Testons une éducation décentralisée – Ouest France –

13 Fév

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Les discussions sur les horaires scolaires et le travail du dimanche illustrent les limites de l’hyper centralisation de notre pays et son inadaptation aux temps actuels.

Chez nos voisins, ce type de décision est pris au niveau local.

La centralisation, entre autres défauts, suppose une sorte d’infaillibilité ministérielle… La décentralisation permet, elle, de coller aux situations particulières et facilite surtout l’expérimentation. Dans notre monde changeant, il est impossible d’ériger des règles générales sur des questions de détails. Mieux vaut donc tester, éliminer ce qui ne marche pas et faire converger l’ensemble vers les solutions qui ont prouvé leur justesse.

Le général de Gaulle avait entrevu, dès le milieu des années 1960, le potentiel d’un pays décentralisé.« L’évolution générale, disait-il, porte notre pays vers un équilibre nouveau. L’effort multiséculaire de centralisation, qui fut longtemps nécessaire pour réaliser et maintenir son unité malgré les divergences des provinces qui lui étaient successivement rattachées, ne s’impose plus désormais. Au contraire, ce sont les activités régionales qui apparaissent comme les ressorts de sa puissance économique de demain. »

Les plus anciens s’en souviennent : les Français repoussèrent par référendum un projet de décentralisation (et de réforme du Sénat) que De Gaulle avait transformé en vote sur son maintien à la présidence. Quarante-cinq ans plus tard, n’est-il pas temps de remettre le dossier sur la table ? Et si oui, comment ?

Un projet concret serait d’indiquer les pistes d’une vraie réforme régionale (pas une carte redessinée mais un fonctionnement redéfini) en décentralisant une des fonctions de l’État. Parmi les activités régaliennes, un consensus se dessine pour désigner l’Éducation nationale comme un des domaines qui laisse le plus à désirer, comme le confirme sa baisse régulière dans les classements mondiaux. Le pays entier risque le déclassement par rapport à l’extérieur et l’explosion des inégalités à l’intérieur.

« Un bon exemple : le système suisse »

L’un des pays les mieux placés dans les classements mondiaux (Shanghai pour l’enseignement supérieur, Pisa pour l’enseignement primaire et secondaire) est la Suisse. La meilleure façon de progresser est toujours de s’inspirer des meilleurs. En Suisse, l’enseignement est piloté par le canton, entité plus petite que le département. La preuve que l’on peut avoir des écoles de niveau mondial gérées par des villes moyennes. La Suisse démontre aussi que la concurrence bien organisée produisait l’excellence à condition de faire confiance aux enseignants de terrain, de laisser les établissements établir leurs programmes et les parents choisir librement l’école de leurs enfants.

Adaptons la méthode à la France : où obtient-on les meilleurs résultats au bac ? En Alsace, Bretagne, Vendée… Si ces régions sont si bien placées, c’est probablement parce que la concurrence privé-public pousse toutes les écoles à l’excellence.

Proposons de faire gérer l’éducation publique au niveau départemental. Ce serait une jolie façon de faire d’une pierre deux coups : tracer les pistes d’une régionalisation authentique et aider notre éducation publique à progresser. Il faut des volontaires ! Pourquoi l’Alsace et le grand Ouest ne se porteraient-ils pas candidats ?

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