Comment garder nos leaders mondiaux- Chronique aux Echos

27 Nov
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Le groupe Air Liquide vient d’annoncer un investissement majeur aux Etats-Unis : l’acquisition d’Airgas, qui en fait le leader mondial dans son domaine. Bravo et merci à ce groupe splendide de donner des raisons de fierté et d’espoir en ces temps difficiles ! Nos grandes entreprises françaises qui sont des leaders mondiaux sont comme des vaisseaux puissants qui continuent à tracer leur sillage, même dans les temps difficiles. On est, en France, plutôt contre ces grandes entreprises : on leur préfère les PME. C’est une erreur grossière, car elles furent elles-mêmes, dans un passé parfois récent, des PME. Elles sont simplement à un stade différent de leur vie, celui de la conquête du monde. Pour toute personne qui a un minimum de bon sens, il est essentiel qu’on fasse tout pour les garder sur notre sol et qu’elles s’y sentent bien. En logeant leur siège social et, généralement, leur recherche chez nous, elles sont un facteur de prospérité indiscutable. Or, on fait en ce moment tout ce qu’il faut pour les faire fuir, avec dans les faits les impôts sur les sociétés et sur les revenus les plus élevés au monde. Cette politique décourage l’investissement sur le territoire et complique le maintien des équipes dirigeantes sur place. Nos amis anglais ont fait une politique exactement inverse : au lieu de monter le taux de leur impôt sur les sociétés de 28 % à 37 %, comme nous l’avons fait dans les huit dernières années, ils ont baissé le leur de 28 % à 21 % pour stimuler et attirer les investissements. Notre politique visant à dispenser de l’impôt un maximum de citoyens a, quoi qu’on puisse nous raconter, pour conséquence mécanique de reporter la charge sur les entreprises, et au sens large sur les directions. Nous oublions que nous vivons dans un monde de liberté et de concurrence, que les taux d’impôt sont des prix de marché. Si nous persévérons dans l’erreur, nous perdrons nos plus belles entreprises et, avec elles, les talents et les recettes fiscales qui y sont attachés.
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