« Nul n’est prophète en son pays » par Xavier Fontanet dans les Echos du 14 février 2013

25 Fév
Photo de Xavier Fontanet

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Il y a un an, les Chinois publiaient leur classement des meilleures entreprises mondiales, résultat du travail d’un jury de journalistes, d’universitaires et d’avocats. Ce classement ne s’est intéressé qu’aux entreprises capitalisant plus de 15 milliards de dollars. Trois critères étaient pris en compte : la durée du mandat des dirigeants (les sociétés dont les dirigeants tournent trop vite sont éliminées) ; l’ancienneté de l’implantation en Chine, ainsi que la part de marché (il faut avoir cru en la Chine dès son ouverture) ; la rentabilité sur vingt ans, actions et dividendes compris (on aime les gens qui privilégient le long terme).

Dans le classement, on retrouve le gotha des entreprises mondiales, mais le coup de théâtre vient du clan français : onze entreprises figurent dans les cent premières (Essilor, Suez, Michelin, AXA, LVMH, Schneider, Carrefour, L’Oréal, Danone, PPR et Renault-Nissan). Pas mal, pour un pays qui représente 5 % du PIB mondial ! Les Allemands placent six sociétés, dont deux constructeurs automobiles.

Ceci nous sort des sempiternelles comparaisons sur la voiture allemande, qui démontrent que les Allemands sont meilleurs que les Français, et qu’il faut copier leur stratégie de haut de gamme. Nous touchons du doigt le fait que nous sommes différents, et pas sur les mêmes créneaux. Les Allemands aiment la précision, la machine-outil, l’industrie, les produits bien établis ; les Français sont meilleurs dans les métiers moins stabilisés, à l’aise dans le service et la distribution. Le Français est conceptuel et désobéissant, donc imaginatif ; l’Allemand a le sens du détail et aime la discipline, il est adapté aux produits de grande série.

Deux autres enseignements peuvent être tirés de ce classement. Un, les Chinois nous montrent que les entrepreneurs français peuvent exceller. Deux, on ne va pas espérer à court terme que les Français aiment leurs grandes entreprises – c’est trop attendre -, mais on peut espérer au moins qu’ils les découvrent et qu’un jour ils en soient fiers. Alors ils pourront les écouter et bénéficier de l’expérience de compatriotes qui ont su grandir grâce à la mondialisation.

 

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