Pourquoi tuer l’actionnariat salarié ?

5 Déc

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La FAS (Fédération française des associations d’actionnaires salariés et anciens salariés) vient de remettre à six entreprises le prix de l’actionnariat salarié ; une bonne occasion de faire le point. Celui-ci chute actuellement sous ses diverses formes. L’explosion du forfait social a permis à l’Etat d’engranger un milliard de recettes supplémentaires sur les entreprises, mais cela a fait reculer l’intéressement et la participation. Autre coup porté à l’actionnariat salarié, l’augmentation des taux de l’ISF et des impôts sur les dividendes. C’est la double peine : le plus souvent, le dividende net d’impôt ne couvre plus l’ISF, surtout dans le cas d’entreprises performantes. Ca n’a pas raté, les versements reculent. Sans parler des retraités qui, après avoir épargné toute une vie se trouvent en flux annuel négatif. Ils ont pourtant, compte tenu de la fiscalité de l’époque, investi fidèlement dans leur entreprise (outil de travail), préparé leur retraite, porté le risque concurrentiel ; ça a marché et patatras, il faut encore payer !

Un comble quand l’actionnariat salarié transforme les rapports entre le collaborateur et son entreprise, le fait participer à la gouvernance, rend les OPA plus difficiles, assure un partage équilibré de la valeur créée, permet aux employés français de bénéficier de la mondialisation. Il aurait dû être un cheval de bataille pour les politiques, eh bien non ! C’est une vache à lait. Cela en dit long sur la défiance vis-à-vis de la réussite qui inspire bon nombre de nos députés. La seule petite lumière de la loi de Finances aura été de récompenser la fidélité actionnariale par l’abattement sur les plus-values obtenu après huit ans. Que l’on soit cohérent, et que l’on retire de l’ISF toutes les actions conservées plus de huit ans dans le cas de l’actionnariat salarié pour les employés et pour les retraités. Mieux vaut permettre aux collaborateurs de rentrer au conseil au titre de leur détention que les spolier et forcer cette entrée par la loi.

Les Echos 2013 – Tous droits réservés

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