Un merci de la part des étudiants

3 Déc

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OUVRIR LE PDF pour voir tous les mots qui composent le mot MERCI, un joli message des étudiants des Jeudis de la stratégie.

 

 

 

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Il faut savoir interdire une grève- Chronique aux Echos

3 Déc
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Après une panne totale et subite, quand bien même une voiture a redémarré, il faut impérativement l’amener au  garage pour tirer l’affaire au clair.

La grève du mois de juin, provoquée à l’occasion de la discussion de la loi El Khomri, a bloqué le pays, gêné tous les citoyens et abîmé toutes les entreprises ; on a pu mesurer l’ampleur des dégâts dans les chiffres macroéconomiques, sans compter l’image déplorable qu’elle a donnée de notre pays à l’extérieur. On en est sorti, mais on ne peut pas en rester là.

Il est impensable, en effet, qu’une poignée de syndicalistes (alors que la majorité des syndicats était réticente) puisse bloquer le pays en empêchant des entreprises soigneusement sélectionnées, comme Total, de fonctionner : ce mélange des genres n’est rien d’autre qu’une contestation de notre démocratie.

Notre Parlement est directement défié dans cette affaire et doit réagir. Avant de le faire, il devrait se renseigner sur ce qui se passe à l’étranger. Il verrait immédiatement que ce genre de grève est partout illégal. On pourrait donc préciser dans la loi, comme cela est fait ailleurs, les quatre points suivants : 1) une grève doit avoir un motif professionnel et ne concerner que l’entreprise ;

2) une grève doit être votée à bulletin secret en présence d’huissiers indépendants ;

3) il faut établir une liste d’entreprises dont la bonne marche conditionne le fonctionnement du pays, parce qu’elles détiennent de fortes parts de marché dans des produits ou des services stratégiques ;

4) en cas de réquisition, toute personne qui s’oppose à l’ordre sera passible de licenciement immédiat.

C’est une affaire qui concerne indifféremment la gauche et la droite, ce n’est pas compliqué. Le Parlement et le gouvernement se grandiraient en mettant ce projet de loi à l’ordre du jour toutes affaires cessantes.
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L’économie en pratique – Chronique aux Échos 24 novembre 2016

29 Nov

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L’ argument des gouvernements pour ne pas baisser la dépense publique est toujours de dire : « Ce n’est pas le bon moment, l’économie est à la peine, baisser la dépense publique serait freiner encore plus le PIB et aller vers une récession. » Nos économistes, en général keynésiens dans l’âme, soutiennent une telle démarche. Une simple observation d’un groupe d’analystes jette le trouble sur ces arguments, certes percutants, mais non corroborés par les faits. Ils ont analysé sur quatre ans (2009-2013) les politiques publiques et les résultats en termes de croissance de 29 grands pays. Ils ont classé ces pays par grandes familles de politique publique.

1) Quatre pays ont baissé à la fois les recettes et les dépenses (environ 2,5 % du PIB en cumul sur quatre ans.

2) Dix-huit pays ont baissé les dépenses et monté les impôts de 2 % du PIB, toujours sur quatre ans.

3) Sept pays ont monté à la fois les dépenses et les recettes d’environ 3 % du PIB.

Résultat des courses : les pays qui ont baissé à la fois dépenses et impôts ont une croissance de leur PIB de 2,4 % l’an. Ceux qui ont baissé les dépenses et monté les impôts ont une croissance de 0,8 % l’an. Ceux qui ont monté à la fois dépenses et impôts ont une décroissance moyenne de 0,3 % l’an.

Les faits infirment donc les craintes exprimées au début du propos. Les pays qui ont la plus forte croissance sont ceux qui baissent à la fois dépenses et impôts. La crise ne serait pas une affaire de conjoncture extérieure, mais d’abord le résultat d’une erreur de politique intérieure.

Les faits sont là. Les économistes vous répondront : « Peut-être, mais le gros problème, c’est qu’il n’y a pas de théorie derrière. »

Le jour où les gouvernements préféreront copier les expériences qui marchent plutôt que s’accrocher à des théories qui ne marchent pas, les choses auront peut-être une petite chance d’aller un tout petit peu mieux.

Xavier Fontanet

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Qui êtes vous ? Emission d’Hedwige Chevrillon

27 Nov

Si vous voulez revoir l’émission de BFM « Qui êtes-vous ? » d’Hedwige Chevrillon, Cliquez sur ce lien

ou sur l’image ci dessous

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et pour la suite de l’émission, C’est ici

Sur le livre « Que chacun d’y mette »

26 Nov

Paru dans les échos

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Quand on taxe le capital, on tue l’agriculture

25 Nov

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Le philosophe et le plombier, édito aux Échos

17 Nov

L’histoire qui va suivre est presque une parabole. C’est en fait le témoignage d’une employée, recueilli la semaine dernière dans une entreprise du nord de la France : « J’ai deux fils. L’aîné était littéraire et brillant, ses professeurs l’ont poussé vers la philosophie, filière d’excellence dans son lycée, nous étions fiers et confiants ; il a passé sa licence, mais il n’a pas réussi à trouver d’emploi stable ; il enchaîne les petits jobs, en passant par la case chômage. Notre second fils avait de mauvaises notes ; en réalité il s’ennuyait à l’école ; il adorait les tuyaux, les robinets et voulait être… plombier, nous étions consternés. Ses professeurs l’ont d’ailleurs dissuadé de suivre la filière technique, mais il s’est entêté et a trouvé, sans l’aide de personne, une entreprise prête à le prendre comme stagiaire. La mort dans l’âme, nous avons accepté qu’il passe dans la filière technique et entre en apprentissage. Tout a alors changé : ses professeurs, en contact constant avec les entreprises, le comprenaient et le motivaient. Il a commencé comme soudeur, il a rapidement grimpé dans la hiérarchie. De la plomberie, il est passé au chauffage, puis au conditionnement d’air et à la gestion énergétique d’immeubles ; il gagne quatre fois plus que son grand frère et continue de se former en suivant en ce moment des cours d’automatisme. »

Au fond, il y a deux enseignements à tirer de cette histoire : l’élève modèle n’a pas pu trouver de métier solvable et celui qui en a trouvé un a dû braver le système ! Notre éducation nationale doit remettre en question le concept de « filière générale », une des causes du chômage de nos jeunes. L’origine de cette erreur se trouve aussi dans l’inconscient de nombreuses familles pour qui travaux manuels et techniques sont déconsidérés. Bien sûr, il nous faut des philosophes, mais, pour dire le vrai, le niveau technologique va, dans le futur, faire la différence entre les pays qui marchent et ceux qui ne marchent pas. Secouons donc le cocotier et proclamons la technique… filière d’excellence !

Xavier Fontanet

Xavier Fontanet est professeur de stratégie à HEC. Il vient de publier « Que chacun s’y mette » (Odile Jacob).
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