« General Motors, la leçon d’un retour » par Xavier Fontanet dans les Echos du 7 février 2013

3 Mar

General Motors repart d’un bon pied. L’entreprise descendait aux enfers depuis vingt ans avec des parts de marché aux Etats-Unis baissant de 40 % à 20 %. Le « reengineering » a fonctionné, ses chiffres doivent être connus et médités. La crise commencée à l’été 2007 entraîne des pertes de 14 et 20 milliards de dollars en 2008 et 2009. S’ensuit une remise à plat suivie de résultats : 5 milliards de dollars en 2010, 6 en 2011, 7 en 2012… Sur le terrain, les équipes et les syndicats ont fait un travail à peine croyable : le nombre de marques passé de 8 à 4, le nombre de modèles de 52 à 34, le nombre d’usines de 25 à 15, les concessionnaires de 6.000 à 3.500 , les cols bleus de 48.000 à 35.000, les cols blancs de 28.000 à 25.000. Les syndicats dans cette affaire ont joué un rôle historique en acceptant par réalisme de renoncer à l’emploi à vie ; les salaires horaires de Detroit sont passés de 72 dollars à 49 dollars ; pour les emplois moins spécialisés, ils sont convenus d’un salaire horaire de 32 dollars.

Les parts de marché ont globalement tenu car les marques conservées ont regagné l’espace libéré par des marques stoppées. Avec le redémarrage de l’économie, les volumes ont repris 15 % depuis 2009, l’entreprise a réembauché plus vite que prévu.

Leader aux Etats-Unis contre Toyota, devenu leader en Chine contre Volkswagen, distancé en volume et en qualité en Europe par le même VW mais avec des cartes à jouer autour d’Opel, l’entreprise a du champ et de beaux challenges devant elle. Celle qui fut longtemps l’orgueil de l’Amérique, la plus grosse affaire du monde, celle qui a ensuite mordu la poussière est de nouveau debout !

La fierté légitime de tous les partenaires dont le président Obama, qui a soutenu moralement et sans état d’âme cette gigantesque remise en cause, est à la hauteur des efforts consentis par tous.

Le message que nous passe l’Amérique est simple : les industriels savent faire. Mais, pour que les choses arrivent, il faut en plus le réalisme syndical et le support moral des politiques.

Retrouver cet article sur leschos.fr

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