui sont les plus pertinents a étudier ; sur le marché du travail, c’est sans conteste l’Allemagne ; sur la santé et la retraite, l’Allemagne encore et la Nouvelle Zélande. Sur cette dernière réforme, les grandes lignes seraient que Schroeder a décidé que l’État ne renflouerait plus les caisses de santé et de retraite, il a ainsi forcé les reengineering notamment le recul de l’âge de départ à la retraite et mis en compétition plusieurs caisses de santé. En Nouvelle Zélande, cela a été une réforme copernicienne sur la santé et la retraite.

Fondation iFRAP : Quelles sont les réformes prioritaires à mener dans notre pays ? Avec quel calendrier ?

XF : Ma proposition est d’ouvrir cinq chantiers avec cinq Vices Premier ministres et mener cinq actions en parallèle : réforme régalienne, réforme régionale, travail, santé et retraite. Voilà les cinq chantiers. Les réformateurs ont toujours dit que chacun devait être impliqué.

Je commencerais par le travail : il faut aider les syndicats à sortir d’une logique de lutte des classe. Je pousserais à ce qu’ils fassent comme les Allemands, c’est-à-dire à couper tout lien avec tout parti politique pour remettre progressivement leurs engagements au plus près de l’entreprise.

Il faudrait retoucher la Constitution pour réintroduite le référendum plus fréquemment mais aussi réduire le nombre et revoir le statut des parlementaires, inscrire dans la Constitution le rôle social de l’entreprise comme le principe de l’ouverture au monde. Il faut enfin substituer au principe de précaution le principe d’expérimentation.

Une fois ce principe admis, je tenterais des expériences régionales comme par exemple gérer la police et la justice, l’éducation, le droit du travail au niveau d’une entité régionale de la taille d’un canton suisse. Il y a des tas de régions qui seraient prêtes à tenter l’expérience. Ces expériences, une fois réussies, pourraient être étendues. La Suisse démontre qu’une gestion très décentralisée est beaucoup plus efficace et que ça coûte beaucoup moins cher.

L’opinion publique doit comprendre que la situation est grave, car sans cette prise de conscience, rien de durable ne se fera. Il faut comprendre que l’on ne peut plus demander d’aide à un État en perte et surendetté. Il faut comprendre qu’un emploi même satisfaisant vaut mieux que le chômage. Il faut dire (et non pas cacher les chiffres) que c’est un drame de voir tous ces jeunes entrepreneurs quitter le pays… Il faut aussi que les fonctionnaires comprennent qu’ils ont intérêt à la réforme même s’ils ont de gros efforts à faire. Il faut qu’ils sachent ce qui s’est passé en Argentine et en Grèce, peut être que les drastiques baisses de salaires qu’on y a observées leur remettraient les idées en place.

Tout cela viendra, finalement, le jour ou les médias accompagneront une politique courageuse. Il faut qu’eux aussi ouvrent le jeu et fassent l’indispensable pédagogie de la réforme.

Fondation iFRAP : Pensez-vous que le gouvernement de Manuel Valls puisse aller dans le sens des mesures que vous évoquez ?

XF : Je ne suis pas le seul à défendre ces idées et de loin, restons modeste… De plus en plus de gens se mettent à parler, à débattre et c’est bien ! Ça veut dire que les esprits commencent à évoluer. Les Français sont tout a fait capables de tirer leur épingle du jeu.

Les solutions ne sont ni de gauche, ni de droite mais ce sont des solutions de bon sens. Il faut remettre du calme, de la fermeté mais aussi de la douceur, même si la situation est très dure et va l’être encore plus dans le futur.

Allemagne, Canada, Nouvelle-Zélande, trois exemples de réformes réussies

8 Oct

Interview au Nouvel Economiste

 

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Par Philippe Plassart

Le sentiment d’être dans une impasse n’a sans doute jamais été aussi grand en France. D’où cette forme de désespérance qui envahit le pays. Il n’y a pourtant pas de fatalité . Telle est la conviction qu’exprime fortement dans son dernier essai Xavier Fontanet, l’ancien président d’Esssilor International, aujourd’hui administrateur de plusieurs sociétés et également professeur affilié de stratégie à HEC en prenant appui sur le parcours de l’Allemagne, du Canada et de la Nouvelle-Zélande. Ces trois pays ont connu aussi des périodes de doute profond mais ils sont revenus dans la course. L’Allemagne est parvenue à remettre tout le monde au travail, le Canada à réduire sensiblement sa dette et la Nouvelle- Zélande à remettre d’aplomb un système de santé qui partait à la dérive. A chaque fois, le principe directeur de responsabilité est mis en œuvre sans fléchir au service du redressement.

Une réduction de moitié de la dette au Canada

Le Canada fournit la démonstration qu’il est possible de réduire très significativement la dette et les déficits d’un pays. Le ratio dette/Pib est passé d’un pic de 55 % à moins de 25 % entre 1980 et 2005. Sur la méthode, Xavier Fontanet, retient quatre idées fortes. Tout d’abord, la prudence des prévisions. Les dirigeants ont fait systématiquement leur budget sur des niveaux d’activité inférieurs à ce qu’ils attendaient pour être sûrs que les résultats soient meilleurs que prévus. L’expérience a montré que tenir ses budgets est un énorme facteur de confiance. Deuxièmement, le choix de la baisse des dépenses plutôt que de la hausse des impôts pour ne pas étouffer l’économie à cause de l’hyper-fiscalité.

“L’Allemagne est parvenue à remettre tout le monde au travail, le Canada à réduire sensiblement sa dette et la Nouvelle- Zélande à remettre d’aplomb un système de santé qui partait à la dérive”

Troisièmement le refus du général hair cut, c’est-à-dire des coupes à l’aveugle. Si tous les secteurs ont été mis à la diète, certains d’entre eux ont baissé beaucoup plus que d’autres pour refléter les nouveaux choix politiques : refus de subventionner les secteurs condamnés, suppression des doublons… Enfin quatrièmement, intense effort pédagogique mené en direction de l’opinion publique et de la communauté financière. Avec un unique mantra : “On ne peut dépenser durablement plus que l’on gagne.”

Remettre tout le monde au travail en Allemagne

Au milieu 2002, la situation économique de l’Allemagne est médiocre, le chômage oscille entre 10 et 12 % et les entreprises n’embauchent pas. Schröder est convaincu que la maîtrise du chômage est le problème clé du pays car il mine le moral et détruit la compétitivité. Il demande à Peter Hartz, l’ancien DRH de Volkswagen, de lui bâtir un programme pour une politique de l’emploi en vue de son prochain mandat. Ce sera le programme Agenda 2010. L’opposition ne peut être que d’accord avec cet agenda, Hartz ayant mis dans la commission des membres de l’opposition. A l’adresse des chômeurs, le mot d’ordre va être : “aider et exiger”.

“Enfin quatrièmement, intense effort pédagogique mené en direction de l’opinion publique et de la communauté financière.”

“Le gouvernement est prêt à vous aider mais demande que vous vous preniez en main.” Est ainsi défini le concept de solidarité exigeante, point central de la politique. Les médias jouent le jeu et transmettent fidèlement le message. “Il vaut mieux un petit travail que pas de travail du tout et l’horreur du chômage à la maison. Même avec un petit travail, vous êtes socialisé et vous avez l’opportunité de progresser.” Les idées passent dans la population. On rend les embauches attractives en offrant des CDD de dix- huit mois, on lance le concept d’Ich-AG, celui d’auto-entrepreneur (qui ne sera pas un grand succès), on pousse l’idée des mini-jobs (400 euros mensuels , exonérés de charges salariales pour 15 heures par semaine), on réorganise les services de l’emploi en décentralisant les aides.

“Durant cette période, les syndicats ont été très pragmatiques, ils ont veillé à ce qu’il n’y ait pas de dumping social mais ils ont soutenu la dynamique de réforme du pays”

Les conseillers en emploi sont payés en fonction des placements effectués On remet enfin à plat les allocations de chômage, etc. Durant cette période, les syndicats ont été très pragmatiques, ils ont veillé à ce qu’il n’y ait pas de dumping social mais ils ont soutenu la dynamique de réforme du pays. Il faudra cependant un certain temps pour que les réformes fassent leur effet. Angela Merkel qui succède à Schröder a l’intelligence de confirmer qu’elle continue l’Agenda 2010 et en récupère les fruits : en 2007, le chômage descend fortement à 5 %.

Une refonte complète du système de santé en Nouvelle-Zélande

Au début des années 1990, en Nouvelle-Zélande, la santé gratuite pour tous est perçue comme un droit, exactement comme en France aujourd’hui. Un système qui va dans le mur. Le Premier ministre, Roger Douglas, propose alors de le remettre à plat. Il ne va plus parler des “droits” mais des “devoirs”, son obsession étant que les gens, quelle que soit leur place dans la société, prennent les décisions qui les concernent et puissent les assumer. Le nouveau système de santé proposé est fondé sur l’idée que chacun paye ce qui est courant et est responsable d’acheter une assurance contre tout ce qui est grave, tout ceci en échange d’une énorme réduction d’impôt. Pour les moins favorisés, ceux qui n’ont pas les moyens de s’assurer , le gouvernement donne des vouchers mais le choix de l’assurance continue à appartenir à chaque personne et n’est pas délégué à l’Etat.

L’ancienne sécurité sociale est remplacée par cinq sociétés d’assurances concurrentes qui reprennent tout le personnel. Les assureurs utilisent le principe du bonus afin d’encourager chacun à prendre soin de sa santé et à faire de la prévention. Et cela marche, l’idée de passer d’un système de droit à un système de devoir a réussi, avec à la clé une diminution d’un tiers du coût de la sphère sociale pour un service meilleur.

“Et cela marche, l’idée de passer d’un système de droit à un système de devoir a réussi, avec à la clé une diminution d’un tiers du coût de la sphère sociale pour un service meilleur.”

Plusieurs traits communs à ces trois réformes réussies, selon Xavier Fontanet. D’abord, les changements démarrent véritablement quand se dessine l’idée que cela ne peut plus durer comme cela. La presse a un rôle déterminant . Dès qu’elle comprend la gravité de la situation et passe à un mode explicatif, les choses se mettent à bouger. Ensuite, le respect des forces vives de l’économie, les entrepreneurs, à qui on demande un effort mais que l’on se garde bien de pénaliser, voire de spolier. Enfin, dans ces trois expériences, les syndicats sont explicitement sortis de tous les raisonnements de lutte de classe. C’est le grand changement : la population a compris les ressorts de la mondialisation et la nécessité, dans cette nouvelle donne, que les entreprises prospèrent.

* Xavier Fontanet Pourquoi pas nous ? (éd Les Belles Lettres Fayard).

Publié le

Entretien à Radio Notre Dame

30 Sep

Planisphère / L’oeil géopolitique de Radio Notre Dame

Planisphère est une émission hebdomadaire consacrée à la géopolitique. A travers ses invités, elle a pour but de décrypter les grands enjeux du monde contemporain par delà l’écume du quotidien et le bruit médiatique. Elle entend mettre en évidence les grands rapports de force, les permanences historiques et les nouveautés imprévues qui tracent les lignes de notre planète.

Planisphère est animée par Jean-Louis Thieriot, avocat d’affaire et historien, auteur de trois biographies, François Ferdinand (Fallois 2005), Margaret Thatcher (Fallois 2007), Stauffenberg (Perrin 2009). Il publie en novembre 2011 France-Allemagne, l’heure de Vérité (Tallandier).

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Pour écouter l’émission en podcast, allez sur le site de la radio, ici.

Vous cliquerez sur le petit haut parleur orange, à droite de la page.

NOUVEAU LIVRE SORTIE SEPTEMBRE 2014 « POURQUOI PAS NOUS? » CHEZ FAYARD

23 Sep

Je viens de sortir un nouveau livre, « Pourquoi pas nous ? » chez Fayard / Les Belles Lettres

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Napoléon, la veille des grandes batailles, expliquait à ses soldats la stratégie du lendemain. C’était pour lui une marque de respect et le gage de l’efficacité de tous dans les moments forts. Si on fait de même, les Français répondront présent, et s’ils peuvent exprimer pleinement leurs talents, ils seront capables de faire de grandes choses. Aujourd’hui, le monde politique infantilise et isole les Français en voulant les protéger et décider à leur place. Sommes-nous prêts à construire ensemble une stratégie et à faire confiance à chaque Français pour l’exécuter ?

Ce livre peut être lu par tout le monde ; il ne prend appui sur aucune théorie politique ou économique, il fait appel avant tout au bon sens ; il demande simplement de la curiosité d’esprit. Ce n’est pas par le dogme que l’on réussira, mais par l’initiative, l’expérimentation et le réalisme.

L’Allemagne, le Canada et la Nouvelle-Zélande ont connu ces périodes de doute profond ; l’histoire de leur retournement ouvre des pistes et montre qu’il est possible de sortir de l’ornière. Si eux ont réussi, alors pourquoi pas nous ?

Xavier Fontanet est l’ancien président d’Essilor International. Diplômé des Ponts et Chaussées et du MIT (Massachusetts Institute of Technology), il a commencé sa carrière au Boston Consulting Group puis est devenu directeur général de Bénéteau, directeur de la restauration du groupe Wagons-lits, directeur général d’Essilor de 1991 à 1996 et PDG de 1996 à 2010. Il est également professeur affilié de stratégie à HEC.

Disponible dans toutes les bonnes librairies

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Plus d’infos sur « Pourquoi pas nous ? » Le nouveau livre chez Fayard/Les Belles lettres

16 Sep

Plus d’informations sur le site des belles lettres, ici

livre pourquoi pas nous xavier fontanet

Voici le sommaire du livre

Première partie. – Petit exercice de réalisme et d’humilité
1. – « On a tout essayé ! » Chirac et Mitterrand
Les deux mille milliards qui mettent la société en danger
Ce n’est pas « la faute au pétrole ! »
Keynes et ses disciples
Tout… sauf la baisse des dépenses !
2. – L’entreprise et la mondialisation
Quatre idées sur la mondialisation
Les Français, cancres en économie ?
L’entreprise et la petite tortue
Le bénéfice n’est pas de l’argent disponible
Restaurer la dignité du banquier et montrer l’utilité des banques
Des Français allergiques au risque mais jaloux de la réussite d’autrui
Des personnes ou un système ? La dimension humaine de l’entreprise
Combien d’entrepreneurs ?
Les graines et le sol
Mais aussi le climat !
Ceux qui financent et ceux qui embauchent
Les leçons de l’histoire : Amsterdam, quatre cents ans et pas une ride
L’intérêt individuel ou les mariages arrangés ?
Les dorures ou l’information ?
La société au service de l’État ou l’État au service de la société
Le XXIe siècle sera celui des entreprises
3. – Quinze idées fausses auxquelles tordre le cou
« Nous, c’est différent ! »
« Il y a de l’argent, il suffit d’aller le prendre là où il est »
« L’argent de l’État »
« L’État ne peut pas faire faillite »
« On peut s’endetter puisque le taux d’intérêt est nul »
« Ce n’est pas grave si des gens partent, on fera sans eux »
« La baisse des charges, c’est un cadeau fait aux patrons »
« C’est un droit acquis »
« Nous avons le meilleur modèle social »
« Nos patrons ne sont pas bons »
« Le délocalisateur, c’est le patron »
« Moi, monsieur, je défends l’intérêt général ! »
« Ce n’est pas le bon moment ! »
« La mondialisation, ça nivelle ! »
« C’est un…, on sait déjà ce qu’il va dire »
4. – Comparer notre sphère publique en appelant un chat un chat
Une sphère publique largement plus grosse que la sphère privée
Le régalien ou la première brique des États modernes
L’étatisation progressive de la sphère sociale
Un bébé de quarante ans, la région
Une Allemagne plus économe que nous de 250 milliards d’euros
5. – Des impôts et des charges élevés
La France sur tous les podiums fiscaux
Champion des impôts mais aussi des charges sociales
Entre le travail au noir et l’exil
Quand le jockey est plus lourd que le cheval
À trop charger les entreprises…
… il ne reste plus rien à investir
La preuve par l’étranger
Deuxième partie. – Voyager donne des idées
6. – L’expérience du Canada en matière de réduction du déficit et de la dette
Dix principes ont essentiellement orienté le travail
Sur la méthode, quatre idées fortes
7. – L’Allemagne ou comment remettre tout le monde au travail
La Basse-Saxe permet à Volkswagen d’expérimenter
Schröder aux commandes
Le chômage détruit la société
Agenda 2010
L’appui des syndicats et de la presse
Angela Merkel reprend le flambeau
8. – La Nouvelle-Zélande de Roger Douglas
Contexte général
La santé
9. – La Suisse
La constitution du pays
L’organisation politique
Les députés
Le gouvernement
Les cantons
Le contrôle par la concurrence
La démocratie directe
Et les partis dans tout cela ?
Bilan
10. – La retraite
Le Pet Commodore familial et les déficits publics, prévus dès 19743
« Une société énervée ne vaut pas un point de croissance de plus »
La répartition, c’est la marine à voile ou la locomotive à vapeur
La capitalisation coûte deux fois moins cher, soit 100 milliards d’économies
Un choix de société
Troisième partie. – Allez la France !
11. – Baisser les dépenses de l’État de 25 %. Quelles solutions ?
Que veut dire faire un reengineering de la sphère régalienne ?
Le gouvernement et le Parlement
L’Europe de la défense ?
Justice, police, éducation publique décentralisées
Parier sur le dynamisme régional et la concurrence
Les finances au domaine régalien mais sous condition
La concession, ça marche ! Egis, un exemple d’administration moderne
Des administrations qui travaillent pour plusieurs pays
Un ministère de l’Industrie est-il encore utile ?
Vendre des actifs et rembourser une partie de la dette
Conclusion
12. – Le social, 32 % du PIB. La Nouvelle-Zélande et l’Allemagne comme maîtres d’école
Des caisses en concurrence ?
Le marché du travail est central dans une société
Pas de répartition possible sans allongement de la vie au travail
Des prévisions réalistes
13. – Se réorganiser pour être en position de bien vivre la mondialisation
Montrer l’intérêt de la mondialisation
Revoir notre conception de l’État et de la sphère sociale
Le rôle clé de l’Europe
Construire sur la bureaucratie ou sur la responsabilité et l’initiative ?
Jacobins ou girondins ?
Sortir de la lutte des classes
Redonner sa place à l’entreprise
De la subvention à la solidarité exigeante
Des caisses concédées et en concurrence
Capter le dynamisme associatif et donner la parole aux nombreux think tanks
14. – Qu’un groupe de sages retravaille sur la Constitution
Épilogue. – Pourquoi pas nous ?
Annexes

1. – Les quatre champs d’expérience
2. – Politique fiction
3. – Jaurès et l’entrepreneur (1890)
4. – Frédéric Bastiat et l’État dans la sphère sociale (1850)
5. – Les commissions
6. – Apple vs Essilor

L’État au service des entreprises, d’Yvan Le Galès pour le FIGARO

15 Sep

Article paru dans le Figaro

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Xavier Fontanet, ex-PDG et ex-président du conseil d’administration d’Essilor.
La France est ce drôle de pays où l’État est toujours considéré comme le garant de la prospérité et du bonheur alors que les entreprises ne sont qu’une variable parmi d’autres contribuant à la création de richesses. Les responsables politiques, nouvelle noblesse d’État descendante de l’aristocratie de cour, les cantonnent à jouer les seconds rôles dans le débat public.
« Les entrepreneurs s’entendent souvent dire par les politiques : “Vous ne défendez que des intérêts particuliers, c’est facile, nous, nous défendons l’intérêt général, c’est plus difficile” », écrit Xavier Fontanet, qui publie Pourquoi pas nous ? aux Éditions Les Belles Lettres/Fayard.
C’est contre cette idée fausse que l’ex-PDG et ex-président du conseil d’administration d’Essilor s’insurge en démontrant comment la mondialisation a bouleversé les règles du jeu aussi bien pour les entreprises que pour les États.
Dénonçant la panne d’idées qui paralyse notre pays, l’entrepreneur qui a vécu de manière très concrète la mondialisation aux commandes du leader mondial des verres correcteurs, constate que la sphère publique française composée de l’État, du social et des régions est « devenue largement plus grosse que la sphère privée ».
Elle représente 57 % du PIB, soit 1 150 milliards d’euros. Un chiffre record qui place la France aux côtés de la Corée du Nord et de Cuba.
Cette dérive qui a commencé en 1973, hypothèque l’avenir car « un État inefficace plombe irrémédiablement les entreprises travaillant sur son sol », résume Xavier Fontanet, qui plaide pour de profondes réformes pour relancer la création de richesses, l’emploi, le travail et la solidarité, en « redonnant à l’entreprise et aux entrepreneurs la place qu’ils méritent dans la société ».
Car quand l’entreprise va bien, tout est possible. A contrario, quand l’entreprise va mal, « il est impossible de construire une protection sociale durable » comme le démontre l’exemple tricolore.
Refusant les idéologies qui paralysent la société française, Xavier Fontanet milite pour le bon sens et le réalisme. Le patron globe-trotter a vu sur le terrain comment le Canada, l’Allemagne et la Nouvelle-Zélande, qui ont connu les mêmes difficultés que la patrie de Colbert, ont réussi à se réformer.
Ces trois pays ont appliqué la même méthode. Ils ont affirmé leur confiance à la sphère privée sans sacrifier les plus faibles et les plus démunis.
Cette révolution culturelle exige aussi un renouvellement de la classe politique en réduisant le nombre de députés issus de la fonction publique.
Un petit pays, la Suisse, peut servir d’exemple. Les parlementaires ne sont pas des professionnels des élections. Ils continuent de travailler pendant leur mandat.
Un livre à recommander à tous, parents, lycéens, étudiants, enseignants, artisans, salariés, dirigeants, professions libérales qui sont indignés par l’état de la France.

Comment traiter pour de bon l’interminable mal français Article d’Henri Gibier dans les Échos

11 Sep
Sortir de quarante années de dérive de la politique économique, c’est possible : trois pays qui y sont arrivés nous montrent le chemin.

Ils sont nombreux les Français qui, en cette rentrée cauchemardesque, où les mauvais indicateurs économiques se succèdent, plongeant le pouvoir dans un grand désarroi auquel les histoires d’alcôves n’arrangent rien, se posent deux questions toutes simples : comment en est-on arrivé là ? De quelle façon peut-on espérer en sortir ? Pour tous ceux-là, le livre de Xavier Fontanet, l’ancien président d’Essilor International, devenu parmi cent autres activités chroniqueur roboratif dans « Les Echos », tombe à pic. Son auteur a le mérite de dire les choses telles qu’elles sont, avec le bon sens de l’entrepreneur qui a tout intérêt à ne pas se payer de mots, et le tour de main du consultant en stratégie qu’il fut dans sa jeunesse, les bons chiffres et les courbes les plus parlantes toujours à portée de main.

Commençons donc par la première interrogation : pourquoi sommes-nous tombés si bas ? Xavier Fontanet a eu la bonne idée de réfléchir sur le long terme en comparant la France actuelle (en vérité celle de 2013 pour disposer des statistiques nécessaires) avec celle de 1973. Ces deux dates, c’est à la fois loin, quarante années déjà, et cela reste près de nous. Une partie de ceux qui occupent encore d’importants postes de responsabilité sont entrés dans la vie professionnelle à ce moment-là. Ils n’ont certainement pas le souvenir d’un pays qui tirait le diable par la queue. C’est même le sentiment inverse qui prédomine, si l’on en juge par la « nostalgie Pompidou » perceptible au cours des derniers mois.

Et pourtant, quand on se livre, comme l’a fait Fontanet, à une comparaison systématique de nos fondamentaux économiques en 1973 et 2013, on a du mal à croire qu’il s’agisse de la même France. La France d’hier vivait sans faire d’excès, mais fort bien, celle d’aujourd’hui vit au-dessus de ses moyens, mais se sent très mal. « En 1973, la dette publique représentait 15 % du PIB, elle atteint 100 % aujourd’hui ; le budget était en équilibre en 1973, il atteint – 4 % du PIB, soit – 8 % des recettes fiscales… le commerce extérieur était en excédent, il est en déficit de 3 % du PIB. La croissance était de 5 %, elle est de 0 %. Le chômage était de 3 %, il est de 10 % », égrène, implacable, le professeur de stratégie à HEC. A ses yeux, on ne peut pas comprendre ce qui s’est passé si l’on n’ajoute pas deux chiffres à cette litanie : « La part de la sphère publique est aujourd’hui de 57 % du PIB, un record du monde, alors qu’elle était de 27 % en 1973. »

Le test de la dinde

Comme le leitmotiv qui annonce, dans Wagner, le Crépuscule des dieux, ce thème de l’hypertrophie de l’Etat revient en permanence dans la première partie de l’ouvrage, celle du diagnostic. Ce n’est pas la crise pétrolière qui nous a fait dévier à ce point de la trajectoire des « Trente Glorieuses », soutient Xavier Fontanet, mais les mauvais épigones de Keynes, qui, lui, « n’aurait certainement pas recommandé un plan de quarante ans de relance avec quarante ans de déficit ».

Selon lui, les Français et leurs dirigeants se sont ainsi fourvoyés parce qu’ils ont beaucoup trop tardé à prendre la mesure du choc de la mondialisation. Le fait nouveau qu’elle a introduit est la mise en concurrence par-delà les frontières de la sphère publique. « La productivité d’une entreprise dépend de son excellence opérationnelle, mais aussi de la facilité à opérer dans son pays. » souligne l’ex-patron du numéro un mondial des verres optiques. Une évidence à laquelle s’est enfin ralliée la gauche de gouvernement, à travers François Hollande et Manuel Valls, au prix d’une remuante incompréhension dans sa base militante.

Qui dit sphère publique obèse dit charges et impôts exorbitants. Sur ce thème, Xavier Fontanet est intarissable. Sa besace statistique est pleine de données comparatives qui font de nous les champions du monde de « l’hyperfiscalité ». Il y voit le mal pernicieux qui a fini par anémier notre économie, ainsi que le montre le test de la dinde : « Prenons un produit dont 100 de la valeur ajoutée est française, une dinde, par exemple ; si son coût hors taxes est 100, avec l’ensemble des impôts et charges, il sera de 232 ; la même dinde produite en Allemagne par un opérateur ayant exactement le même coût hors taxes aura un coût, charges comprises, de 182 ; elle sera 22 % moins chère. » Si le producteur français voulait s’aligner au même prix, charges comprises, il devrait abaisser son coût à 78. Impossible : « Les impôts et charges tuent notre appareil de production », conclut l’auteur.

La seconde partie de son essai est consacrée à répondre à la question qui découle de la première : comment en sortir ? Il a étudié trois exemples de pays qui ont réussi leur « retournement », comme on dit dans le business : l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande et le Canada. Chacun d’eux a su trouver les bons remèdes pour sortir de son ornière. Les Allemands ont réformé en profondeur leur marché du travail. Les Néo-Zélandais ont rebâti de fond en comble leur système de santé. Les Canadiens ont fait fondre leurs dépenses publiques et leur endettement. Ces trois exemples sont décortiqués avec brio dans le livre. Ils sont la preuve que, en ces matières aussi, quand on veut, on peut. Cette fois, les Français le veulent-ils vraiment ?

Henri Gibier

 

Voir l’article dans son contexte, sur le site des Échos

L’exemple de la Nouvelle Zélande – extrait du livre ‘Pourquoi pas nous?’

2 Oct

Nouvelle-Zelande-01

 

La Nouvelle-Zélande de Roger Douglas : la transformation

La plus audacieuse au monde d’un système de santé.

La situation des finances publiques en 1990

La santé est gérée par la sphère publique. C’est une énorme part du

PIB. Sans réformer le système lui-même, quels que soient les efforts

des gens qui y travaillent, on n’atteindra pas l’équilibre.

Dans les années 1990, la Nouvelle-Zélande présente très exactement

les caractéristiques de la France d’aujourd’hui : croissance plus

faible que la moyenne de l’OCDE, dette d’État de 20 000 dollars par

ménage, État en faillite, quarante ans de déficit budgétaire.

Roger Douglas est sans conteste l’homme à qui la Nouvelle-Zélande

doit le retournement de la situation du pays. C’est un homme étonnant.

Il est fils d’ouvrier agricole, a connu une enfance difficile. Après une

carrière dans l’industrie, il débute tardivement la politique au sein du

Labor Party, avant de devenir ministre des Finances, puis Premier

ministre. Doté d’une puissance intellectuelle hors du commun, il a

su traduire des concepts philosophiques en politiques très concrètes.

Toute son originalité est là.

Il a mené une refonte de l’économie néo-zélandaise en modifiant

de façon substantielle l’équilibre entre la sphère privée et la sphère

publique (fiscalité, marché du travail, réduction du déficit, remboursement

de la dette, retour à l’équilibre budgétaire, révision complète

du système éducatif, des retraites, de la santé).

Les Néo-Zélandais parlent avec passion de cette formidable période

qui a vu le pays repartir, période dont le point culminant fut la conquête

de la Coupe de l’America.

Roger Douglas est revenu aux éléments de base les plus simples

de la vie : responsabilité individuelle de chacun et confiance dans les

systèmes concurrentiels. Il dédie sa réforme aux plus pauvres, son

obsession étant que les gens, quelle que soit leur place dans la société,

prennent les décisions qui les concernent et puissent les assumer. Sa

pensée est tellement claire que le mieux est de le citer :

« Nous avons besoin d’un tax benefit system qui garantisse un standard

de vie décent, sans envoyer de mauvais signaux en décourageant

le travail, en prenant les décisions au nom des personnes et en encourageant

la dépendance. »

« Une réforme n’a pas de valeur si elle ne donne pas aux gens défavorisés

et qui veulent s’en sortir des opportunités de sortir eux-mêmes

des difficultés dans lesquelles ils se trouvent. »

« Toute forme d’assistance doit laisser intacte la dignité des gens et doit

leur permettre de faire eux-mêmes les choix qui les concernent. »

« En termes simples, nous devons faire en sorte que les gens aient

Intérêt à travailler. »

« L’un des problèmes les plus graves des systèmes d’assistance et/ou

Des systèmes gratuits, comme en France par exemple, c’est que l’on

prive les personnes du droit de faire des choix. Or le choix, c’est ce

qui forme les personnalités, c’est ce qui fait que l’on apprend de ses

erreurs et que l’on prend confiance grâce à ses succès. Laisser choisir,

c’est respecter la dignité des gens et permettre leur développement

personnel. »

« Pour synthétiser, même si on aide les gens, il faut qu’ils soient en

position de faire leur choix. »

Les cinq pépites 193

Si tous les plans échouent, en France, dans le domaine de la santé,

c’est que la raison est très profonde et dépasse largement le cadre de

la bonne ou de la mauvaise gestion.

Le domaine où la réforme néo-zélandaise a été le plus fondamental

est celui de la santé. La Sécurité sociale représente une telle part de

l’activité de la sphère publique qu’une restauration des comptes de l’État,

condition élémentaire de la croissance, passe forcément par la refonte

du système de santé. L’expérience néo-zélandaise des années 1990

doit être connue, comprise et méditée. La santé gratuite pour tous

était perçue comme un droit, exactement comme en France. Roger

Douglas va reformuler ce dogme en le transformant en ressort.

« La plupart des Néo-Zélandais en sont arrivés à croire qu’ils avaient

droit à tous les services de santé. Il faut se rendre à l’évidence, ceux-ci

fonctionnent mal et coûtent trop cher. »

« En fait le gouvernement ne peut pas tout offrir à chacun. Toutes

les possibilités de la médecine moderne ne peuvent pas être données

à tout le monde, pas plus que les gens ne peuvent oublier leur propre

responsabilité à l’égard de leur propre santé. En particulier, on ne

pourra plus rembourser sans discuter les dégâts qu’ils infligent à leur

santé par leur propre faute. »

« Depuis 1938, aucun parti politique n’a réussi à changer le système

de santé. Dans cette affaire, les pauvres ont été les principaux

perdants. »

« Les usagers n’ont pas la possibilité de réduire les inefficacités ou

de rechercher eux-mêmes les solutions les plus efficaces, les médecins

ne sont pas récompensés quand ils inventent de meilleurs moyens

de satisfaire la demande ; la raison profonde de cet échec est que

les procédures normales de marché ont été remplacées par la loi, les

ordonnances, la bureaucratie. »

Les idées de base de la réforme

Le système proposé est fondé sur l’idée que chacun est responsable

d’acheter une assurance contre « tout ce qui est grave, défini comme

petite probabilité mais qui a un coût élevé comme une hospitalisation,

sachant que chacun paie ce qui est courant ».

Tout ceci en échange… d’une réduction d’impôt !

Lorsque les moins favorisées des personnes ont du mal à payer

le coût de l’assurance, le gouvernement donne des aides financières

(vouchers), « mais le choix de l’assurance continuera d’appartenir à

chaque personne, il ne sera pas délégué ».

L’ancienne Sécurité sociale est coupée en… cinq sociétés d’assurance

concurrentes !

C’est le Parlement qui décide des soins assurés.

Le contrat qui lie chacun à l’assurance est annuel. Les assureurs

n’ont pas le droit d’annuler une assurance ou de refuser de la renouveler

; le principe d’un fichier national n’est pas admis.

Le contrat doit prévoir une possibilité de remboursement (bonus

comme pour les voitures) pour encourager chacun à prendre soin de

sa santé et faire de la prévention.

Le marché détermine les prix offerts par les assureurs, qui ont le

droit de faire des classes de risques. Les assureurs peuvent référencer

les médecins et les hôpitaux de leur choix.

Tout ce qui concerne la recherche et l’expérimentation de haut

niveau reste dans la sphère publique.

La pratique du système

La concurrence entre assureurs a permis de rendre en amont le

système de santé beaucoup plus efficace.

Le système hospitalier en particulier s’est rationalisé par produit

et par zone géographique.

Les coûts ont considérablement baissé. La mise en concurrence

des assureurs a provoqué une privatisation en amont du service de

santé. Les hôpitaux publics ont été rachetés par les médecins et leurs

employés.

De nouvelles techniques ou pratiques ont vu le jour (l’accouchement

à domicile, par exemple, a été remis au goût du jour et modernisé).

Les effets les plus inattendus de la réforme ont été le développement

de la prévention, qui a notamment entraîné la baisse du tabagisme et

de l’alcoolisme.

Tout ceci a commencé il y a vingt ans. La réforme a duré dix ans. Une

chose est sûre, la Nouvelle-Zélande a trouvé à son problème de santé

publique une solution pérenne, car elle repose sur des fondamentaux

solides. Aucun retour à la croissance dans ce pays n’aurait été possible

sans une amélioration de ce système de santé, qui grevait les comptes

publics. Voilà qui peut donner quelques idées, reconnaissons-le.

Extrait de « si on faisait confiance aux entrepreneurs » Edité par Les Belles Lettres.