« A Chacun son rôle » par Xavier Fontanet dans les Echos du 21 février 2013

21 Fév

A la suite des négociations entre patronat et syndicats, le Parlement va entériner par la loi l’entrée dans les conseils d’administration de deux représentants du personnel avec droit de vote. Associer le personnel à la stratégie d’une entreprise est louable : plus les collaborateurs sont impliqués dans sa construction, mieux ils l’appliquent. Le tout est de le faire intelligemment et équitablement vis-à-vis de toutes les parties prenantes.

Pourquoi une loi de plus alors que l’actionnariat salarié, en place depuis longtemps, est la voie royale pour amener les collaborateurs au conseil ? Pourquoi lui avoir porté un tel coup dans la dernière loi de Finances en augmentant la contribution de l’entreprise et les impôts sur les plus-values que devront payer les salariés ? Le bon sens veut que l’on ramène rapidement la fiscalité de l’actionnariat salarié à des hauteurs raisonnables, c’est-à-dire au niveau qui se pratique ailleurs en Europe.

Cette affaire pose par ailleurs trois problèmes :

1) Jusqu’où un Etat peut-il distribuer des droits de vote dans une entreprise où il n’a pas lui-même investi ? Le droit de vote est le pendant d’un risque financier, pris personnellement par l’actionnaire.

2) Est-ce une bonne idée de favoriser les salariés français dans des entreprises complètement mondialisées, qui ne peuvent pas faire de différence entre leurs salariés, sauf à accepter une discrimination ?

3) Comment traite-t-on les entreprises qui, à travers l’actionnariat salarié, ont déjà dans leur conseil d’administration deux salariés ou plus ?

Si l’on peut regretter qu’il n’y ait pas assez de salariés au sein des conseils d’administration, on peut aussi regretter qu’il n’y a pas assez d’entrepreneurs au gouvernement. Par souci de symétrie, et pendant qu’il est encore temps, pourquoi ne pas inclure dans cette loi la présence au Conseil des ministres, le mercredi, de deux entrepreneurs, l’un représentant les petites entreprises locales et l’autre les grandes mondialisées ? Il est toujours sage d’appliquer à soi-même ce qu’on impose aux autres.

Retrouvez cet article sur lesechos.fr

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