Mettre en avant l’envie d’une Bretagne innovante et solidaire. (Ouest France/Philippe Gaillard)

6 Sep

Cet article écrit par Philippe GAILLARD dans Ouest France pourrait vous intéresser.

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Pour ses vingt ans, l’Institut de Locarn a réuni la fine fleur des décideurs régionaux. Objectif : mettre en avant l’envie d’une Bretagne innovante et solidaire.

Hier matin, à Locarn, au coeur de la Bretagne intérieure, l’immense barnum est plein à craquer. Plus de 400 personnes, entrepreneurs, élus, enseignants, étudiants… sont là pour fêter ensemble, à l’occasion de son université d’été, les vingt ans de l’institut, centre de prospective, de réflexion et de formation. « En 1994, nous étions utopistes. Nous voulions essayer d’imaginer des choses qui n’existaient pas, pour vivre mieux », a rappelé l’universitaire Joseph Le Bihan, l’un des créateurs de l’Institut, avec le patron d’Intermarché, Jean-Pierre Le Roch.

Jeudi soir, une veillée, animée par l’essayiste et économiste Hervé Juvin, a permis de débattre « des atouts de la Bretagne face à l’échec du modèle français centralisé ».

Des atouts qui ont été rappelés en séance plénière vendredi. « Dans la phase explosive de la mondialisation, nous savons d’où nous venons et qui nous sommes, a insisté Hervé Juvin. Et notre atout principal, c’est notre capacité à agir ensemble, notre capacité à dire Nous. »

Un argument repris par Xavier Fontanet, ex PDG d’Essilor, qui a livré un cours magistral d’économie libérale. S’appuyant sur les exemples du Canada, de la Suisse, de l’Allemagne et de la Nouvelle-Zélande, « des pays beaucoup plus décentralisés que la France », ce Savoyard de mère bretonne, très applaudi, a plaidé pour « une plus grande autonomie en matière de finances, de fiscalité, d’éducation, de culture, de santé, d’agriculture et un droit à l’expérimentation ».

Une cible : l’État nation

Un plaidoyer repris par Jean-Michel Le Boulanger, qui remplaçait au pied levé Jean-Yves Le Drian, retenu par ses obligations ministérielles. Le vice-président de la Région, chargé de la culture, interpellé par une lycéenne, un étudiant et une agricultrice, a énuméré « les raisons de croire en l’avenir ».

Pour lui, il existe une réponse spécifique de la Bretagne aux évolutions du monde. Elle repose sur trois préalables : « Savoir répondre à l’individualisme, ce tout à l’ego qui ronge le vivre ensemble ; ne pas céder à la tyrannie de l’urgence qui est une atteinte à la pensée et à l’importance de l’histoire et de la culture ; et intégrer le fait qu’avec la mondialisation, le lointain devient proche, mais le proche peut devenir étranger. »

Une intervention conclue, comme les autres, par une charge contre l’État nation, « aujourd’hui, une singularité en Europe, devenue une maladie française : l’unité de la République certes, mais pas dans l’uniformité ».

Et après vingt ans, quelles sont les perspectives pour l’Institut de Locarn ? « L’utopie des débuts n’a-t-elle pas débouché sur une institution qui véhicule une certaine idéologie ? » a osé un sociologue de Rennes II. Ce sera la seule impertinence dans une matinée conclue par toute l’assistance chantant, debout, le Bro Gozh, l’hymne breton.

Retrouvez l’article sur le site de Ouest France, ici

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