Le dividende d’hier est l’emploi de demain

19 Nov

Tous les mardis, l’ancien chef d’entreprise et professeur de stratégie Xavier Fontanet décrypte les mécanismes de la vie économique et son évolution. Il montre cette semaine pourquoi rentabilité, croissance et dividende sont directement liés… au profit de l’emploi.

On raconte beaucoup de choses fausses dès que l’on parle de dividendes, notamment lorsque l’on vous explique que « le dividende, c’est l’actionnaire qui se sert aux dépens des employés ». Il y aurait une opposition irréconciliable entre l’intérêt de l’actionnaire et du salarié. Beaucoup se laissent abuser par la simplicité de l’argument, la faute en revenant en grande partie à la faiblesse dramatique de l’enseignement en matière d’économie. C’est en effet oublier un peu vite que si l’emploi existe, c’est parce que l’entreprise tourne et pour que celle-ci tourne, encore faut-il que quelqu’un ait mis du capital au départ et continue à le porter. Notons qu’en Allemagne, le mot « patron » n’existe pas, on parle d’Arbeitgeber, littéralement celui qui donne du travail… 

D’où d’ailleurs peut bien venir cette épargne si ce n’est de dividendes produits antérieurement par d’autres entreprises ? Dans la très grande majorité des cas, le dividende d’hier est le capital d’aujourd’hui. L’explication du dividende qui coûte de l’emploi ou du salaire est donc un peu courte et il faut dans ces affaires prendre une perspective de long terme et apprendre à raisonner de façon systémique. 

Le ratio entre activité et capital

Il y a un concept de base qu’on devrait expliquer dans toutes les écoles et donc à tous nos concitoyens, c’est le concept de rotation d’actif : une entreprise, pour fonctionner a besoin d’investissement ; toutes les analyses statistiques que l’on peut faire dans tous les pays du monde, sur tous les métiers et de tous temps, montrent qu’il y a proportionnalité entre l’activité mesurée par le chiffre d’affaires et l’investissement qui y est fait. Pour produire et vendre des voitures, il faut des usines, des réseaux de distribution et le financement des produits finis et des stocks ; pour produire deux fois plus de voitures, il faut deux fois plus d’investissements. Cette constance du ratio entre activité et capital investi que l’on nomme rotation d’actif est un outil que l’on n’utilise pas assez sur le plan pédagogique. 

Dès que l’on prend un peu de perspective, l’actionnaire et donc le dividende ne sont pas les ennemis mais les amis de l’emploi : il n’y a pas opposition entre l’économique et le social.

Quand une entreprise démarre, elle connaît en général une forte croissance, disons 30% par an. Ses bénéfices, par exemple, 15% de l’argent investi, sont inférieurs à l’investissement nécessaire pour assurer la croissance, 30% de l’investissement ; il faut donc injecter de l’argent à hauteur de 15% (15-30). Ce n’est que quand l’entreprise a atteint une stabilité, par exemple 5% de croissance, et qu’en conséquence ses besoins d’investissement baissent, que l’on peut commencer à retirer des liquidités, par exemple 10% (15-5) soit 10% du capital, somme qui représente 65% du bénéfice (10/15). Rentabilité, croissance et dividende sont donc directement liés.

La clé de l’emploi 

Le dividende n’est pas automatique car l’entreprise n’est pas toujours rentable quand la croissance baisse (elle n’est par exemple pas forcément leader sur son marché et n’a en conséquence pas de marges très élevées). Le dividende permet de retirer sa mise et bien sûr parfois beaucoup plus, mais cela ne va pas de soi. Dans une certaine mesure, on peut décrire ce dividende comme la récompense donnée par les clients à l’entreprise qui leur a rendu le plus grand service sur le cycle de vie du produit.

Il est évident que si l’on est dans un pays qui ne comprend pas le concept du dividende, dans un pays où les forces morales et politiques passent leur temps à le vilipender, dans un pays ou l’État le surtaxe, il y a très peu de chances que les épargnants investissent et fort à parier que l’emploi ne se développe pas. Dès que l’on prend un peu de perspective, l’actionnaire et donc le dividende ne sont pas les ennemis mais les amis de l’emploi : il n’y a pas opposition entre l’économique et le social. Antoine Riboud avait une merveilleuse formule en rappelant que dans l’expression « économique et social » le mot le plus important c’est le… « et » !

Retrouvez d’autres articles sur le site aleteia.org

Entreprises : le facteur déterminant de la confiance

17 Nov

Pas de réussite économique sans confiance. L’ancien chef d’entreprise et professeur de stratégie Xavier Fontanet décrit les trois dimensions de la confiance.

Les économistes ont fondé leurs analyses du fonctionnement des entreprises sur le capital et le travail. Il est évident qu’une activité ne peut fonctionner sans travail ni sans capital, mais pour autant, capital et travail sont loin de tout expliquer. Il est un troisième facteur, tout aussi déterminant, qu’il est impossible de mesurer et qui fait toute la différence entre deux entreprises équivalentes en termes de capital et de travail, c’est la confiance qui y règne, que l’on pourrait décrire comme de l’huile qu’on met dans les rouages.

Le premier à avoir mis en évidence ce troisième facteur est sans conteste Alain Peyrefitte. Normalien (lettres), il s’est penché sur l’économie après une vie consacrée à la politique. Il a eu la chance insigne de voir le général de Gaulle en tête à tête chaque jour, un quart d’heure, pendant quinze ans, pour débriefer les journées, avec lui… On peut difficilement imaginer meilleure formation permanente ! À sa retraite, il s’est intéressé aux œuvres des grands économistes et a laissé sa marque en décortiquant, entre autres, le démarrage des Pays-Bas au XVIIIe siècle, de l’Angleterre au XIXe et du Japon au XXe

Les trois dimensions de la confiance

Chaque peuple est différent, chaque modèle politique également, de même que chaque religion. Il n’empêche que chacun de ces trois pays, à sa manière, a connu un développement bien plus significatif que la France qui était pourtant à l’époque mieux pourvu en capital et en travail. La différence s’est faite grâce à une harmonie entre tous les acteurs de la société qu’Alain Peyrefitte décrit comme un phénomène de confiance. Du miracle en économie, son dernier ouvrage, devrait être lu par chaque compatriote et intégré aux programmes scolaires.

La confiance est impossible à mesurer et c’est peut-être pour cela que peu d’économistes se sont penchés sur le sujet. Cela ne dispense pas pour autant de chercher à la comprendre et de la caractériser. L’auteur de ces lignes pense qu’elle est un concept tridimensionnel et c’est ce qui en fait l’intérêt, car chacun de nous à trois dimensions : il est une personne, il a ses proches et est membre de la société. 

La confiance en soi est un subtil équilibre entre l’arrogance, l’excès de confiance qui sépare des autres et la flagellation qui empêche de donner sa mesure. 

La première dimension, c’est la confiance en soi. Le fait pour chaque citoyen d’être bien dans sa peau et d’avoir trouvé le domaine où il excelle. C’est évident au niveau sportif : il faut être en forme pour bien taper une balle au centre quand on est tennisman. Mais c’est également vrai quand il s’agit de prendre de bonnes décisions au travail. La confiance en soi est un subtil équilibre entre l’arrogance, l’excès de confiance qui sépare des autres et la flagellation qui empêche de donner sa mesure. Avoir des gens qui ont confiance en eux ne suffit pas à créer une équipe. La deuxième dimension est la confiance en l’autre. Beaucoup de personnes sont incapables de travailler si elles dépendent du travail des autres. En d’autres termes, elles ont du mal à faire confiance aux autres. Ces attitudes freinent la construction de la confiance parce que rien ne la développe autant que d’éprouver la confiance que vous porte les autres. Il faut apprendre à faire confiance aux autres !

La responsabilité du chef

Les choses sont en fait plus compliquées encore pour celui qui veut créer la confiance, c’est le troisième facteur. Dans le cas d’une entreprise, mais c’est le fait pour n’importe quelle organisation, il est impossible de susciter la confiance si vous envoyez l’ensemble des collaborateurs dans le décor, du fait d’une stratégie mal adaptée. Ceux-ci vont tout de suite le sentir parce qu’ils sont intelligents. Là réside la responsabilité du chef, celle d’être le constructeur de la stratégie, son pédagogue et son garant. Il doit veiller en particulier à ce que les destructeurs de confiance ne réussissent pas dans leur travail de sape. 

La confiance, phénomène universel, intemporel, mystérieux mais essentiel. Il est à peu près sûr que lorsqu’on a réussi à bien en comprendre les ressorts, les choses auront une chance d’aller un tout petit peu mieux !

Retrouvez d’autres articles sur le site ALETEIA.ORG

Être fidèle à ses clients, une manière de servir le bien commun

8 Nov

Une entreprise qui soigne sa fidélité à l’égard de ses clients peut faire converger profits et concurrence vers le bien commun.

éfendre l’idée que l’entreprise contribue à l’intérêt général et au bien commun est une véritable gageure car on se fait aussitôt opposer la fameuse phrase de Milton Friedman : « Les entreprises sont là pour faire du profit. » Le profit a, dans nos sociétés une mauvaise image : certains le présentent comme le résultat de l’exploitation des travailleurs. Ceci existe sûrement dans certains cas mais ne peut pas expliquer le ressort des entreprises qui affichent de fortes croissances et des changements de taille significatifs sur longue durée. 

Profit et concurrence

D’autres l’expliquent comme résultat de la manipulation des clients à travers la publicité, faisant bien peu de cas de l’intelligence et de la capacité de ces derniers à défendre leur propre intérêt de consommateur. Il faut avoir fait soit même de la vente pour savoir à quel point les clients sont capables d’exercer leur jugement sur les actes d’achat qui les concernent directement. Plus généralement, quand on donne la parole à ceux qui dirigent (ou ont dirigé) des entreprises, ils vous disent qu’ils ne se reconnaissent pas dans ces visions simplistes. Pour eux, ce qui guide une entreprise c’est la quête de l’excellence des produits et des services rendus. Le profit est la récompense donnée par les clients à celui qui offre la meilleure prestation. Il est l’indicateur par excellence que l’entreprise est dans le vrai et le moyen qui lui permet de se développer face à ses concurrents ! 

La fidélité a, elle aussi, un petit côté ringard dans la période actuelle, elle est pourtant au cœur de la réussite des entreprises.

Concurrence, le mot est lâché ! La concurrence a elle aussi une mauvaise image : l’image du fort qui écrase le faible. On ne peut pas dans ces conditions fonder une société sur la concurrence. Les entrepreneurs vous diront là encore que leur perception est différente : la concurrence est bien sûr une ascèse de tous les matins, mais elle fait grandir les talents à l’image de ce qui se passe en sport entre les grands champions qui se stimulent les uns les autres. Elle est la traduction du mot liberté en économie. 

La fidélité de ses clients

Les entrepreneurs qui ont réussi à se développer beaucoup plus que les autres vous expliqueront tous que leur obsession a toujours été de s’assurer la fidélité de leurs clients parce que c’est elle qui permet de mettre les équipes de vente à la conquête de nouveaux territoires et d’assurer la croissance de l’entreprise. La fidélité (c’est de cela qu’il s’agit) a elle aussi un petit côté ringard dans la période actuelle, elle est pourtant au cœur de la réussite des entreprises. Intérêt particulier, concurrence, fidélité, voilà trois concepts qui, pour différentes raisons, n’ont pas forcément la cote. Ils sont pourtant au cœur du fonctionnement de l’économie et permettent, on va le voir, de tendre vers le bien commun.

Une entreprise qui garde ses clients (mais aussi ses employés et ses fournisseurs qui ont à cœur eux aussi de défendre leurs propres intérêts), alors que chacun, du fait de la concurrence, peut librement changer sa relation à tout moment, réussit ce petit miracle de rendre compatibles des intérêts particuliers et de les faire converger vers un état qu’on peut qualifier d’intérêt général. Le bien commun, ne peut être décrété par une seule personne, qui déciderait pour tout le monde. Sa quête est forcément une œuvre collective. Quand on y réfléchit bien, le « marché », peut, quand y règne une saine concurrence, être son plus efficace allié. C’est d’ailleurs pour cela que l’on n’a pas jusqu’ici, trouvé mieux et qu’il dure depuis si longtemps !

Cet article est paru sur le site Aleteia.

Retrouvez plus d’articles sur le site www.aleteia.org

Économie : les bons effets de la « catallaxia »

2 Nov

Le pape François vient de rappeler que la dignité de l’homme est de travailler et d’inventer. Pour le chef d’entreprise Xavier Fontanet, le génie créatif de la personne humaine s’exprime notamment dans le foisonnement des métiers décrit par la catallaxia. 

Pour qui veut comprendre le monde actuel et bien s’y comporter, il est probablement utile de connaître le concept de « catallaxia » [de catallactique, science des échanges, Ndlr]. Cette vision de l’économie a été développée par Friedrich von Hayek, prix Nobel autrichien. Il décrit celle-ci, non comme un ensemble homogène qui serait dynamisé par la dépense publique, mais comme un foisonnement de milliers de créneaux (ou métiers) en interaction constante les uns avec les autres. Une façon très simple d’appréhender le concept est de réfléchir à tous les métiers dont vous avez bénéficié au long de la journée, du bâtiment au textile, de l’eau à la pharmacie et jusqu’aux transports.

Chacun de ces métiers possède sa spécificité en termes de savoir-faire commercial et technique, il s’exerce sur un champ géographique précis. Une ville pour le plombier, le monde pour le fabricant de montres. On peut identifier, pour chacun, entre cinq et dix entreprises concurrentes et spécialisées. Le métier suit sa courbe de vie qui connaît des périodes de croissance, de stabilité puis de décroissance. Certains métiers ont des durées de vie extrêmement longues, plusieurs centaines d’années comme le verre ou l’acier. D’autres ne durent pas plus de 10 ou 15 ans, feux le discman ou l’iPod, par exemple.

Trois millions d’entreprises

Pour se faire une idée de l’extrême diversité dont on parle, il suffit d’analyser les trois millions d’entreprises actives en France. La majorité d’entre elles est répertoriée dans les Pages jaunes avec en général des champs géographiques locaux ou régionaux. Ce sont de petites entreprises de cinq à dix employés, dans la distribution, la restauration, les services, souvent liées au bâtiment et à l’habitat. Les ETI (entreprises de taille intermédiaires) sont une deuxième catégorie d’entreprises, elles emploient entre 100 et 1.500 collaborateurs : on en compte une dizaine de milliers en France, leur champ géographique est plus large. Viennent enfin les grands groupes, quelques centaines, qui emploient chacune entre 5.000 et 100.000 personnes sur notre sol. Avec elles, nous avons affaire à des sociétés mondiales. En ordre de grandeur, ces trois groupes occupent à peu près le même effectif.

Les entreprises en croissance dans chacune de ces trois familles sont celles qui exploitent les idées nouvelles fruits de la créativité et du progrès technique. Elles provoquent en général la stagnation voire la décroissance des entreprises dont elles substituent les produits ou services. Les entreprises stables sont celles qui ne connaissent pas de substitution dans leur métier. Les entreprises stables et en décroissance génèrent des liquidités puisque leurs bénéfices sont supérieurs aux investissements. Ces liquidités vont naturellement dans les entreprises en croissance dont les résultats sont inférieurs à leurs besoins d’investissements qui, elles, en manquent. Le financement de la catallaxia est donc naturel pour autant que les impôts ne tirent pas trop de ressources du système des entreprises. Il ne faut pas non plus que les banquiers centraux mettent trop de liquidités dans l’économie. Celles-ci se retrouvent dans le capital et donnent trop de puissance financière aux nouvelles technologies, rendant par là-même les changements plus brutaux.

Le bon choix des consommateurs

Quand on prend du recul, force est de constater que c’est cette catallaxia qui a permis à plus de 600 millions de personnes de sortir de l’extrême pauvreté dans les trente dernières années. Certains, dont de grands philosophes, considèrent que le système n’est plus contrôlé, si ce n’est par le changement technologique qui est aveugle et pousse toujours les consommateurs à la dépense tout en mettant les entreprises sous pression. La bonne question à se poser est de savoir si on vit mieux aujourd’hui qu’il y a 200 ans. Un consensus se dégage pour dire que si tout n’est pas parfait, la situation s’est toute de même améliorée : on vit mieux aujourd’hui qu’hier. Si c’est le cas, c’est bien parce que les consommateurs ont porté leurs choix sur de meilleurs produits supprimant ainsi ceux qui ont moins évolué.

Dans notre monde tout n’est pas parfait et ne le sera jamais parce que les hommes sont ce qu’ils sont. Ce n’est pas pour autant qu’il faut faire du système économique le bouc émissaire…

On peut continuer à contester le progrès en disant que les consommateurs se sont fait manipuler et consomment de façon déraisonnable, mais c’est faire bien peu de cas de l’humanité. Tous ceux qui ont fait de la vente savent que les consommateurs, sur la durée, défendent très bien leurs intérêts et font preuve de beaucoup de finesse dans le choix des produits qu’ils consomment.

Travailler et inventer

Il y a actuellement une prise de conscience autour de l’empreinte écologique de chaque entreprise, prise de conscience légitime qui va susciter un très grand nombre de nouvelles activités : recyclage, nouvelles technologies de transport, d’isolation des bâtiments de production d’énergie. Les autres domaines d’activité vont bouger grâce au numérique qui influence la distribution ou grâce à la robotisation qui perfectionne les activités industrielles. À vrai dire tout le monde va être concerné, illustration du foisonnement que décrit la catallaxia ! Ces transformations demandent à la nature humaine de l’effort, de l’énergie et de la créativité : le pape François, dans un message vidéo adressé à un parterre d’entrepreneurs argentins, le 14 octobre dernier, a rappelé que c’est la dignité de l’homme de travailler et d’inventer.

Il y aura de l’instabilité, il faudra être capable de flexibilité. Il faudra que l’on comprenne que les décisions du bras droit, qui a acheté de nouveaux produits, ne sont pas sans effet sur le bras gauche qui travaille et dont l’entreprise peut être sérieusement perturbée : j’achète un iPhone et travaille dans une entreprise qui produit des appareils photo.
Le défi qui nous attend est celui de l’adaptation et de la formation aux nouveaux métiers, noble et immense tâche du système éducatif et du système de formation permanente. Dans notre monde tout n’est pas parfait et ne le sera jamais parce que les hommes sont ce qu’ils sont. Ce n’est pas pour autant qu’il faut faire du système économique le bouc émissaire de nos peurs et jeter le bébé avec l’eau du bain. Car la base du système décrit par la catallaxia est en dernier ressort la confiance dans le génie de la personne humaine. C’est elle qui est derrière le dynamisme des entreprises. Cette nature humaine peut faire des erreurs, même du mal, mais elle est aussi capable de créations géniales et de fulgurantes transformations.

Cet article est paru sur le site Aleteia, retrouvez plus d’articles en cliquant sur ce lien

Assurance chômage pour les indépendants : une excellente nouvelle

29 Sep

L’assurance chômage pour les indépendants est un pas dans la bonne direction qui devrait être l’amorce d’une dynamique plus générale

L’élargissement de l’accès à l’assurance chômage aux indépendants, décidé récemment par le gouvernement est une excellente idée. Les mesures complémentaires prises pour faciliter la protection du patrimoine personnel également. Voilà donc des pas encourageants qui pourraient être l’amorce d’une dynamique plus générale.

L’importance des entreprises

Une nouvelle entreprise est un actif précieux pour un pays comme pour son État (les géants d’Internet avaient il y a 20 ans moins de dix employés), mais elle est fragile comme un jeune enfant. Tout le monde devrait savoir que les deux tiers d’entre elles mettent la clé sous la porte dans les cinq ans qui suivent le démarrage, soit parce que leur projet de départ n’était pas bon, soit parce qu’elles ont été empêchées par toutes sortes de contraintes.

Dès qu’une entreprise démarre, elle est l’objet de nombreuses sollicitations : les impôts, la sécurité sociale et d’autres autres organismes publics. C’est tout à fait légitime (et nécessaire) que ces services fassent leur travail, mais il n’empêche que les journaux sont plein d’histoires ubuesques, autant de preuves qu’il y a des progrès à faire.

Une meilleure relation entre la fonction publique et les indépendants

La fonction publique regorge de personnes compétentes et dévouées. C’est en général le système qui mérite les reproches et qui demande à être simplifié.

À ce propos, chaque politique et chaque fonctionnaire devrait lire et relire les dernières pages du rapport Armand-Rueff qui a 60 ans et pas une ride. Il est connu pour les grands axes stratégiques conseillés dans le domaine économique de l’époque, mais la partie la plus intéressante est celle qui concerne le discours adressé au personnel administratif.

Le rapport encourage à garder les systèmes aussi simples que possible quitte à donner davantage de responsabilités dans l’application des textes au personnel de terrain mieux à même de juger les situations. Il recommande fermement de personnaliser les relations avec l’usager, rappelant que la sphère publique est un service rendu au pays et à chacun de ses citoyens. La meilleure façon d’humaniser l’administration est de la personnifier par les traits d’une personne.

Prendre soin des indépendants

En cette période de concurrence mondiale, l’ensemble de nos concitoyens devrait comprendre que c’est surtout la dynamique des entreprises qui va créer la prospérité du pays, assurer l’emploi ainsi que le règlement des impôts et des charges sociales.

La prospérité dépendra bien sûr de la justesse des grandes politiques, mais aussi et peut-être surtout de la qualité des relations quotidiennes de nos trois millions d’entreprises avec les collaborateurs des sphères publiques et sociales.

C’est ce troisième facteur (allié au capital et au travail), ce petit miracle qui crée la bonne ambiance, qui, comme le rappelait Alain Peyrefitte dans ses livres sur la confiance, est le facteur déterminant du succès d’une économie.

Internet devrait permettre de gigantesques économies de coût de fonctionnement comme ça a été le cas dans les services privés (banques et assurances). Encore faut-il que le résultat ne soit pas une dépersonnalisation accrue des relations avec le terrifiant noreply.

Avec le numérique les choses évoluent en ce moment à toute vitesse, les opportunités d’amélioration, mais aussi les dangers de figer les choses, surabondent : la qualité des relations interpersonnelles sur le terrain et l’énergie qui sera mise à la fluidité des relations entre les sphères publiques et entreprises jeunes et anciennes est peut-être ce qui fera la différence.

Xavier Fontanet

Retrouvez d’autres articles sur le site contrepoints.org

Marseille : et si on s’occupait du développement du port !

13 Sep

Tribune. La récente visite de notre Président à Marseille montre que la capacité à relier entre eux les évènements n’est pas le point fort de nos concitoyens : lacune à combler car le monde est, plus que jamais, devenu un lieu où on doit impérativement raisonner système. 

Une action déclenchant toujours des réactions, on ne peut juger de son efficacité qu’une fois intégré l’effet des réactions qu’elle a provoquées. Par voie de conséquence un état, quel qu’il soit, s’explique par le travail sur la durée de causes plus anciennes. Il est inefficace voire dangereux de traiter uniquement les effets sans aller à la cause car on risque d’amplifier le phénomène qu’on veut combattre. 

Si on veut par exemple lutter contre le chômage en atténuant la douleur qu’il provoque par la distribution d’indemnités relativement généreuses c’est le fameux mot de Jospin « nous avons choisi une politique de chômage bien rémunéré » ) on pousse quoi qu’on raconte les gens à rester à la maison et on fait grimper le coût les entreprises, en les rendant moins compétitives et en freinant leur capacité d’embaucher. Si on veut traiter chômage à la racine dans un monde concurrentiel on doit d’abord s’assurer que le système social permet précisément aux entreprises d’être compétitives. 

Un évènement récent permet de constater notre absence de capacité à relier les sujets, il nous a été donné par la visite du président Macron à Marseille et par les commentaires qu’elle a (ou n’a pas) suscités. On s’est focalisé sur la drogue et ses effets destructeurs avec un gros effort mis sur les policiers, l’école et la salubrité des quartiers concernés. Très bien !

Le passage du président a pourtant coïncidé avec la publication d’un classement sur les ports de commerce dans lequel Marseille avait encore perdu des places par rapport à ses voisins en continuant une dégringolade qui dure depuis plus de cinquante ans. Personne n’a fait le lien entre le développement de la drogue et le dégât provoqué par les grèves répétées de la CGT qui ont rendu le port non attractif et qui fait que les bateaux préfèrent Gènes ou Valence.

Certains esprits vont expliquer que le déchargement est automatisé et que le détournement du trafic concerne assez peu de monde. C’est méconnaître d’énergie qu’apporte à une région et la compétitivité que donne aux entreprises, le fait d’abriter un port puissant comment on le voit aux Pays-Bas avec Amsterdam. Les esprits malins expliquent d’ailleurs que le premier port français c’est …. Anvers car son voisin, Le Havre a, lui aussi, été coulé par la même CGT. La réside une des explications du chômage particulièrement élevé dans la région, chômage qui frappe d’abord les jeunes, exposant les plus fragiles à la drogue.

La pensée systémique est une discipline à enseigner en priorité dans les écoles si on veut que notre pays tire son épingle du jeu dans le monde complexe qui se présente à nous en ce moment.

Xavier Fontanet a dirigé de 1991 à 2010 le groupe Essilor, qui connaît sous sa direction une croissance sans précédent. Depuis 2012, il est professeur associé de stratégie à HEC Paris et auteur de plusieurs essais où il partage son expérience et sa passion de l’entreprise. Il est également l’auteur de « Pourquoi pas nous« , paru aux éditions Les Belles Lettres.

Retrouvez plus d’articles dans le magazine Entreprendre

Cours de stratégie sur BFM Business. La Bretagne peut être à l’économie circulaire agricole ce que la Californie est à l’industrie du Net.

6 Juil

Cliquez ici pour voir la vidéo, sur le site de BFM Business

Cours de stratégie sur BFM : délocalisation et relocalisation

5 Juil

Dans le cours n°152, nous nous sommes penchés sur la délocalisation et la relocalisation dans l’émission BFM Stratégie présentée par Frédéric Simottel sur BFM Business.

Pour voir la vidéo sur le site Dailymotion, cliquez sur la photo ci dessous

Et retrouvez toutes les vidéos de BFM Stratégie sur le site BFM Business

L’attractivité : clef de la réussite des entreprises dans un contexte mondial

2 Juin

Dans un pays qui n’est pas attractif (impôts sont trop élevés, normes trop nombreuses, climat social tendu) les entreprises sont bridées.

Un jour de marché la semaine dernière en compagnie d’un couple étranger, devant la poste dans une petite ville de province nous tombons sur une porte close portant la mention : « Grève ». Des clients furieux, des mots pas toujours polis à l’égard de notre service public. Je suis moi-même gêné, je me rapproche du couple qui est dans la queue pour comprendre son problème : il a un paquet urgent à envoyer. Je lui conseille de me suivre jusqu’à la ville voisine.

Nous prenons nos voitures et nous nous retrouvons à la poste. Celle-ci est ouverte mais une bonne heure d’attente est prévisible, les clients sont furieux et le personnel tendu. En discutant pour faire passer le temps, je me rends compte rapidement que j’ai affaire à un couple d’industriels étrangers en vacances dans la région mais en prospection pour y installer une usine.

J’aurais aimé qu’ils aient une meilleure image de la France. Pas besoin d’être psychologue pour comprendre que la région n’est plus candidate pour l’installation de leur usine. La grève a probablement agi comme un puissant repoussoir d’emplois aux yeux d’une entreprise très compétitive.

On parle beaucoup de relance et d’investissement dans les métiers du futur… Très bien, mais ceci ne concerne qu’une toute petite partie du parc des entreprises. Ça va repartir mais tout dépendra de ce que fera la majorité d’entre elles.

Soyons clairs, elles vont continuer à vivre dans un environnement qui va rester mondial. Peut-être vont-elles relocaliser une partie de ce qu’elles ont délocalisé, mais la réinstallation ne se fera pas forcément dans l’usine dont les produits ont été retirés il y a vingt ans. Elles se relocaliseront dans le pays européen le plus attractif.

Tout le monde comprend que dans un pays qui n’est pas attractif (impôts sont trop élevés, normes trop nombreuses, climat social tendu) les entreprises sont bridées. Un tel pays aura peu de chances d’en attirer alors qu’il y a là une énorme source de nouveaux emplois. Les entreprises qui tiendront la route à terme savent que leur solidité passera par l’internationalisation qui suppose qu’elles soient implantées partout et donc embaucher partout.

On a raison de parler de compétitivité, qui relève de la responsabilité des entreprises, mais il faut aussi insister sur l’attractivité. Notre sphère publique a dépassé les 60 % du PIB. Elle représente plus de la moitié de la valeur ajoutée du pays, et il faut impérativement qu’elle soit compétitive. Là nous sommes clairement dans le domaine de la responsabilité du gouvernement, de l’administration et des syndicats. En tant que citoyen français travaillant dans le secteur privé, on se pose de graves questions. C’est en voyageant à l’étranger que l’on constate que beaucoup de pays disposent de services publics et sociaux qui rendent à leur population de meilleurs services qu’en France alors que leur part dans le PIB est de l’ordre de 45 %.

Il faut aussi avoir bien en tête qu’attractivité et compétitivité se renforcent. Un bel exemple est donné par Elon Musk qui a été attiré par la Californie et y a démarré trois affaires hyper compétitives. Il démontre que dès qu’un pays est attractif, se créent sur son sol des zones dans lesquelles les entreprises ont de grandes chances d’être très compétitives. Le cocktail attractivité/compétitivité y est détonnant. C’est la Californie, Singapour, les Pays-Bas et bien d’autres régions prospères. Tous ceux ayant une expérience mondiale vous diront que la meilleure façon de faire tourner l’économie de son pays est de veiller à l’attractivité de son territoire.

Il est évidemment bien plus valorisant pour un gouvernement de lancer le pays dans de grands investissements d’avenir que de s’attaquer aux dépenses et aux complexités administratives, surtout dans une économie que les banquiers mondiaux ont gavé de dette. C’est plus gratifiant que d’avoir une image de père fouettard ou de père la rigueur. Ces plans sont certes utiles dans certaines situations (encore faut-il viser juste) mais il ne faut quand même pas oublier que tout cet argent devra un jour être remboursé par nos propres enfants.

Le multiplicateur keynésien est de plus en plus contesté. La France l’applique depuis 50 ans et n’a pas fait la preuve qu’il fonctionnait. La Suisse qui joue au contraire des politiques de frugalité a vu son PIB par tête doubler par rapport au nôtre depuis la période où la dépense publique a augmenté et que les déficits ont été acceptés, c’est-à-dire en 1974.

Nos économistes étant de moins en moins d’accord sur les remèdes, revenons au gros bons sens et rappelons-nous le proverbe paysan : « chacun son champ et les vaches sont bien gardées ». Que l’État travaille sa compétitivité, qui est la meilleure façon d’améliorer l’attractivité du pays, les entreprises seront assez grandes pour s’occuper de la leur et le reste viendra par surcroît !

Xavier Fontanet

Retrouvez d’autres articles sur le site de Contrepoints

Comment Essilor est devenu une entreprise de stature mondiale

31 Mai

OPINION. Dans « Conquérir le monde avec son équipe » (éd. Les Belles Lettres) (1), Xavier Fontanet, son PDG de 1991 à 2010, raconte l’aventure de l’entreprise Essilor, devenue un leader mondial du marché du verre ophtalmique. A rebours de l’idée dévastatrice d’une « société sans usine », où la valeur se créerait d’abord dans la recherche, la communication et le marketing, Xavier Fontanet montre que la créativité opérationnelle, financière, marketing, informatique, juridique et technologique se nourrissent mutuellement, et qu’elle repose sur un sens du collectif. Par Cécile Philippe, Institut économique Molinari.

Onze ans après avoir quitté ses fonctions de président directeur-général, Xavier Fontanet a pris la plume pour expliquer dans un ouvrage (1) l’essor fulgurant d’Essilor au cours des deux décennies pendant lesquelles l’entreprise se mondialise et devient un leader incontesté du marché du verre ophtalmique. Cela ne s’est pas fait sans gros efforts, nous dit l’auteur, mais ce qui émane avant tout de ce livre, c’est un enthousiasme sans limite pour l’exploration et la conquête de parts de marché qui alimenteront une croissance industrielle durable, capable d’aligner les intérêts de toutes les parties prenantes : clients, collaborateurs, partenaires, fournisseurs, et actionnaires.

Entreprise provinciale

Essilor est une entreprise provinciale devenue leader mondial. En cette période difficile qui pose question sur la capacité française de préserver sa souveraineté, cet ouvrage est rafraîchissant. Il n’est sans doute pas possible de bien comprendre l’entreprise Essilor si on ne comprend pas bien les intérêts qu’elle sert. Elle est au service des personnes qui ne voient pas bien. Globalement, les Asiatiques sont assez myopes, en particulier les Chinois qui ont des yeux trop longs. A l’inverse, les Indiens auraient plutôt les yeux trop courts, c’est-à-dire qu’ils sont hypermétropes et deviennent presbytes. Partout, il faut pouvoir traiter les différents problèmes de vue qui varient aussi en fonction de l’âge. Or, nous explique Xavier Fontanet, des technologies différentes répondent à ces problèmes qui obéissent, qui plus est, à des structures de marché distinctes selon les pays.

Verre ophtalmique

A partir de la décision de recentrer l’activité d’Essilor autour du verre ophtalmique en abandonnant les contacts et les montures, l’entreprise va se focaliser exclusivement sur les verres. Elle va investir massivement dans le remplacement du verre minéral (celui de nos vitres) par des verres organiques et le verre progressif. Ce que l’on voit bien dans le livre, c’est comment ces innovations augmentent le service rendu aux individus. Le verre CR39 inventé par René Granperret, co-fondateur d’Essilor, « ne cassait pas, était beaucoup plus léger et coupait mieux les UV que les verres minéraux. » Ce sont eux qui ont rendu possible la réduction de l’épaisseur des verres des personnes souffrant de myopie. Quant aux progressifs, il va sans dire que le service rendu par ces verres qui permettent de voir de près, de loin et de manière intermédiaire est lui aussi indéniable.

Le succès d’un collectif

C’est autour de ces atouts qu’a pu s’exprimer le génie de personnes comme Xavier Fontanet et celui de cette multitude de collaborateurs que l’ancien PDG nous fait découvrir, dans un hommage qui donne presque le tournis. Cela enfonce bien l’idée dans la tête du lecteur que la réussite d’Essilor est avant tout celle d’un collectif. Comme le précise Fontanet: « On vous dit souvent : ‘Attention, personne n’est irremplaçable… ‘ Je ne suis absolument pas d’accord, les personnes sont clés. »

Et effectivement, la conquête par Essilor des marchés américains, chinois, indien, coréen, japonais, australien sud-américain reposait, au-delà des joint-ventures et acquisitions, sur les personnes que l’entreprise a su s’attacher. La description de l’embauche de He Yi pour la direction en Chine est particulièrement savoureuse. Il avait implanté les yaourts Danone dans l’Empire du milieu et semblait ouvert à de nouveaux défis. Fontanet raconte, qu’informé de l’opportunité un vendredi soir alors qu’il est en voiture avec toute sa famille pour aller passer un week-end en Normandie, il n’hésite pas à faire demi-tour sur l’autoroute pour prendre un avion pour Hong-Kong le soir même et boucler l’embauche le lendemain. Quand Fontanet parle de travailler dur, il sait et incarne et ce dont il parle.

Et c’est d’ailleurs une des marques de fabrique de la maison, dont on peut espérer qu’elle est toujours à l’ordre du jour, celle d’être véritablement capable de pratiquer la méritocratie. Comme l’écrit l’auteur : « ce qui compte, c’est d’avoir contribué […] Cela me rappelle mon arrivée en 1991… On ne me présentait pas les gens en me donnant leur poste – directeur de ceci ou directrice de cela, on me disait : ‘celui que vous allez rencontrer, c’est celui qui a démarré l’usine de Manaus’, ‘c’est celle qui a conçu le soft qui a permis dans les années 2000 de gagner un jour sur les livraisons’… Essilor est une vraie méritocratie. »

Deux clés essentielles

Le livre passe en revue nombre d’éléments qui ont contribué au succès de l’entreprise. Qu’il s’agisse d’un marketing très créatif en Chine « le verre Essilor coule la concurrence » ou porter des lunettes c’est avoir de meilleures notes, du programme de « marketing rural » en Inde à partir d’une caravane capable d’équiper 200 personnes par jour avec des verres de prescription, de l’actionnariat salarié autour d’une association d’actionnaires salariés très impliqués, l’auteur résume les choses en deux clés essentielles. Il se dit convaincu « que les deux clés de la bonne marche d’une entreprise sont la confiance et la stratégie. La confiance, c’est la confiance en soi et la confiance en l’autre, parce que rien ne renforce plus la confiance en soi que la confiance que vous portent les autres. […] Il faut, aussi, avoir confiance dans la stratégie. C’est là que c’est difficile, car il faut que la stratégie soit bonne, faute de quoi, les gens intelligents ne suivront pas. »

Ouvrage de stratégie

La saga Essilor est un ouvrage de stratégie décrivant les enjeux liés à la mondialisation d’une entreprise. Mais, c’est aussi l’histoire d’une entreprise industrielle allant à l’encontre de l’idée dévastatrice d’une « société sans usine », où la valeur se créerait avant tout dans la recherche, la communication et le marketing. Comme le montre bien le livre, la créativité opérationnelle, financière, marketing, informatique, juridique et technologique se nourrissent mutuellement. Séparer la production du reste, c’est se couper les ailes de la créativité. La France est aujourd’hui l’un des trois pays les plus désindustrialisés d’Europe et n’arrive pas à organiser une décrue massive de ses impôts de production, en dépit des ravages qu’ils font. Elle devrait méditer ce bel exemple français de création d’un champion industriel national devenu mondial et se demander comment faire en sorte d’en avoir plus.

_______

(1) Xavier Fontanet « Conquérir le monde avec son équipe », éditions Les Belles Lettres, collection Manitoba, 2021, 177 pages, 15 euros.

Retrouvez plus d’articles sur le site latribune.fr