Sortir du grand débat Chronique aux Echos

22 Avr

1024px-les_echos_logo-svg

Le grand débat, c’était très bien… il a permis à beaucoup de Français de se rencontrer et de vider leur sac, mais il faut déboucher sur des bonnes décisions, et la méthodologie adoptée n’est pas exempte de risques quant aux solutions proposées. Ce sont surtout les difficultés rencontrées par les citoyens qui ont été exprimées, sachant que soulager les effets sans s’attaquer aux causes peut aboutir à des mesures qui augmentent les problèmes. Un exemple : pour atténuer les douleurs du chômage, on décide d’augmenter les indemnités ; le chômage continuera à s’étendre parce que les charges supplémentaires feront perdre de la compétitivité aux entreprises et parce que les incitations à la reprise du travail auront été réduites.Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut moins d’impôt, et que moins d’impôt veut dire moins de dépenses publiques. Très bien, mais soyons clairs avec les mots : la dépense publique, c’est pour 60 % des dépenses sociales. Le moyen évident pour baisser la dépense publique, c’est de partir plus tard à la retraite et de réduire la durée des indemnités chômage puisque partout où cela a été fait (Grande-Bretagne, Allemagne) ce dernier a diminué. Quant au domaine régalien, il est essoré depuis vingt ans à l’exemple de l’armée ; son rôle éminent est reconnu par les Français, en particulier celui de la police en cette période de violences urbaines. La leçon que l’Etat doit en revanche retirer du grand débat, c’est d’arrêter d’épuiser l’ensemble du corps social sous l’avalanche de ses normes. Il doit aussi lutter contre la déshumanisation que facilite l’application aveugle d’une loi qui va trop dans le détail. En fait, le seul endroit où les dépenses ont monté c’est dans les régions avec leur coûteux mille-feuille. Les trois domaines où faire les efforts sont donc tout désignés ! Le fond des choses, c’est notre conception de l’Etat providence et le colbertisme sur lesquels il faut impérativement revenir. L’Etat doit désormais se concentrer sur le domaine régalien, à savoir assurer aux citoyens un cadre permettant à nous tous de s’épanouir dans le respect des autres. Les personnages clefs de la société sont désormais le maire et l’entrepreneur. En guise de devise, on pourrait proposer : « A chacun un métier et un clocher ! »

 

Plus d’articles sur le site www.lesechos.fr

Internationalisons France Télévisions ! Chronique aux Echos

22 Avr

1024px-les_echos_logo-svg

La fin de la redevance télé comme piste de sortie du débat ? Encore une fine suggestion ! Des voix s’élèvent du côté des syndicats (c’est leur rôle) arguant qu’il faut « lui substituer d’autres recettes pour garantir l’indépendance par rapport au pouvoir politique ». Chacun y va de son idée en allant chercher une autre ligne budgétaire. Pas difficile de prédire que ça va tourner court. Le Français, si créatif par nature, n’arrive pas à sortir de la logique fiscale. Il y a une idée pourtant simple qui consiste à lancer France Télévisions à l’international en échange d’une réduction progressive et programmée des redevances que le Trésor public lui verse.Cette technique a été appliquée avec Egis, la société qui, pour le compte du ministère de l’Equipement, dessinait tous les projets de routes, de ports et de ponts. L’idée venait d’Albin Chalandon, alors ministre de Georges Pompidou qui l’a fermement soutenue. Nous avons donc du recul pour juger ses effets. Egis a fait un véritable tabac à l’international (il faut dire que nos ingénieurs des Ponts sont au top mondial). Ce succès lui a permis d’avoir des recettes extrêmement diversifiées. L’Etat, dans cette affaire, a fait lui aussi beaucoup d’économies. Ca a demandé aux équipes de sortir d’un certain confort, mais elles ont en échange goûté les émotions fortes de la conquête d’un leadership mondial. France Télévisions a ce qu’il faut pour conquérir des contrats à l’international. Le groupe regorge de talents, se frotter à cette dure concurrence les enrichira (le meilleur tuteur est son concurrent). la France ne représente que 5 % du PIB mondial, les perspectives sont donc immenses. Ce sera la meilleure façon pour l’entreprise de démontrer qu’elle tient la route, elle ne peut pas refuser un tel challenge. L’étape suivante sera la privatisation, qui se fera d’autant plus facilement que l’internationalisation aura été réussie. Il sera tout à fait légitime de permettre au personnel d’accéder au capital. Contre une délivrance généreuse de stock-options, on adaptera le contrat aux conditions du privé. Relever ce défi sera une façon élégante de contribuer activement à l’effort national et de développer l’image de notre pays à une époque où il faut que chacun y mette du sien !

 

Plus d’articles sur le site www.lesechos.fr

Témoignage

6 Avr

Capture d’écran 2019-04-05 à 11.13.35Après avoir dirigé Chantiers Bénéteau de 1986 à 1991, Xavier Fontanet rejoint ensuite Essilor en tant que directeur général (1991-1995), puis vice-président (1995-1996), président-directeur général (1996-2009), et président (2010-2012). Il est actuellement administrateur d’Essilor, Schneider et L’Oréal. Aujourd’hui, il met son expérience au service des entreprises en misant sur une idée centrale, celle de la transmission de ses idées à la nouvelle génération. Il nous livre ici sa vision stratégique de l’économie des domaines skiables.

On ne peut que saluer le travail collectif de la profession, des élus et des pouvoirs publics qui a permis en cinquante ans d’acquérir cette brillante position.Il est une règle valable aussi bien dans le sport que dans les affaires : la situation de leadership n’est ni stable ni confortable, elle doit être défendue bec et ongles quotidiennement.

xavier-fontanet

 

CLIQUEZ ICI POUR VOIR LIRE L’INTERVIEW

 

Retrouvez d’autres article sur le site www.domaines-skiables.fr

La vraie richesse des expatriés – Chronique aux Echos

5 Avr

1024px-les_echos_logo-svg

Olivier Duha, fondateur et coprésident de Webhelp, était la semaine dernière à Paris et a contribué au grand débat en remettant un rapport au gouvernement et en donnant quelques interviews. Il a fait passer une idée simple, jusqu’ici peu évoquée : baisser les coûts de la sphère publique en recourant beaucoup plus à la sous-traitance. Olivier Duha est l’ancien président de CroissancePlus, il s’est expatrié il y a quelques années. Le groupe qu’il a monté est en forte croissance et rassemble aujourd’hui 35.000 collaborateurs. La réforme anglaise a beaucoup recouru à la sous-traitance et à la concession. Olivier Duha a pu juger sur le terrain de leur efficacité. Il est l’archétype de ces Français citoyens du monde mais attachés à notre pays, qui sont au contact de bonnes pratiques que nous pourrions faire nôtres.

Nos expatriés sont beaucoup plus nombreux que l’on croit, probablement plus de 2,5 millions. Leur nombre a explosé. Pourquoi ? Les uns sont partis, il faut le dire, à cause des impôts qui chassent ceux qui ont réussi ou ceux qui ont des projets et ne veulent pas se faire spolier quand ceux-ci ont marché. Les autres ont pris la décision d’expatriation pour aller chercher des jobs dans des zones d’emploi plus dynamiques qu’ici plutôt que d’utiliser nos généreuses indemnités de chômage.

Il y a aussi tous ceux qui contribuent au développement international de nos entreprises petites et grandes. On les retrouve par dizaines de milliers en Californie, à Singapour, en Australie ou au Canada. Comme les Français sont dégourdis, ils excellent dans tous les pays où l’environnement est proentreprise. Ils contribuent ainsi efficacement à l’image de notre pays.

Malheureusement on n’a pas assez utilisé leur expérience dans le grand débat, il n’était pas construit pour cela. Il serait donc très utile de lancer une autre consultation. Ca donnerait beaucoup d’idées fraîches. On montrerait par la même occasion à tous ces Français talentueux qu’ils nous sont infiniment utiles. Ca réduirait le risque que sur la durée eux ou leurs enfants décident de se fixer sous d’autres cieux, provoquant par là même une grave perte de substance pour notre pays

 

Retrouvez d’autres article sur le site lesechos.fr

La leçon de Blanquefort – Chronique aux Echos

25 Mar

20 millions d’euros sont demandés à Ford pour réindustrialiser dans le cadre du plan de fermeture de son usine de Blanquefort. Ford paiera. Mais notons au passage que la somme est significative, surtout quand on sait que les assurances chômage ont été dûment acquittées. Certes, ces 20 millions faciliteront le reclassement des salariés. Mais en réaction, les groupes internationaux qui pensent investir en France auront ces chiffres en tête et réfléchiront à deux fois avant d’appuyer sur le bouton. Ils iront évidemment regarder ce qui se passe chez nos voisins immédiats.

Une revue anglaise vient de sortir des statistiques montrant que tous ces pays ont réduit considérablement leur chômage depuis dix ans, sauf la France. Le champion toutes catégories est la Suisse, où ce dernier a encore baissé de 20 % cette année, à 3,2 % de la population active, ce qui représente 150.000 chômeurs. Si l’on regarde de plus près, la Suisse fait appel à 300.000 frontaliers (dont la majorité viennent de France). Son chômage est donc négatif alors que son taux d’emploi est à 80 % (il n’est que de 64 % en France) et que les salaires y sont doubles des nôtres en moyenne. Une fermeture comme celle de Blanquefort s’y réglerait en moins de trois mois sans y consacrer le moindre euro.

Où est le secret d’une telle performance ? Probablement, et c’est un paradoxe, dans la concision et la simplicité du droit du travail de ce pays, qui contient environ 100 fois moins de pages que le nôtre et dans les messages qu’il passe ; l’employeur n’a pas à justifier une décision de licenciement ni à réindustrialiser la région s’il ferme une usine. Il doit simplement payer des indemnités selon un barème préétabli.

Regardons autour de nous et tirons les bons enseignements : le pays qui a le moins de chômage et les salaires les plus élevés est celui qui a l’environnement le plus simple et le plus lisible.

 

Xavier Fontanet

 

Plus d’article sur le site www.lesechos.fr

Quatre mesures contre les fake news – Chronique aux Echos

14 Mar
1024px-les_echos_logo-svg

Les fake news sont un problème grave qui va empirer.

Si l’Europe s’y attaque plus efficacement que l’Amérique et la Chine, elle peut revenir dans le grand jeu du Net dont elle est absente.

On peut imaginer quatre mesures que pourraient prendre les pays européens.

D’abord, s’attaquer au gigantesque troc qui consiste à dire : « Tu me donnes tes données et je te donne mes applis. » Première décision : en Europe, on achète les données et on vend les applis. Cela permettrait d’y relocaliser une partie des impôts qui doivent légitimement y être payés.

Il faut ensuite exploiter les failles qui apparaissent avec les fake news venant de sources anonymes et la crainte grandissante de savoir ce qu’il advient des données. D’où la deuxième décision : l’Europe exige qu’à chaque adresse corresponde une personne identifiée. Cela réduirait les fake news en permettant de les tracer plus efficacement. Ce changement des règles du jeu provoquera une génération de nouvelles applis payantes, assurant que les données ne sont pas réutilisées. Belle opportunité de faire revenir les Européens travaillant dans les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) et consorts. L’exercice de leurs stock-options (dont les plus-values représentent plusieurs centaines de milliards d’euros) peut financer facilement ces nouvelles sociétés.

La condition, qui constitue la troisième décision, c’est de remettre les fiscalités sur les plus-values à des niveaux compétitifs. La prolifération des fake news est le résultat de l’affaiblissement des médias écrits, qui ont perdu la publicité passée chez… les Gafa. Des journaux prospères et capables de bien payer leurs journalistes sont le meilleur rempart contre les fake news.

Quatrième décision : favoriser les abonnements aux médias écrits en permettant aux citoyens européens de les déduire de leurs impôts. L’Europe ne rattrapera pas les Gafa, c’est bien trop tard, mais ces quatre mesures peuvent remettre le pied à l’étrier de ses entreprises en attendant les bouleversements technologiques qui, forcément, un jour rebattront les cartes à nouveau.

 

Plus d’articles sur le site www.lesechos.fr

Coûteuse sphère – Chronique aux Echos

19 Fév
1024px-les_echos_logo-svg

Lors d’une conférence organisée par Esprit d’entreprise, Philippe d’Ornano, président de Sisley et du METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire), a rappelé quelques vérités. Possédées en majorité par des familles, ces entreprises constituent une partie essentielle de notre économie. Elles sont attachées aux territoires. Portées par des visions long terme, elles résistent remarquablement aux crises. Philippe d’Ornano a rappelé qu’en 1980 France et Allemagne avaient le même nombre d’ETI. Aujourd’hui, on en dénombre 5.700 chez nous et 11.000, soit près du double, en Allemagne !

Comment expliquer ce retard qui affecte nos régions ? Nos économies sont faites de service et d’industrie. Il y a trois différences fondamentales entre ces deux types d’activité : les services sont logés dans les métropoles, alors que l’industrie se trouve dans les villes moyennes et la campagne ; le service est léger en capital ; et la concurrence y est locale – exactement l’inverse de l’industrie, qui utilise beaucoup de capital et subit une concurrence mondiale parce que ses produits circulent.

L’inflation de notre sphère publique (relativement à celle de nos voisins) se retrouve, qu’on le veuille ou non, dans le prix de revient. L’écart de coût qui en résulte a un effet nul sur le service, puisque la concurrence est par nature locale. Par contre, il pénalise nos industriels confrontés à des concurrents dont les sphères publiques sont plus légères que la nôtre.

Rajoutons à cette surcharge vingt ans d’ISF, lente hémorragie interne dont les effets se cumulent, empêchant nos entreprises industrielles de croître à la bonne vitesse quand elle ne contraint pas leurs actionnaires à vendre. Une autre raison pour laquelle nos régions souffrent.

Le jour où tout le monde aura compris que les 57 % du PIB que représente la sphère publique (régalienne, sociale et territoriale) et l’ISF ont contribué à la désertification des régions et à la révolte des « gilets jaunes », les choses iront peut-être un peu mieux !

Une loi Pacte pour le secteur public ? Chronique aux Echos

12 Fév

1024px-les_echos_logo-svg

C’est bien de partir des faits, surtout dans un pays comme le nôtre où l’on se complaît dans les idées. Mais une somme de constats ne fera jamais une politique, elle conduira à mettre des emplâtres sur les problèmes sans s’attaquer réellement à leurs causes. Emerge du grand débat national l’idée que, derrière notre fiscalité excessive, se cache une augmentation déraisonnable de notre sphère publique. Encore derrière, une erreur conceptuelle de certains de nos économistes qui ont expliqué, pendant quarante ans, que la dépense publique stimulait l’économie, justifiant du « toujours plus » dans les promesses électorales. Un économiste peut hélas tuer aussi sûrement une économie qu’un médecin son malade s’il se trompe de diagnostic. Depuis cinquante ans, le monde a changé, il est devenu concurrentiel et, dans un monde concurrentiel, il faut être compétitif. La compétitivité n’est plus uniquement celle de la sphère privée, c’est la compétitivité consolidée (privé/public) parce que les coûts publics entrent dans les prix de revient de nos entreprises. Il faut remettre les choses à plat et commencer par une redéfinition des missions de la sphère publique. Une sorte de loi Pacte pour le secteur public, visant un recentrage sur le régalien – quitte d’ailleurs à ce qu’on en renforce certaines parties. Dans le domaine social, qui représente à lui seul 60 % du tout, on n’évitera pas un recalage sérieux de paramètres, comme le temps de travail consolidé sur toute la vie, ainsi que des conditions encadrant l’indemnisation du chômage… qui apparaissent comme une des causes de ce dernier. Il faudra enfin se poser la question du colbertisme, qui a empilé les strates de coûts dans la sphère régionale, diluant les responsabilités et complexifiant les décisions. Dans cette affaire, nous avons une chance : plusieurs pays comme le Canada, la Nouvelle-Zélande ou l’Allemagne ont fait des retournements spectaculaires, ramenant chacun leur sphère publique de 56 à 44 % du PIB sur une période de dix à douze ans. Chaque fois, leurs économies sont reparties. C’est simple, pourquoi ne pas faire comme eux ?

 

D’autres articles sur lesechos.fr

Civisme fiscal – Chronique aux Echos

5 Fév

1024px-les_echos_logo-svg

Le gouvernement veut s’assurer que les PDG des grandes sociétés dont le siège est en France paient leurs impôts dans le pays, on ne peut qu’être d’accord. Chacun de nos champions porte en quelque sorte l’étendard national (ou celui de l’Europe !), leurs PDG représentent plus qu’eux-mêmes à travers l’entreprise dont, pour un temps, ils portent la charge. Ils se doivent d’être citoyens.

Ceci étant dit, il faut tenir compte des réalités. Notre pays représente 5 % du PIB mondial, les leaders français sont d’actifs citoyens dans tous les pays du monde ; le travail des PDG les amène à passer de plus en plus de temps hors de France, il faut qu’ils soient là où l’entreprise réclame leur présence physique.

S’il n’est pas illégitime qu’ils paient une partie de leurs impôts là où ils passent effectivement leur temps, il n’est par contre pas acceptable que leur localisation et leurs déplacements soient conditionnés par de l’optimisation fiscale personnelle. C’est le devoir des conseils d’administration, aidés en cela par les commissaires aux comptes, de bien y veiller.

L’exhortation de notre gouvernement à payer les impôts en France sera d’autant plus justifiée que sa fiscalité sera exemplaire (ou au moins comparable à celle des voisins !) et que l’on inclura aussi dans l’affaire les sportifs et les artistes. Faute de le faire, on risque de jeter injustement en pâture un groupe d’hommes et de femmes dont l’immense majorité a un comportement en la matière tout à fait citoyen.

Il n’est pas ici question de donner des leçons à quiconque, mais il faut savoir que le sujet est complexe, que l’arsenal juridique existe et qu’un pays ne peut agir seul ; c’est en fait aux dirigeants eux-mêmes, sans qu’on les force, de construire, avec leur conseil d’administration, des comportements éthiques. Ca évitera des lois de circonstance et contribuera aussi dans cette période difficile à l’acceptabilité de l’économie de marché… qui en a, reconnaissons-le, grand besoin !

 

Plus d’articles sur le site lesechos.fr

Les choix d’hier se paient aujourd’hui. Chronique aux Echos

28 Jan

1024px-les_echos_logo-svg

Les « gilets jaunes » disent tout haut ce que les Français pensent tout bas : le pouvoir d’achat chute ou stagne depuis dix ans à cause de la montée des prélèvements de toute sorte. La publication des comptes de l’Etat confirme année après année la croissance continue des dépenses publiques, en particulier celle des frais liés aux retraites, qui représentent à eux seuls 15 % du PIB.Dans une chronique récente, j’avais expliqué que le prélèvement lié au financement de la retraite, sur les feuilles de paie françaises, est de 27 %, alors qu’en Nouvelle-Zélande il est de 6 %. Cette différence n’est pas due au fait que les Néo-Zélandais ont de petites retraites, c’est parce qu’ils effectuent environ 45 ans de carrière et 45 heures par semaine, alors que nous tendons plutôt vers les 35/35. Se rajoute le mode de financement par capitalisation infiniment moins chère que la répartition. Si on tient coûte que coûte à la répartition, il n’y a pas de solution autre que de travailler plus longtemps pour réduire les dépenses et augmenter les recettes. Partir à la retraite à 67-68 ans, c’est ce que pratiquent ou envisagent nos collègues européens. Pensons aussi à la compétitivité des entreprises. Imaginez une activité où les salaires représentent 65 % du prix de revient. Le produit néo-zélandais sera 14 % moins cher que son concurrent français. Face à un client chinois, qui gagnera ? Dans un système de répartition, la compétitivité d’aujourd’hui conditionne l’emploi de demain et la retraite d’après-demain. Les choix politiques (retraite à 60 ans, 35 heures pour plus de temps libre), cela pouvait sembler « sympa » à l’époque où ils ont été pris, sauf que la durée de vie va encore augmenter et la concurrence mondiale se faire encore plus vive. Le déséquilibre financier ne peut que s’aggraver et fragiliser les entreprises. Le déclic, c’est quand on comprendra sur les ronds-points (et pas uniquement !) que pour augmenter ce qui reste en bas de la feuille de paie, et pour garder une retraite digne, il faut travailler plus longtemps !