La Suisse… si loin, si proche

4 Fév

Les discussions sur les retraites empêchent de tirer la conséquence des débats qui ont suivi l’épisode des « gilets jaunes » et c’est dommage. Quand on lit les rapports, le mot qui revient

le plus est celui de « proximité ». Tous ceux qui ont voyagé peuvent attester que le pays occidental qui a réussi le mieux à combiner mondialisation heureuse avec ancrage local des citoyens, c’est la Suisse.

La raison de cette harmonie est la structure de son Etat décentralisé en trois étages : fédéral, cantonal et communal. Chaque niveau dispose de ses recettes, assume ses coûts et, subsidiarité oblige, n’abandonne à l’échelon supérieur que les compétences qu’il ne parvient à exercer lui-même. Le coeur du système ce sont les 26 cantons qui se livrent une saine concurrence pour attirer les entreprises, le tout cadré par l’obligation de garder un bilan équilibré (il n’y a pas d’Etat providence pour combler les trous !). Les budgets sont votés chaque année par les citoyens eux-mêmes. Les élus gardent leur job et sont payés pour le temps passé (en général une semaine par mois) ; il n’y a donc pas de politicien de métier, et les Assemblées sont un fidèle reflet de la société.

L’autre domaine d’excellence c’est l’éducation, les deux tiers des enfants passent par la filière professionnelle (apprentissage dit « dual »), qui jouit d’un statut égal à celui de la voie générale. Ce sont des assurances privées qui assurent la retraite et la couverture santé. Le PIB par tête en Suisse est le double du nôtre alors qu’il était le même à la mort du regretté Pompidou et le chômage est à… 2,7 %.

Tout ceci est divinement expliqué dans un petit livre dont la lecture est accessible à tous, « Le Modèle suisse », écrit par François Garçon, qui a gardé les deux nationalités. On ne saurait trop, en ces temps troublés, recommander aux députés, aux sénateurs et au gouvernement de décortiquer et méditer cette petite merveille qui donne toutes les pistes permettant à chacun de nous de rester bien ancré dans son territoire tout en vivant pleinement la mondialisation.

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