Quatre mesures contre les fake news – Chronique aux Echos

14 Mar
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Les fake news sont un problème grave qui va empirer.

Si l’Europe s’y attaque plus efficacement que l’Amérique et la Chine, elle peut revenir dans le grand jeu du Net dont elle est absente.

On peut imaginer quatre mesures que pourraient prendre les pays européens.

D’abord, s’attaquer au gigantesque troc qui consiste à dire : « Tu me donnes tes données et je te donne mes applis. » Première décision : en Europe, on achète les données et on vend les applis. Cela permettrait d’y relocaliser une partie des impôts qui doivent légitimement y être payés.

Il faut ensuite exploiter les failles qui apparaissent avec les fake news venant de sources anonymes et la crainte grandissante de savoir ce qu’il advient des données. D’où la deuxième décision : l’Europe exige qu’à chaque adresse corresponde une personne identifiée. Cela réduirait les fake news en permettant de les tracer plus efficacement. Ce changement des règles du jeu provoquera une génération de nouvelles applis payantes, assurant que les données ne sont pas réutilisées. Belle opportunité de faire revenir les Européens travaillant dans les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) et consorts. L’exercice de leurs stock-options (dont les plus-values représentent plusieurs centaines de milliards d’euros) peut financer facilement ces nouvelles sociétés.

La condition, qui constitue la troisième décision, c’est de remettre les fiscalités sur les plus-values à des niveaux compétitifs. La prolifération des fake news est le résultat de l’affaiblissement des médias écrits, qui ont perdu la publicité passée chez… les Gafa. Des journaux prospères et capables de bien payer leurs journalistes sont le meilleur rempart contre les fake news.

Quatrième décision : favoriser les abonnements aux médias écrits en permettant aux citoyens européens de les déduire de leurs impôts. L’Europe ne rattrapera pas les Gafa, c’est bien trop tard, mais ces quatre mesures peuvent remettre le pied à l’étrier de ses entreprises en attendant les bouleversements technologiques qui, forcément, un jour rebattront les cartes à nouveau.

 

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Coûteuse sphère – Chronique aux Echos

19 Fév
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Lors d’une conférence organisée par Esprit d’entreprise, Philippe d’Ornano, président de Sisley et du METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire), a rappelé quelques vérités. Possédées en majorité par des familles, ces entreprises constituent une partie essentielle de notre économie. Elles sont attachées aux territoires. Portées par des visions long terme, elles résistent remarquablement aux crises. Philippe d’Ornano a rappelé qu’en 1980 France et Allemagne avaient le même nombre d’ETI. Aujourd’hui, on en dénombre 5.700 chez nous et 11.000, soit près du double, en Allemagne !

Comment expliquer ce retard qui affecte nos régions ? Nos économies sont faites de service et d’industrie. Il y a trois différences fondamentales entre ces deux types d’activité : les services sont logés dans les métropoles, alors que l’industrie se trouve dans les villes moyennes et la campagne ; le service est léger en capital ; et la concurrence y est locale – exactement l’inverse de l’industrie, qui utilise beaucoup de capital et subit une concurrence mondiale parce que ses produits circulent.

L’inflation de notre sphère publique (relativement à celle de nos voisins) se retrouve, qu’on le veuille ou non, dans le prix de revient. L’écart de coût qui en résulte a un effet nul sur le service, puisque la concurrence est par nature locale. Par contre, il pénalise nos industriels confrontés à des concurrents dont les sphères publiques sont plus légères que la nôtre.

Rajoutons à cette surcharge vingt ans d’ISF, lente hémorragie interne dont les effets se cumulent, empêchant nos entreprises industrielles de croître à la bonne vitesse quand elle ne contraint pas leurs actionnaires à vendre. Une autre raison pour laquelle nos régions souffrent.

Le jour où tout le monde aura compris que les 57 % du PIB que représente la sphère publique (régalienne, sociale et territoriale) et l’ISF ont contribué à la désertification des régions et à la révolte des « gilets jaunes », les choses iront peut-être un peu mieux !

Une loi Pacte pour le secteur public ? Chronique aux Echos

12 Fév

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C’est bien de partir des faits, surtout dans un pays comme le nôtre où l’on se complaît dans les idées. Mais une somme de constats ne fera jamais une politique, elle conduira à mettre des emplâtres sur les problèmes sans s’attaquer réellement à leurs causes. Emerge du grand débat national l’idée que, derrière notre fiscalité excessive, se cache une augmentation déraisonnable de notre sphère publique. Encore derrière, une erreur conceptuelle de certains de nos économistes qui ont expliqué, pendant quarante ans, que la dépense publique stimulait l’économie, justifiant du « toujours plus » dans les promesses électorales. Un économiste peut hélas tuer aussi sûrement une économie qu’un médecin son malade s’il se trompe de diagnostic. Depuis cinquante ans, le monde a changé, il est devenu concurrentiel et, dans un monde concurrentiel, il faut être compétitif. La compétitivité n’est plus uniquement celle de la sphère privée, c’est la compétitivité consolidée (privé/public) parce que les coûts publics entrent dans les prix de revient de nos entreprises. Il faut remettre les choses à plat et commencer par une redéfinition des missions de la sphère publique. Une sorte de loi Pacte pour le secteur public, visant un recentrage sur le régalien – quitte d’ailleurs à ce qu’on en renforce certaines parties. Dans le domaine social, qui représente à lui seul 60 % du tout, on n’évitera pas un recalage sérieux de paramètres, comme le temps de travail consolidé sur toute la vie, ainsi que des conditions encadrant l’indemnisation du chômage… qui apparaissent comme une des causes de ce dernier. Il faudra enfin se poser la question du colbertisme, qui a empilé les strates de coûts dans la sphère régionale, diluant les responsabilités et complexifiant les décisions. Dans cette affaire, nous avons une chance : plusieurs pays comme le Canada, la Nouvelle-Zélande ou l’Allemagne ont fait des retournements spectaculaires, ramenant chacun leur sphère publique de 56 à 44 % du PIB sur une période de dix à douze ans. Chaque fois, leurs économies sont reparties. C’est simple, pourquoi ne pas faire comme eux ?

 

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Civisme fiscal – Chronique aux Echos

5 Fév

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Le gouvernement veut s’assurer que les PDG des grandes sociétés dont le siège est en France paient leurs impôts dans le pays, on ne peut qu’être d’accord. Chacun de nos champions porte en quelque sorte l’étendard national (ou celui de l’Europe !), leurs PDG représentent plus qu’eux-mêmes à travers l’entreprise dont, pour un temps, ils portent la charge. Ils se doivent d’être citoyens.

Ceci étant dit, il faut tenir compte des réalités. Notre pays représente 5 % du PIB mondial, les leaders français sont d’actifs citoyens dans tous les pays du monde ; le travail des PDG les amène à passer de plus en plus de temps hors de France, il faut qu’ils soient là où l’entreprise réclame leur présence physique.

S’il n’est pas illégitime qu’ils paient une partie de leurs impôts là où ils passent effectivement leur temps, il n’est par contre pas acceptable que leur localisation et leurs déplacements soient conditionnés par de l’optimisation fiscale personnelle. C’est le devoir des conseils d’administration, aidés en cela par les commissaires aux comptes, de bien y veiller.

L’exhortation de notre gouvernement à payer les impôts en France sera d’autant plus justifiée que sa fiscalité sera exemplaire (ou au moins comparable à celle des voisins !) et que l’on inclura aussi dans l’affaire les sportifs et les artistes. Faute de le faire, on risque de jeter injustement en pâture un groupe d’hommes et de femmes dont l’immense majorité a un comportement en la matière tout à fait citoyen.

Il n’est pas ici question de donner des leçons à quiconque, mais il faut savoir que le sujet est complexe, que l’arsenal juridique existe et qu’un pays ne peut agir seul ; c’est en fait aux dirigeants eux-mêmes, sans qu’on les force, de construire, avec leur conseil d’administration, des comportements éthiques. Ca évitera des lois de circonstance et contribuera aussi dans cette période difficile à l’acceptabilité de l’économie de marché… qui en a, reconnaissons-le, grand besoin !

 

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Les choix d’hier se paient aujourd’hui. Chronique aux Echos

28 Jan

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Les « gilets jaunes » disent tout haut ce que les Français pensent tout bas : le pouvoir d’achat chute ou stagne depuis dix ans à cause de la montée des prélèvements de toute sorte. La publication des comptes de l’Etat confirme année après année la croissance continue des dépenses publiques, en particulier celle des frais liés aux retraites, qui représentent à eux seuls 15 % du PIB.Dans une chronique récente, j’avais expliqué que le prélèvement lié au financement de la retraite, sur les feuilles de paie françaises, est de 27 %, alors qu’en Nouvelle-Zélande il est de 6 %. Cette différence n’est pas due au fait que les Néo-Zélandais ont de petites retraites, c’est parce qu’ils effectuent environ 45 ans de carrière et 45 heures par semaine, alors que nous tendons plutôt vers les 35/35. Se rajoute le mode de financement par capitalisation infiniment moins chère que la répartition. Si on tient coûte que coûte à la répartition, il n’y a pas de solution autre que de travailler plus longtemps pour réduire les dépenses et augmenter les recettes. Partir à la retraite à 67-68 ans, c’est ce que pratiquent ou envisagent nos collègues européens. Pensons aussi à la compétitivité des entreprises. Imaginez une activité où les salaires représentent 65 % du prix de revient. Le produit néo-zélandais sera 14 % moins cher que son concurrent français. Face à un client chinois, qui gagnera ? Dans un système de répartition, la compétitivité d’aujourd’hui conditionne l’emploi de demain et la retraite d’après-demain. Les choix politiques (retraite à 60 ans, 35 heures pour plus de temps libre), cela pouvait sembler « sympa » à l’époque où ils ont été pris, sauf que la durée de vie va encore augmenter et la concurrence mondiale se faire encore plus vive. Le déséquilibre financier ne peut que s’aggraver et fragiliser les entreprises. Le déclic, c’est quand on comprendra sur les ronds-points (et pas uniquement !) que pour augmenter ce qui reste en bas de la feuille de paie, et pour garder une retraite digne, il faut travailler plus longtemps !

La concurrence n’est plus ce qu’elle était – Chronique aux Échos

18 Jan

Bloquer l’opération Alstom-Siemens, comme souhaite le faire la commissaire européenne à la Concurrence, au motif que ses parts de marché locales sont trop fortes, est une erreur. Ce qui est en cause n’est pas seulement la décision, ce sont aussi les concepts qui la sous-tendent.

Trois évolutions sont aujourd’hui nécessaires.

La première, intégrer dans les raisonnements le concept de la courbe d’expérience. Le producteur ayant la plus forte part de marché bénéficie de coûts plus bas que ses concurrents, et le prix moyen d’une industrie est inférieur quand elle est concentrée, même si le leader fait des marges plus importantes. Fixons les idées : les prix seront 25 % plus bas dans une situation où le leader dispose de 60 % d’un marché, par rapport à celle où tous les concurrents sont à 10 % ; et cela même si le leader fait une marge de 25 %. La seconde vise l’étendue du champ concurrentiel. Si, dans le domaine de la distribution, la part de marché doit se mesurer à un niveau local fin (la ville, voire le quartier), dans le domaine de la production industrielle, le champ concurrentiel s’est étendu au niveau continental, voire mondial. Restreindre le territoire au niveau du pays peut être une erreur. Il faut enfin tenir compte de l’accélération des évolutions technologiques. Dans un monde en bouleversement, les positions acquises sont contestées de plus en plus vite par de nouvelles technologies (le commerce en ligne contre l’hypermarché étant un des cas les plus visibles actuellement). La destruction créatrice fait qu’une « domination » dure de moins en moins longtemps. Voilà pourquoi il faut être prudent avant d’empêcher une concentration. D’autant que, sur les autres continents, les autorités favorisent en général la constitution de champions nationaux pour leur donner les moyens financiers de conquérir le monde. Bloquer l’opération Alstom-Siemens va fragiliser les deux entreprises et l’emploi européen face aux concurrents américains et asiatiques. Il faut toujours rappeler que, pour être un consommateur durable, mieux vaut travailler pour un producteur solide.

 

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Les deux maux de nos retraites – Chronique aux Echos

11 Jan

Quels sont les taux de cotisation à la retraite (employé plus employeur) en pourcentage du salaire mensuel moyen en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France ?

La réponse est effarante : respectivement 6 %, 12 %, 18 % et… 27 %. Comment peut-on en arriver à des écarts de plus de un à quatre sur ce qui est la plus grosse dépense d’un pays ? En regardant ce que font les autres nations, on comprend tout de suite, car c’est très simple.

Premier facteur, la technologie : répartition ou capitalisation. La capitalisation fait peur à ceux qui ne connaissent pas la Bourse ; c’est dommage, car elle fait fructifier les économies : depuis 1983 (date de la retraite à 60 ans introduite par le président Mitterrand), la Bourse française a été multipliée par 8 et le Dow Jones par 14. La capitalisation coûte beaucoup moins cher que la répartition, puisqu’elle s’appuie sur la croissance de la Bourse. La Nouvelle-Zélande est 100 % capitalisation, la France 100 % répartition ; Pays-Bas et Allemagne mixent les deux.

Deuxième facteur : la durée du travail (mesure plus pertinente que l’âge de départ à la retraite). La Nouvelle-Zélande est championne, avec une durée de plus de 40 ans, comme la Suède ; la France est à l’autre bout de l’échelle avec 35 ans ; les Pays-Bas sont à 40 ans, l’Allemagne à 38. Pour le mix entre répartition et capitalisation, comme pour la durée de travail : la France et Nouvelle-Zélande sont aux antipodes.

Résultat, les dépenses de retraite représentent 6 % du PIB en Nouvelle-Zélande et 13 % en France. La différence c’est, pour la France, 160 milliards d’euros, un chiffre intenable sur la durée. La Bourse fait peur aux Français, on ne s’en tirera qu’en retardant l’âge de départ. La Constitution devrait interdire la pratique des promesses électorales et cantonner le débat aux principes politiques ; on ne tiendra pas rigueur à notre président s’il revient sur son engagement de campagne de ne pas toucher à l’âge de départ, car il y va de la compétitivité de nos entreprises exposées à la concurrence mondiale et de notre prospérité à tous.

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Joyeux Noël !

22 Déc

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article paru dans Valeurs Actuelles

 

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Le poids excessif de l’État en France pèse sur la fiche de paye. Le Figaro

21 Déc

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Réveillez le stratège qui est en vous

11 Déc

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